MON ÉGARD
»/ Vous dites. Monsieur , que mon oncle a été » blessé du point de ma lettre , où je lui fais en- » tendre (ju^il est liWé à ses encours , et gi/il )) agit par leurs instigations. Je vous observerai M sur cela premièrement , qu'en me marquant » dans votre lettre que vous lui aviez montrée » w que vous n^ osiez lui parler de moi autrement » qu^en particulier; c'était assez me donnera M entendre que votre projet et mes désirs n'étaient M pas du goût de tout le monde. Vous ne redou- » tez point les chimères ; et si vos craintes » eussent été sans fondement ^ vous n'eussiez pas w pris des précautions inutiles ; votre dessein ce- ^) pendant y ne pouvait être traversé par des gens » sans crédit auprès de mon oncle. Vous avez » donc pensé qu'il s'en trouvait qui en avaient ^
)) et qui pouffaient en abuser en s^opposant à mou » bonheur^,etc«.,f ( Ici trois pages de détails ) ». » Je vous suis toujours infiniment obligé , n Monsieur , de tous les soins que vous avez bien w voulu prendre pour contribuer à ma félicité.*.. I) Pour vous, Monsieur, qui n'avez que des en- >) vieux à craindre , je ne doute pas que vous » n'en triomphiez. Ils se lasseront de vous pour- ' » suivre ,: ( ils ne se sont point lassés I ) et la vé- » rite sera toute entière en votre faveur*
» J'ai rhonneur d'être , avec les sentiments » les plus sincères et les plus vifs , Monsieur, » votre, etc.
Signé Paris de Mézieu.
Qu'on rapproche maintenant la lettre du neveu, datée de 1761, de celle de Toncle, datée de 1760, que j'ai citée page 176 de ce mémoire, et qui montre avec quelles considération , estime et reconnaissance il m'écrivait déjà, l'on jugera d'an coup-d'œil , si dès ce temps, M. Duverney accordait ou non la plus grande confiance à ce )eune homme tant dédaigné , nommé Beaumarr chais; si ce jeune homme était initié dans tous les •ecrets de sa famille , et s'il s'employait avec succès à rapprocher deux hommes du plus grand mérite, que l'avidité , la haine et l'intrigue avaient séparés*
ja54 HÉPONSEÏNOÉNUÉ.
A cet examen , on reconnaîtra déjà cet dlertô et ruse légauire universel , qui n*a bien déployé son caractère injuste et dur, qu'après s^êire fort assuré que le Testateur, que cet oncle Alworli ne pouvait venir le lui reprocher et Yen punir par rcxbérédatiou, comme \m autre Bliffil.
Par Texamen de ces deux lettres , on appren* dra pourquoi ce désintéressé comte de la Blache a fiiit pendant dix ans , les derniers efforts pour enlever a Beaumarchais , le cœur et la confiance de son ami respectable.
On y verra la source de la plus noire intrigue a cet égard, et celle des abominables lettres anonymes qu'ion ne cessait d'écrire a ce vieillard sur mon compte, et a moi-même sur le sien.
On y verra pourquoi , cherchant en vain la paix dans sa maison, il m'avait prié de ne le plus voir qu'en particulier, à des heures convenues, ou cet homme entravé dans les liens d'un esclavage domestique, était obligé de sortir en carrosse par sa grande porte , et de rentrer à pied chez lui par la basse-cour donnant sur le boulevard , pour être libre de me voir; circonstance invinciblement prouvée par la réponse même qu'il fait à celte lettre du 9 mars 1770, que j'ai rapportée plus haut.
« Quand voulez-vous que nous nous voyions, » ( lui (iemandaîs'je à la fin. ) car je vous avertis
R ÉIP/O N 5 E INGÉNUE. a55
i^ue., d^ici là^ je ne ferai pas une panse d^A^
sur vos. correctipus. n
A. quoi il . répond de sa main , sur le ménae
Ce vendredi.
te Demain entrç cinq et sîx .heures. Si je n'y étais pas , il faudra m'attendre ; parce que je