‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 35 sur 40 · ME LAISSER DE TEMPS A AUTRE QUELQUE FORTE SOMME ENTRE LES MAINS · texte numérisé non relu

ME LAISSER DE TEMPS A AUTRE QUELQUE FORTE SOMME ENTRE LES MAINS

11 faut avoua|, 'galant homme î que ces idées pouvaient vous être utiles ; mais vouloir , dans vos commentaires , qu'elles le fussent au gouver^ nement! Monsieur, ou ne peut s'y prêter! Et toujours une altération dans ses copies de mes copies! 11 nous transcrit ainsi la suite de sa lettre;

(i) Mot impropre et du bas langage, qui se glisse dans l«â discours , comme je Tai déjà observé.

ei moi f aurai P agrément de me rendre utile au ministre, ce gui pelt se l'ROU VER dans l'oc- CA$iof(« Apparemment pour faire cntctidre que roccasion de se rendre utile au ministre^ pouvait se trouver dans le maniement des fonds de la guerre f ce qui ressemble 2i quelque dévouement. Mais dans sa lettre dépos^'e ^ et dans mon mémoire (page /f'icj), on lit ces propre» mots de lui: Et moi f aurai Fufgrcment de mr rendre utile au ministre y ce qui peut se retroiii^ffr dans V occasion } et c'est bien différent; car le sens de la ▼raie leçon est, qu'en offrant do rendre au ministre un assez coupable service , il demanriiii pour récompense qu'on lui permit aussi d^abnser pour lui-niénie des fonds qui lui seraient confiés. Voilà ce (jue veut dire : etmoi f aurai l^dgrdment de ma rendre utile au ministre ^ CR i}\.\ PEUT SK BKTKouvKB ^A^s i/occASioN. Et parioiit il se cite avec cette fidélité , ^ous la plume fidêlf; du vertueux B(;tgasse I ^

Est-ce aussi pour vmis rendre utile au {^ouver^ nementf que vous écrivez au sieur Daudet, d^ Bdle y le i3 septeml;re 1780, Téplirc suivante* que j'avais omis de copier , mais qui devif^ni très-importante depuis que le précepteur des enfants s'est ctiargé de donner un sens h vos lettre >•

n 11 mo reste encore k vous parler, mon cntr.

» AMI y de radjonction de la place de M. Bier- « court ( trésorier de rÉcole Milîtaîre ) , dont » nous nous sommes entretenus avant mon dé- » part de Strasbourg. Je vous dirai qu'il est » bien entendu que si la princesse de Mont- » barrey réussit à me la procurer, je n'en jouirai » qu'autant que l'on remplira en même temps j) les vues bienfesantes de cette princesse , pour » les personnes auxquelles elle s'intéresse ; et » cela, pendant le temps que j'occuperai cette » place, A l'effet de quoi, je passerai tels » actes qu'il conviendra pour donner toute la » solidité AEQUiSE à l'engagement que je con- » tracterai ; je sais qu'il est essentiel de mettre » BEAUCOUP DE DISCRÉTION daus CCS sortcs d'opé- » rations. Comme je me flatte que vous êtes per- » suadé que la mienne est à toute épreuve , vous » pouvez être assuré que l'on ne sera jamais M compromis avec moi, etc. »

SiOjne' G. KORNMAN.

Ainsi, M. Bergasse! ainsi, véridique écrivain i On pouvait être compromis y en servant votre ami dans ses projets utiles au gouvernement î Je laisse à décider ce qu'on doit le plus admirer, ou la sottise du commentaire , après la lecture des lettres , ou la bassesse de ces lettres , après leur déplorable explication.

Lorsque j'ai dit de Rornman , que tout loi

semblait bon pour se procurer une caisse ; qu'y troiiTcnt-ils donc lu reprendre? N'oHrc-t-il pasi pour l'obtenir , de payer 1rs munciats du ministre^ avec le trrsor militaire? IN'oHVcH-il [tas, poiirTotitenir , de pcnsiormer les créatures de la prinreflue s'il pouvait rendre les protecteurs aufisi vils que le protégé? Ne caresse-t<il pas ^ pour Tobtenir^ le cher corrupteur de sa femme? Apres les prélenclufi scandales de iSlraslxMirf; , no le cliar^e-t-il pas du soin de son épouse k Uâle? Et vous noninirz cela, iiffs pnfjf'Ls utiles au gtnwcvno.tucnt ? Mche é(M)UX ! vil afçeiit! et misérables raisonneur»! Paf;- Aons à (Pautres faits; crai{^nons, surtout^ de nous appesantir.

