A M. HAXO
m» Di: RATiii.ios lie cf.sii, a rilas.
UAtamiP. Ic27juillrl imwi.
Ayant éprouve ta lldélité dans l'ambassade de Vérone, je te nomme, ou pour parler diplomatiquement, nous te nommons notre résident à Milan ; et d'abord nous te chargeons d'une négociation importante , difTieile , avec des puissances dont les dispositions à notre égard sont suspectes. La lettre ci-jointe t’expliquera de quoi il s'agit. Va voir cet Orbassan' , dis-lui que si je ne vais au pays, je suis ruiné sans ressource , et cette fois un ambassadeur aura dit la vérité. Tu as dans ce que je t'ai marqué de Florence d'amples instructions; mais le point, après tout, c'est un oui ou un non ; vcut-il , ne veut-il pas que j'aie ce congé 7 En lui écrivant par la poste, comme je ne suis pas un grand seigneur, je n’aurais jamais de réponse. Par toi je saurai à quoi m’en tenir.
S'il t’écoute, tu pourras lui dire que sans ma maladie de Naples (qui n'était point le mal de Naples ) j’aurais fait il y a six mois cette demande. Tu lui conteras de mes affaires ce que tu sais et ce que tu ne sais pas, pour lui faire entendre que je ne puis , sons perdre tout ce que j’ai au monde, différer davantage à me rendre chez moi. Dis-lui les banqueroutes que j'éprouve, mes gens d’affaires fripons , mes débiteurs sans foi , mes créanciers sans pitié , mes fermiers en prison , mes pa-
' Ia» Kènénl d'AnUiouard, aidr itr camp du vicc-rtil.
rents niortsou malades. Mêlas ! en dijanttoutcela, tu n'auras pas le mérité de mentir isiur un ami. ■Ajoute que la guerre peut recommencer ; qu’on peut m’envoyeroutre-mer, en Turquie, ù tous les diables, auquel cas je n'aurai plus qu’à déserter ou a me pendre.
Mais s’il ne t’écoute pas , ou s'il est insolent nu delà de ce que l'usage actuel autorise, alors euvoiele faire f..... , car tel est notre plaisir. Au reste , si tu réussis, comme tu m'auras servi à cette cour je te servirai à Paris. .Su» ce , nous prions Dieu , iVonsieur l’ambassadeur, qu'il mas ail en sa sainte garde.
A M. LE GENERAL D ANTHOÜARI),
A RIl.AS.
Uvoume. ic SS Juillet ItNis.
.Mon général , monsieur Haxo , chef de bataillon du génie , et mon intime ami , vous remettra la présente. Il vous expliquera, mieux tpieje ne [Kiurrais faire dans une lettre, les embarras où je me trouve. Il faut que j'aille en France pour savoir si je suis ruiné. Les gens qui pourraient m’en dire des nouvclics ne m'écrivent plus depuis longtemps. J'ai demandé un congé, mais on me le refuse, pour me tenir ici à compter de vieux boulets rouillés. Si Son Altesse savait tout cela, elle aurait pitié de ma peine; et voyant d'un côté à quoi l’on m’occupe ici, de l’autre combien ma présence est nécessaire chez moi, elle m’enverrait faire... mes affaires , qui seraient terminées en six semaines. Voilà , mon général , ce que j'espère obtenir par votre entremise. On sait axec quelle bonté Son Altesse s'intéresse au sort de tous les officiers, et je me flatte que si vous voulez bien vous charger de mettre à ses pieds mes humbles supplications , je serai bientôt du nombre infini de ceux que la reconnaissance attache à ce prince. Je ne puis que par vous, mon général , me faire entendre à Son Altesse. L’amitié dont vous m’honorez fait toute mon espérance ; et réduit comme je le suis à cesser de servir ou à perdre tout ce que j’ai, j’aurais déjà quitté mon inutile emploi pour sauver mon patrimoine, si je n'espérais garder l’un et l’autre par les mêmes bontés dont vous m'avez donné tant de marques.
A M. DE SAINTE-CROIX