‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 77 sur 199 · CALLIOPE · texte numérisé non relu

CALLIOPE

I. Eux sur cette réponse revinrent à I.ncédé-' mone, et de sa part Mardouius , comme il eut apprisd'.AIexan dre ce qu'avaient dit les Athéniens, partant de Thessalie, conduisit en grande bâte son armée contre Athènes, et à mesure qu'il avançait emmenait les gens avec soi. Les chefs de la Thessalie, bien loin d'avoir regret à leur conduite passée, aidaient plus que jamais au Perse. Thorax de Larissa avait reconvoyé dans sa fuite Xerxès, et lors favorisait tout ouvertement Mardonius allant contre la Grèce, lequel fit tant qu’il amena l’arntée jusques en fieotie , où ceux de Thèbes l’ar-

rêtèrent , disant n’y avoir nul endroit plus propre pour asseoir un camp, et si , lui conseillaient de n’aller pas plus loin, mais de demeurer là où, sans livrer bataille, ils seraient maître de la Grèce. Car à force ouverte , pour peu que les Grecs fussent d’accord entre eux, comme on avait vu dernièrement, il était malaisé de les vaincre, même à toutes les armées du monde. Si tu nous en crois , ce disaient-ils , sans nulle peine tu rompras leur union et leurs desseins. Donne aux hommes qui ont du pouvoir dans les villes de l’argent , et donnant tu divises la Grèce. Aidé de ceux qui seront à toi , tu viendras à bout de tous les autres.

IL Voilà comme ils le conseillaient. .Mais lui ne les voulut pas croire, ayant désir infus dans l’dme de prendre une seconde fois Athènes, aussi par excès d'insolence , et encore parce qu’il pensait , au moyen de flambeaux allumés dans les Isles , faire savoir au roi jusques à Sardes que Athènes était en son pouvoir. Il ne trouva point toutefois dans r.-AtUque les Athéniens; mais en arrivant il apprit que la plupart étaient dans l’ile de Salamine, ou bien sur leurs vaisseaux. Il prend donc la cité déserte. De la première prise du roi à celle de Mardonius, il s’écoula dix mois.

III. Étant a Athènes, Mardonius dépêcha en Salamlne Muirychidès Hellespontieus, avec les mêmes propositions qu’, Alexandre de .Macédoine avait triuismiscs aux Athéniens ; il envoya cette seconde ambassade aux Athéniens , malgré leur procédé envers lui peu amiable, pensant qu’ils auraient relâché de leur tlcrtédepuis que l’Attique était prise et tout le pays occupé.

IV. A'oilà pourquoi il dépêchait en Salaminc Moirychidès , lequel admis devant le sénat , dit ce qu’il avait charge de dire. Lycidos , un des sénateurs, opina qu'il fallait, pour le mieux, recevoir ces propositions de Mardonius et en faire rapport au peuple. Il ouvrit cet avis, soit qu'en secret il eût reçu quelque argent de Mardonius, ou que ce fût son sentiment : dont les Athéniens courroucés, tant ceux du sénat que du dehors , aussitôt qu'ils le savent, entourant Lycidas, le Uièrent à coups de pierres; Aloirychidès Hellespontieus, Ils le renvoyèrent sans nul mal. Dans le tumulte survenu à cctteoccasion en Salamine, les femmes d’Athènes, lorsqu'elles apprirent ee qui s’était passé, s'-ameutant de femmes à femmes, s'excitant l’une l'autre , vont à 1a demeure de Lycidas, lapident sa femme et ses enfants.

V. Or voici comme ceux d'Athènes s'en allèrent en Salaminc. Tant qu'ils espérèrent que l’armée du Péloponèse viendrait à leur secours, ils restè-

by Cioogif

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