Kn voulant excuser une autre de ses é|)hres, il dit (i): « Je suis fAché de n'avoir pas conserva Il les lettres du sieur l.)aud(;t |)our ajouter de i> nouveaux détails aux expliralioti.s<|ne ledonii"^. » Mais (|ui fiouvait soupçonner (pi';]prè.H 6(*(tt }) ans une correftpon<lan<:e indiCirrrute nif! s'iiii » représentée , et (|u'oii en ler.n't l.i malien; » <rnne accusation contre nioi V «

A cela, voici ma réponse , et que tout lecteur malveillant la juf^e avcM: sévérité*

liC sieur Daudet doit sans doute exif;r'r c|iic vous représentiez ses lettres; car c'est de rcla

(i^ Toge iS du 0ccond libcJU**

qu'il s'agit. Certainement aussi , Monsieur , personne ne pouvait soupçonner qu'au bout de sept années , on serait dans le cas de vous représenter^ les vôtres : mais comme c'est vous seul qui faite» à votre épouse l'attaque vile et flétrissante qui donne lieu à cette inquisition , c'est à vous seul de justifier, par les lettres du sieur Daudet, le sens que vous prêtez aux vôtres.

Vous dites qu'il était le confident de vos plaintes sur la conduite irrégulière de votre iemme avec un autre amant. Interprétation misérable ! en ce que vous supposez à votre femme une première intrigue avec un jeune étranger ; laquelle même bien démontrée , ne servirait qu'à vous confondre , qu'à établir que vous accusez faussement le sieur Daudet de l'avoir corrompue; puisque , selon vous-même , elle l'aurait été d'avance pdr un autre !

Or, vous saviez, dès 1781 , c'est-à-dire à l'époque de ce conuncrce entre vous et le sieur Daudet^ que ce dernier aurait un procès avec vous, puisque vous vouliez le lui faire; puisqu'à cette époque , surtout , vous files enfermer votre femme à l'occasion de cet ami Daudet, et nullement à cause dW étranger. Il fallait donc garder ses lettres , et c'est à vous qu'on les demaudr^ Mais, soit que vous les montriez, ou non, les vôtres suffiront pour bien prouver voire infamie-.

r,(38 MÉMOIRES.

Cl Encore une fois , dit le naïf époux (i) , qu'on )) me juge, Cl qu'on m'apprenne si, h, côté d'une » femme jeuncivivc et inconsidérée^ je pouvais me » conduire avec pitis de douceur et de prudeuce*»

Non : ce u*cst pas d'avoir manqué de prudence et de douceur sur les prétendus désordres de votre femme ^ que l'on vous accuse aujourd'hui; mais de venir après sept ans ^ après avoir entamé dix rapprochements avec ellc^ plus perfides Ici uns c|ue les autres ^ lesquels sont prouvés au proccVsy de venir riîjcler sur nous , trcs-étrangcrs ïi \i)S desseins^ les fautes que vous reprochez à cette malheureuse victime» et qui^ si elles exis« raient, ne seraient que le fruit de voire conduite cupide^ de vos affreux projets sur elle. Et c'est ce ([ue cet examen va prouver jusqu'à révidenro.

Vous dites {'^) (luc j\u chervhr. à faim illusion^ en transposant vos IctttvSf f*t en dissimulant les circonstances awrijuelles elles se rapportent. J\on, vcridiqne époux , je n'ai lien transposé. Je n'ai fait aucune illusion, ni rien voulu dissimuler. Vous imprimez un gros libelle, dont le jjutapparcnt est de prouver qu'iui audacieux , ily a sept ans, s'en vint corrompre votre femme; qu'instruit de tout, vous iUes les plus grands eKon^ potn* rompre cette union fatale à votre fortune,

(i) Page iH (îii «rcond Hbollc.

