‹ uvres complètes de Paul VerlaineChapitre 43 sur 86 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

A Eugénie...

0 toi, loi, seule bonne entre toutes ces femmes

Et tant d'hommes feignant d'aimer mon triste cœur,

Toi me riant parmi leurs sourires infâmes,

Me riant franchement, d'un rire point moqueur, Hypocrite encor moins, mais toujours large et libre Et qui fait rire enfin mon cœur et sa langueur,

Large comme ton cœur, libre dans l'équilibre D'une affection forte et douce que ne peut Déranger tel malheur minime ou de calibre...

Tu querelles avec justice, s'il le veut

Ou s'il ne le veut pas, mon affreux caractère...

On dirait, ta querelle, un jardin où il pleut...

On dirait, ta querelle, un enfant qu'on fait taire

Et qu'on baise bien fort au front, du moment qu'il s'est tu,

Pour le récompenser du bon pli salutaire

VAIIIA

Pris d'obéir, conformément à la vertu,

Des enfants, d'écouter sans répondre et s'instruire

Dans la sagesse et le devoir parfois ardu.

0 toi toute bonté forte et douce énergie (1) Encore plus mon âme et mes sens par précis Sèment ton âme, dût même ta grâce luire,

La grâce de tes sens aimés, — et par ainsi Notre amour s'ennoblit d'une grâce meilleure Par quoi voici joyeux mon cœur jadis transi.

Arrière maintenant le vain souci de l'heure

Et du ciel orageux, ou froid... N'avons-nous pas

A l'écart des méchants de qui j'ai fui le leurre

La certitude de ne marcher qu'à sûrs pas

Dans le bonheur, sans plus chercher, moi, Torde orgie,

De laquelle je suis vainqueur, non sans combats.

(1) Une variante donne :

0 toi, sachant me plaire encore mieux et séduire. Encore plus mon âme et mes sens par préci — Sèment l'dmo que la grâce qui s'en va luire.

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