‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 109 sur 199 · A ROME · texte numérisé non relu

A ROME

Livourne , le e mars IsuR.

Monseigneur, depuis mon départ de Rome j'ai couru, sans m'arrêter, toute l'Italie, et n’ai trouvé qu’ici où reposer ma tête. Voilà pourcpioi j'ai tant tarde à vous donnerde mes nouvelles. Maintenant je me crois pour quelque temiis à Livourne , et j’y attends vos lettres comme la meilleure chose que je puisse recevoir, quelque part que je sois.

Je n'ai pas voyagé seul , mais avec mon Xénophon, c’est-à-dire en bonne compagnie. A Florence,j’ai collationné troismisérablesniannscrits qui ne m'ont payé de ma peine que par la certitude acquise qu'ils ne contiennent rien qui vaille. Un des vôtres et un de Paris sont les simls qui m'aient fourni quelques bonnes leçons. Avec ce secours et mes conjectures , j’ai rétabli plusieurs liassages, et j’en laisse peu à corriger. En un mot, je crois avoir fait tout ce que pouvait faire un soldat, expliquant aux savants ce qu’ils ne peuvent savoir, suivant la loi :tractentfabrilia/abri.

Si M. Amati a fini la collection de ce premier livre de f Anabnsis ' , et que vous ayez quelque moyen de me faire parvenir son travail, adressez- Ic-moi ici , je vous prie , ou à Florence à M. le général d'Arancey, commandant l'artillerie. Par la poste , vous voyez bien que ce serait ma ruine. Si vous ne trouvez point d’autre voie, gardezmoi cela, et je tâcherai de ie faire venir à moins de frais.

J espère que vous ne perdrez rien àtouseesehan gements qui se font dans votre gouvernement.

L’empereur fait profession d'aimer et protéger les lettres, et votre réputation vous garantit de l'oubli de quelque gouvernement que ce suit.

D’ailleurs, vousavez un emploi qu'un ne peut ni supprimer, ni donner à d’autres qu'à vous. .Ainsi , ta volonté du ciel, Monseigneur, soit faite en toute ehose! et le ciel ne peut vouloir qu'un homme comme vous soit malheureux dans ce monde-ci , ni dans l'autre.

Écrivez-moi bientôt ; informez-moi , je vous prie , de votre santé , de votre état actuel , et de vos es|)érances pour l'avenir ; rien au monde ne ni’intércs.se plus que ce qui vous touche. Vous fûtes ma première connaissance lursi|ueje vins

• Donl l'avoil chsrgi^ M. Couripr.

KCIUTICS DE FRANCE ET DITALIE.

n Rome, et depuis je lùii rieueoiiiiu de meilleur, iilà Rome ni uilleiirs.

A M. I.E GÉNÉRAL LARIUOISSIERE,

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