L'EXILÉ
JANVIKH 1M7 Aie : Ermite, bon ermite,
A d'aimables compagnes Une jeune beauté Disait : Dans nos campagnes Règne Thumanité.
Un étranger s'avance, Qui, parmi nous errant, Redemande la France, Qu'il chante en soupirant .
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie,
Une patrie Au pauvre exilé.
Près d'un ruisseau rapide Vers la France entraîné, Il s'assied, l'œil humide.
Et le front incliné.
Dans les champs qu'il regrette Il sait qu'en peu de jours Ces flots, que rien n'arrête, Vont promener leur cours.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
Quand sa mère, peut-être.
Implorant son retour,
Tombe aux genoux d'un maître
Que louche son amour;
Trahi par la victoire.
Ce proscrit, dans nos bois,
Inquiet de sa gloire, Fuit la haine des rois.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
De rivage en rivage Que sert de le bannir?
Partout de son courage Il trouve un souvenir.
Sur nos bords, par la guerre Tant de fois envahis, Son sang même a naguère Coulé pour son pays.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
Dans nos destins contraires, On dit qu'en ses foyers Il recueillit nos frères Vaincus et prisonniers.
De ces temps de conquêtes Rappelons-lui le cours ; Qu'il trouve ici des fêtes, Et surtout des amours.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
Si notre accueil le touche, Si, par nous abrité, Il s'endort sur la couche De 1 hospitalité; Que par nos voix légères Ce Français réveillé Sous le toit de ses pères Croie avoir sommeillé.
D'une terre chérie C*est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
LA