(2) Page 19 du second libelle*

h votre repos , à votre santé. Et moi , qui compare le libelle à V03 tendres lettres d'alors , je trouve qu'il n'y a pas un mot de vrai dans votre hypo--' crite exposé.

Que devais-je faire pour montrer que vous en imposiez au public , par la plume envenimée du pcécepieur de vos enfants ? N'était-ce pas de copier l'historique du gros libelle ; puis d'aller chercher dans vos lettres, aux mêmes dates que vous citiez , les phrases qui démontrent que vous mentez dans ce libelle ; de transcrire de votre commerce les endroits qui prouvaient le mari bénin , complaisant ; puis montrer à quelle intention le fougueux époux d'aujourd'hui s'était fait alors si bon homme? Cette marche était simple et juste et raisonnable. Je la trouve même si bonne , que je vais m'en servir encore pour anéantir vos répliques.

« Il faut donc partir pour Strasbourg (i). Si je » pars et laisse mon épouse k Paris , l'étranger )) PEUT BEPARAiTRE ( l'étranger était donc ab- » sent?) et devenir de nouveau pour moi un ri- » val redoutable : si je Temmène avec moi à » Strasbourg, j'ai aussi, d'après ce qu'on m'a » rapporté , beaucoup de choses à craindre du I) sieur Daudet. »

■ I ■ ■ O— — 1^1— H^i— ■— — 1— I ' ■ Il I

(0 Page 20 du second libelle.

Sjo SI É M O I R E S*

Ce fut trcs-sageinent pense. Mais quel paru prUes-vous donc ? En vain vous éludez Faveu : en Tain le précepteur Télude , il faut pourtant qu'il TOUS échappe. Vocs la. menâtes a Strasboubg, à ce même Daudet , dont 'vous aviez ùeaucoup de choses à craindre ! Ainsi , entre un jeune étranger absent , d'autant moins dangereux, eât^ il été présent, que selon votre nouveau système, un autre lui avait succédé dans les bonnes grâces de votre femme : entre un jeune étranger absent ^ et cet ami Daudet, qui lui-même à Strasbourg n'était d^iucun danger pour elle , tant qu'elle restait a Paris , vous prenez le noble parti de la conduire sur le poing a l'ami Daudet dans Strasbourg , après l'en avoir prévenu par trois lettres citées dans mon premier mémoire, en date des 19, 2/^ , et ^5 août 1780.

Il n'y a ni injures, ni outrages, qui puissent couvrir de tels faits. Il n'est ni précepteur , ni furie , ni Bergasse cpii puisse ici donnerle cliapjc.

Mais suivons bien son commentaire. « Cepcn- » dant il convient que J'aille rejoindre le sieivr }) Daudet (ï). — (11 convient, Monsieur I Etpour- » quoi?) Dans cette circonstance diflicile, h )) dame KornmAn M'AYA^T supplié de la com-

» DUIRr: A lÎASLE DANS SA FAMILLE. » VoUS aVait

(1) Pnge 21 du second libelle.

«pplié ! Non pas ; le contraire est dans vos ^pitres; et nous lisons dans celle du 27 juillet, i l'ami (i) : Ma femme sera sans doute la mai^ resse d'aller à Bdle , J'AVAIS PROPOSÉ lîETTE PARTIE dans le temps y parce que JB SUPPOSAIS que cela lui ferait plaisir ; je suis oujours dans les mêmes sentiments , etc.

Qu'en pense le noble écrivain ? Sont-ce là les supplications d'une épouse , pour qu'on la mène n Bâle dans sa famille? N'est-ce pas au contraire ^époux qui l'avait proposé lui-même comme une sortie de plaisir? On va voir à quelle intention !

et La dame Rornman m'ayakt supplié de la

■M CONDUIRE A BaSLE DANS SA FAMILLE , jC finis par

o y consentir; mais à deux conditions. » (Voyons.) La première, nous dit-on , es^t la décence recommandée, dans ses entrevues avec le sieur Daudet à Sti^asbourg. — C'est fort bien pensé ; mais. Monsieur^ elle eût été mieux à Paris.

