DE I/ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES
Msssievbs,
C'est avec grand chagrin, avec une douleur extrême que Je me vols exclu de votre Académie, puisque enfin vous ne voulez point de moi. Je ne m'en plains pas toutefois. Vous pouvez avoir , pour cela , d'aussi bonnes raisons que pour refuser Corai et d'autres qui me valent bien. En me mettant avec eux , vous ne me faites nul tort ; mais d'un autre cêté, on se moque de moi. Un auteur de Journal , heureusement peu lu , imprime ; • Monsieur Courier s'est présenté , se pré- ■ sente et se présentera aux élections de l'Aca- • démie des inscriptions et belles-lettres, qui ■■ le rejette unanimement. Il faut , pour être ad- " mis dans cet illustre corps, autre chose que du
. grec. On vient d'y recevoir le vicomte Prévost
• d'Irai, gentilhomme delà chambre; le sieur Jo-
• mard , le chevalier Dureau de la Malle ; gens
• qui , à dire vrai , ne savent point de grec , mais « dont les principes sont connus. •
Voilà les plaisanteries qu’il me faut essuyer. Je saurais bien que répondre; mais ce qui me fâche le plus , c’est que Je vois s'accomplir cette prédiction que me fit autrefois mon père : Tu ne seras jamais rien. Jusqu’à présent Je doutais ( comme il y a toujours quelque chose d’obscur dans les oracles). Je pensaisqu’il pouvait avoir dit: Tu ne feras Jamais rien; cequi m'accommodait assez , et me semblait même d’un bon augure pour mon avancement dans le monde; car en ne faisant rien, Je pouvais parvenir à tout, et slngulièrc-