‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 118 sur 199 · LETTRE DE M. AKERBL.\D A M. COURIER · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. AKERBL.\D A M. COURIER

l-'loreuc<s 3 décembre

Hier nous avons fait la fameuse descente domiciliaire chez les bénédictins pour nous emparer de leurs manuscrits; mais ils nous ont prévenus , les gnillardsl Vingt-six des plus précieux de ces manuscrits ont disparu , et entre autres le beau Plutarque que nous avons vu ensemble , et que vous devez vous rappeler. Je n’en accuse pas l’abbé du couvent, mais le bibliothécaire; ce petit pere Bigi , au regard faux , est , à n’en pas douter, le voleur. Il dépend de nous deux de le faire pendre : nous n’avons qu’a attester avoir vu entre scs mains un seul des manuscrits qui manquent ; mais, je vous l'avoue, je suis bon chrétien, et je ne veux pas la mort du pécheur. D'ailleurs il me semble cruel de perdre un pauvre diable pour avoir volé une vingtaine de bouquins qui, eussent-ils même été transportés à la bibliotbèque de Saint-I.aurcnt , y seraient sans doute restés vierges et intacts, comme ils l'ont été depuis deux siècles dans celle des révérends pères. Au reste consolez-vous ; parmi les quatre-vingt-dix manuscrits grecs qui sont restés, il y en a plusieurs de fort précieux ; deux ou trois Platons,

* M. <|p SainlfsCroit p^nir« lille.

* M petit de >00 pere et emuite de u mère.

Digiliz&j Liy

LEITKES INKIMTRS,

autant de Sophoeirs , un TUueydide du douzième siècle, sans parler des saint Grégoire et saint Chrysostôme parfaitement beaux. V'oyez si tout cela vous tente, et , dans ce cas, venez, et vous aurez dequoi vous amuser. Kn attendant , écriveznous au moins, et mandez-moi votre avis à l'égard du voleur et de sa punition. Quant ù moi , je vote pour le carcan, avec un énorme saint Chrysostôme au cou.

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