La seconde, « qu'elle chassera une femme- D) de-chambre et un domestique qui l'avaient ?o aidée dans ses intrigues avec le jeune étrani>> C£R , et que je soupçonnais de l'aider encore f) dans ses nouvelles intrigues avec le sieur Dau- ^) det. » Voyez , Lecteur , si je vous cite à faux ( i). Maintenant que vous l'avez lu, ayez la patience

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CO Page 21 du Hfond Ub«ll#v

H di

(le revenir k sa lettre du :i7 juillet 1780* C répoque dont il s'agit; et lisez-*y ces pbraseï bien concordantes k rexplicatiou qu'il en J'ai seulement observé que je ne voudrais PAïAK CETTE pAUTi^. DE prAisiR (le Toyage Strasbourg et liâle ) avec des alentours qui déplaisent et qui m'ont manqué ( ces aleiiMl| % sont les valets)* Si ckvkndant ma feuve ftxit IKS GABDEKy ellrferu pour lors le voyage seuki et moi j^ irai de mon côté; car je nk veux cov

TRAINDRE PERSONNE^ ENCORE MOINS MA FEICIIE :

(Et plus bas dans la même lettre.) À régad de la femme-^e-'ckambre que ma femme vai prendre y tous les sujets mb co^'VIE^7fEMf poun^u qu^elles aient un peu tapparence de l'honnêteté ; je sais bien qu^on ne peut pas avoir des Vestales , mais il y a toujours ww certaine conduite à obst^rven Kllk pei;t pkeîïdU Justine, QU'ELfiE AVAIT, ou une autre, 7'OIJT CELA M'EST PARFAU'EMEST ÉGAL.

Ainsi, tout ce que Tcpoux veut, ce n'est point que sa Icrninc ait des domcstiques^vestaleSym qui la gênent dans ses goûts ; mais seulement qu'elle ait des servantes discrètes , qui voient tout, et ne bavardent point. Voilk comment le mari chassait les intermédiaires v$^//i/;er;/jr.

Le lecteur n'oubliera pas taon plus que c'eft

L^^i sieur Daudet qu'il fait ces détails obligeants. Mais enfin Tépoux a trouvé dans sa lettre lu ^24 ^06^ cette phrase triomphante : elle pren^ tMraune autre femme-de^chambre et un autre domestique ^ et par ce moyen nous ^voyagerons Wknsemble. Aussi voyez-le triompher (pag. 23 du Me^cond libelle ) : « J^annonçais , dit-il , en donnant * cette nouvelle au sieur Daudet, que mon in- « tention n'était, en aucune manière, défavoriser 3) les intrigues de la dame Komman avec qui que j> ce fût. »

' Si par hasard vous aviez eu, Lecteur, Tinattention de vous laisser surprendre à cette hypocrite colère , reprenez dans sa lettre dii 29 "juillet 1780, et toujours à M.Daudet, cette phrase que j'avais négligé de copier comme oiseuse.

// me fait grand plaisir d^ apprendre que la

lîoui^elle Bonne que vous avez procurée a ma

FEMME, soit un si bon sujet. Je souhaite qu'elle

'LA conserve, et vous ait des obligations de la

lui avoir donnée.

Il suit de ce rapprochement, qu'à l'époque de juillet et d'août 1780, le mari (dans soi commentaire ) renvoyait tous les domestiques pour que le sieur Daudet n'eût point d'intermédiaire à lui darrs la maison de son épouse ; et dans ses lettres, méfne époque ^ non seulement sa femiae peut garder les domestiques qu^elle veut, mais

il rend grÂce ii sou ami Daudet d* avait pi une Si douce lionne à sa femme. Il soii}iaitt| qu'elle la conserve et lui en ait F obligation*

Combien la lettre de l'ami y dans laquelle il dit à répoux qu'il donne une Bonne à safemm^ serait curieuse à parcourir! mais l'époux qiâit tient se gardera de la montrer! Maintenant tm savez y Lecteur y pourquoi le bon mari d'alors ne représente pas ces lettres^ Je supplie qu'on r^ double ici d'attention et de rigueur pour moi.

