EPILOGUE
A Eugénie,
Mais il te faut m'ôtre si douce !
Car tu sais ou tu ne sais pas Que je suis faible et que mon pas Flageolle à la moindre secousse ;
Que mon cœur qui trôna jadis, Fier de sa puissance amoureuse, Tremble et s'alarme à tels petits, Tout petits flirts, riens, viande creuse ;
Que mon esprit naguère encor Triomphal en pleine lumière, Chù de son vol d'azur et d'or, A perdu sa gloire première ;
Qu'enfin mon ame toute en Dieu Lors d'un autrefois dont les anges Furent participants, au lieu Des cieux, erre ès-limbes étranges...
VARIA
Oui, toi douce ! et tout est fini Du mal languide qui m'oppresse, — Et qu'à jamais ton nom béni Ferme les sceaux de ma détresse !
MORT î (4)
Les Armes ont tu leurs ordres en attendant
De vibrer à nouveau dans des mains admirables
Ou scélérates, et tristes, le bras pendant,
Nous allons, mal rêveurs, dans le vague des Fables.
Les Armes ont tu leurs ordres qu'on attendait Môme chez les rêveurs mensongers que nous sommes, Honteux de notre bras qui pendait et tardait, Et nous allons, désappointés, parmi les hommes.
Armes, vibrez ! mains admirables, prenez-les, Mains scélérates à défaut des admirables !
Prenez-les donc et faites signe aux En-allés Dans les fables plus incertaines que les sables.
Tirez du rêve notre exode, voulez-vous?
Nous mourons d'être ainsi languides, presque ini'jies !
Armes, parlez I Vos ordres vont être pour nous
La vie enfin fleurie au bout, s'il faut, des lames
(1) Vers publiés dans la Revue Iiouge quelques jours avant la mort de Verlaine.
VARIA
La mort que nous aimons, que nous eûmes toujours Pour but de ce chemin où prospèrent la ronce Et l'ortie, ô la mort sans plus ces émois lourds, Délicieuse et dont la victoire est l'annonce 1
Décembre 1805.
A Mademoiselle Sarah.
0 Mademoiselle Sarah,
C'est à qui tic nous d'eux sera
Le mieux encore épris de l'autre.
Ilélas I crois-je, c'est toujours moi Que tracasse bien trop d'émoi Mais votre émoi ? Quel est le vôtre î
Je crains qu'il ne soit trop même Si je vois votre cœur à nu...
Heureusement c'est l'inconnu ?
Et je veux que cette fleurette Ne vous trouve point mal seulette Dussé-je, y, moi, risquer ma tète.
PARALLÈLEMENT
Pour une édition nouvelle de Parallèlement.