(( Pourquoi le sieur de Beaumarchais n'im-' V prime-t-il qu'une seule de mes lettres à mon » épouse? Je lui en ai écrit plls de 200. Qu'elle » les produise si elle l'ose : qu'elle produise sur« » tout la lettre que je lui ai écrite pendant que » j'étais à Spa, et que le sieur Daudet était chargé » de lui remettre ! Que craint la dame Koroman? w Si, en effet, j'ai favorisé ses désordres, ma » correspondance avec elle doit le prouver» M Qu'elle fasse donc connaître cette correspoo- » dance* »

Pour réponse à cette bravade, je vais démonu*er qu*il c^ faux que le sieur Kornmau aitécritalors à sa femme deux cents lettres ^ comme il le di(. Je vais prouver qu'il en écrivit cinq , et pas m ; que ces lettres sont uuUes, ou qu'elles le con«

(1) Pag« 24 du second libelle.

damnent. Qu^on soit sévère sur mes preuves; j'ai ^ani été maltraité clans le monde sur cette infâme ^t ridicule affaire , qu'on doit me pardonner d'avoir quelque plaisir à bien prouver que j'ai toujours raison* Les magisu^ats sont des années il pesçr le pour et le contre avant que. d'oser prononcer. Le public tranche en dix minutes sur le libelle d'un Bergasse !

Si je n'ai rapporté dans mon premier Mémoire qu'une seule lettre de l'époux à sa femme, comme il mêle reproche , c'est que je n'avais alors qu'un seul fait à prouver , la bénignité d'un mari, devenu depuis si brutal , et que cette lettre y suffisait.

Aujourd'hui que dois-je établir? Deux faits dont J'ai la preuve en main.

1°. Qu'il n'a écrit que cinq lettres à sa femme pendant cinquante-quatre jours d'absence;

a®. Que ces cinq lettres ^ loin de montrer un mari grondeur, irrité du désordre qu'il lui impute , sont courtes , vagues , vides ou nulles ; arrachées par la bienséance à l'époqx qui rougit de son rôle, et qui ne sait comment écrire; enfin , qu'excepté celle transcrite dans mon premier Mémoire, où il consent que son épouse reçoii^e l^ ami Daudet ^ qui doit la ^visitera Bâlcy aucune des autres ne dit rien.

Malgré l'ennui que je vous cause, ô mon Lee-

teur , ne m'abandonnes pas : tout le procès 4 dans ces lettres , et surtout dans TesipUcaUi qu'un fougueux écrivain en donne.

Le 14 juillet 1780 ^ en arrivant à Spa , le co fiant époux écrit à son ami : ce Je tous accoj » pagne une petite lettre pour ma femme , et )) vous serai obligé de la lui remettre* >i ( Doi une lettre. ) Comptons bien.

Moi je n'ai pas cette petite lettre ; elle «eu manque à la liasse. On jugera par les quati autres de quel ton était celle-là.

Sa lettre du 19 juillet , au sieur Daudet montre que ce jour- là il n'écrivit point à 1 femme ; mais le 27 juillet, de Spa , longue épîu à son cher ami , et très-court billet à sa femme eu s^excusanii sur sa fatigue. Voyez de quel fitj'i terrible il soutient son ton irrité.

Sous couvert de Tami Daudet.

Spa , le ?7 juillet 1780.

a J'ai vu avec beaucoup de satisfaction , r h femme , que nos enfants se portent biei n et que tu ayes leur bien-éue a cœur ; n >i sentiments se remontient en ceci ; et il £ » espérer que cela ne sera pas la seule oc( » siun. Je ne répliquerai rien à tout le reste ( » lii lettre , parce qiie nous nous sommes 6ul -' saïunicnt cxpli(]ués là-dessus. ( // esquivait l

b explication^ par écrit). Je souhaite ijue lii » sois toujours heureuse et contente , et j'y conn tribuerai toujours par tout ce qui dépendra de n moi y sur quoi tu peux compter y ainsi que sur »> les sentiments que tu me connais. » G. K.

« P. S. Cette lettre est un peu courte , inais » je me sens un peu fatigué , je réparerai cela k w la première occasion. »

Ce style, gauche et plaignons prouve que le mari n'avait que des complimenta à faire > des reproches à éluder , et ntil ressentiment a vaincre*

( Déjà deux lettres )• Nous marchons.

Le premier Août , de Spa , longue épître à Vami Daudet y où il s'étend comme une gazette, sur les froides nouvelles du nord ; et cependant le P. S. contient ces mots : Je suis trop fatigué pourpoui^oir écrire à mafetnrne , ce sera pour Un autre courriers

Le 6 août ^ toujours de Spa ^ longue et tendre lettre à Vami: il ne veut plus qu^on lui écrive • Il part y et compte écrire , dit-il ^ aujourd'hui ^ ou demain , à sa femme pour lui annoncer ta tnéme chose'. La lettre est au bout de la plume. Fuis le 12 août, de Bruxelles # autre longue ëpître à Vami ; point de lettre encore à sa femme ( Car c'est par lui qu'il écrivait). Seulement à la fiii dé celle à son ami , on lit ce tendre P. S: .

Mémoires. II. $7

A V égard de ma femme , je ne 'veux que son bonheur dans toute l'étendue du terme* J^ espère aussi qiCai^ec un peu de réflexion elle ne s^y opposera point; et le i8 août il éiait de retour chez elle ^ puisqu'il écrivit deParis, à son ami , le lendemaia 19. Je crois que ma femme est intentionnée défaire ce petit voyage. ( de Strasbourg ).

Nous n'avons encore que deux lettres , et le mari est de retour; il ne quitte plus sa fciumeà Paris f à Strasbourg » ni à Bâie , que le 1 5 de septembre ; et , dès le lendemain 14 9 il lui écrit d'Asler, près de Luxembourg : celle lettre est la plus curieuse des cinq ; c'est celle où il lui dit qu il espère que Fami Daudet aiurd l'attention d'aller la visiter a Bâle. L'époux m'a reproché de i'avoir mutilée ; je vais la domier sans lacune , elle est nécessaire en ce lieu pour compléter la collection. Je prie qu'on examine ce que j'en avais retranché.

A Aslcr, près de Luxembourg , le 14 septembre 1780.

Je crois , ma femme, qu'il est déce>t gcETc REÇOIVES DE MES NOUVELLES ; cur mon silence pourrait faire naître des réflexions aux bonnes gens ai^ec lesquels tu te troui^es , qu'il n^ est pas de notre intérêt qv! ils fassent. ( Nous a vous dit que ces bonnes gens étaient les parents de tt

femme ). On te demandera , par intérêt pour moi et par curiosité , si je t^ai écrit , et tu pourras par ce moyen satisfaire à toutes ces deman^ des^ (0 ^' Je me trouve dans un chemin de tra- » verse , arrêté dans un mauvais village , parce » qu'il y a quelque chose de cassé à ma voi- » ture ; je continuerai le plus vite qu'il me sera » possible ma route vers la Flandre et Aix-la- » Chapelle , d^où je te donnerai de mes nouvelles » ultérieures. » ( Fallait-il faire tant de bruit pour une pareille omission ? ) Fais mille compli" ments à tes parents et à Daudet , si tu le "vois ; CAR JE svi?i?osEgu^il pourrait bien dans ses petits voyages AVOIR l'attention de te faire une visite , JE LUI ÉCRIRAI DEMAIN. Jô fuis pusser la présente par Strasbourg , pour qu'on voie que nous sommes en correspondance ensemble. Tu pourras également ^ si tu aidais quelque chose à me faire dire , adresser tes lettres pour moi à Vachter ; cela nous donnera un air d'intelligence qui fera bon effet sur V esprit de certaines personnes ; je suis toujours avec les sentiments que tu me connais* G. K.

Voilà trois lettres constajtées ; mais nous sommes loin de deux cents.

(i) Les phrases en caractères romains étaient omisen dans mon premier Mémoire*

tfio M F. M O I n E s.

Et le 33 septembre^ de Druxellcit , autre cotirt Ijillet à sa femme. Des reproches ? il n'eu ùit aucuns. De colère ? on n'en voit pas Tombre* IjCS plus doux encouragements , une complan sancc sans bornes , et ma preuve marcbe ânes bien. Mais il faut copier le billet.

Toujours le même bon mari.

nruiellrn», le ua ii(*pt(;rnUre 1780.

» Jk n'ai pas ku un momknt à moi y ma femme,

» pour te donnrr de irfEB NOUTKM,Ks; j'ai toujoun

» été en course ou eu négociation ; j'ai passé par

» wSpa y mais comme tu vois je n'y ai point

» PRts racine: mon frère m'ayant fait sentir qu'il

» est essentiel pour nos affaires que je passe par

» Paris, je me suis détcrmifié k prendre cette

» route î je ncî m'y arrêterai que deux ou trois

» jours ; je prcrudrai ensuite la route de Bâie ,

» où tu ne tarderas pas a nu* voir ; je souliaite

j) trouver tout le monde bien portant , ainsi que

» les enfants. Mille compliments à tes parents ;

» JK n'ai pas i;nk minum: a moi , et je n'ai que

I) le temps de te dire cjiie je suis toujours avec

» les sentiments que tu me cotmais. »

Remarquez bien cq,% mots , F^ecteur : je n'ai

pas eu un moment h moi pour ta donner dé

vies nuuç'cllcs } j'ai toujours dld en course ou

MÉMOIRES. 5ffi

en, négociation. ( Donc il n'y a point eu de lettre^ entre le i4 septembre et ce jour. ) J ai passe par

Spa ; MAIS COMME TU VOIS JE ^'Y AI POINT PRIS

KACiNE, Apparemment la jeune épouse lui avait fait quelque reproche , qu'il se garde bien de montrer , sur la longueur de son premier séjour à Spa. Mais c'est Taffaire de l'épouse de nous dévoiler ces mystères. ( Ainsi quatre lettres à s^ femme. ) Lecteur , nous touchons à la fin.

Enfin , une cinquième de Paris , du a6 sep* tembre , et toujours le même embarras.

Paris , le 26 septembre 1780.

J'espère , ma femme , que mes précédente^ » lettres te seront bien parvenues ; tu y auras vu » que des affaires instantes ont engagé mon frère » à me presser de venir à Paris ; j'y ai satisfait , » quoique cela m'air contrarié, et j'y suis arrivé » hier; je suis extrêmement occupé de diflérents » objets ; je ne m'arrêterai cependant que peu » de jours , pour prendre la roule de Bâle , où » je ne tarderai pas d'arriver. Je suis singuliéip-l

» REMENT FATIGUÉ de tOUtCS CCS COUrSCS ; LE

>> TEMPS ME PRESSE , et il uc me reste que celui » de te réitérer que je suis toujours avec les sen^ » timents que tu me connais. »

M Mes compliments, à ta famille* n.

58a MÉMOIRES.

Le bon mari n'écrivit plus : sous huit jours 3 était il BAlc , (1*011 il l'amena sa femme à Paris ; cah son ami Daudet i/ attendait dans la ca-

rjTALK.

Ainsi 9 cinq lettres seulement , bien courtes ce bien comptées , pendant 54 jours d'absence , 56 dans son voyage ù Spa, et i8 jours après Tavoir menée à llAlc. 11 éuiil déjà clair pour nous qu'on n'écrit pas dt'ux cents leUrcs en 54 jours, écrivilon à nue maîtresse ; jugez donc, cpiancl c'est à sa lemnie , que TOn croit niailrcsse d*un autre.

Dans CCS ci/u/ lettres bien prouvées, on voit que cet époux , qui se donne pour si sévère dans rscs deux cents prctendues lettws y n'était qu'un plat mari , honteux de sa très honteuse conduite. On sent toujours son embarras : deux mois par décence, et c'est tout- On voit qu'il a peur d'eu irop dire, cardcîs lettres sont d<;s témoins. Quand il peut s'excuser d'écrire , il saisit le moindre prétexte. Un Jour il est tropJati)^ue ; un autre, il écrira demain ; un autre jour , le temps le -presse , // n\i pas un moment à lui. Dans sa lettre de Spa , du 2(j juillet, honteux même de ne pas répondre aux explications que sa femme lui demande , je ne répliquerai rien , dit-il , à tout le reste de la lettre , parce que nous nous ^sommes suffisamment expliques Ici-dessus» C'est •'épouse ici qui reproche, et Tépoux qui fait le

plongeon ; ei cependant , voyez toutes ses lettres ' des mêmes dates à son ami Daudet , comme elles sont chaudes , vives et pleines ; le cœur abonde en sentiment ! plusieurs même ont troist ou quatre pages.

-4 ces cinq lettres bien comptées ( et c'est le compte du mari, à igSprès), il est inutile d'ajouter son commentaire sur sa lettre scabreuse à sa femme , du 14 septembre , où il dit : <c Fais mille compliments à Daudet si tu le vois , » CAR JE SUPPOSE qu'il pourrait bien dans ses » petits voyages avoir l'attention dé te faire >) une petite visite. Je lui écrirai demain. » Cette letlre est fâcheuse ; on voudrait pourtant l'expliquer ; car M. Komman est d'avis qu'en pareil cas , il vaut mieux dire une sottise que de ne point parler du tout. Le précepteur Bergasse nous semble aussi de cet avis. Or , voyons cora*nient ils s'en tirent, ( page 24 du i'^ libellera II » {Daudet) m'avait écrit qu'en effet, devant » aller dans le voisinage de Bâle , il se proposait » de lui faire une seule visite. »

11 avait écrit, une seule ? montrez-nous donc la letlre où il restreint son attention pour votre femme, a ne lui ÏjXvc qu'une seule visite à Bdlel ce style est si probable dans l'hypothèse que vous posez , qu'on est très-curieux de la lire. » Or , » je ne croyais pas ( ajoute l'ingénu mari, ajoute

» le bon précepteur ) , que cette TÎsite Iftt bies D dangereuse ; la dame Komman étant avec se$ -» enfants^ au milieu des siens* » -

Au milieu des siens ^ dites-TOus ? c'était la le motif de votre sécurité? Eh mais , monsieur , ou* bliez-Tous qu^ellc était logée à Pauberge ok n)ous V aidiez mise w>us^méme , et non cbcz 1*01 de SCS parents ? n'ayez-vous donc pas imprimé ( page 10 du I*' libelle*^ » Je n'eus pas besoin » en arrivant ( à Basic ) de faire de grandes in* » formations sur la conduite de la dame Korn- » mann ; k peine fus-)e descendu DA^s l'ac- » BRUCE or ELLE LOGEAIT , qu'ou m'apprit que le » sieur Daudet y était venu plusieurs fois ^ de » Strasbourg , qu'il y ayait passé dks ^UIT5 avec » ELLE. » Or quand vous invitiez cet ami d^d' voir r attention pour tous trois , d'aller la visiter à Bftie p il est donc vrai , Mousieur ^ que Wm d'être chez ses parents , elle était logée à Pauberge ou vous tairiez mise vous - m^me f où chacun a droit de descendre, de passer le temps qu'il lui plait? Vous auriez bien pu vous douter que f dans ces logements publics , on n'a jamais de surveillants; ces visites ^£// , dites-vous ^ ne vous semblaient pas dangereuses , devaient donc au contraire vous le sembler beaucoup^ surtout de la part d'un galant , tel que celui que vous peignez ! cependant, vous laviez invité d'aroirTat-

fer^tion d^y aller! vous aviez écrit k votre femme gue. vous supposiez qu^il n^y manquerait pas^ ,Etes-vous pris dans votre piège ? lâche époux ^ yil agent , et misérables raisonneurs ! '

Tou$ mes amis se réunissent pour me prescrire .le ton grave. Mais peut-on se refuçer au léger ^urire du dédain ^ en voyant la bassesse trompée , et rembarras d'un hypocrite époux ^ qui , 'malgré le ton prédicant d'un défenseur plus hypocrite encore , ne peut plus prononcer un mot çans dévoiler sa turpitude. Il nous rappelle un charlatan connu ^ voulant toujours vendre sa femme , et toujours prêt à être en fureur contre qui Taurait escroquée. Achevons le portrait du jiôtre.

Enfin , vous croiriez , à l'entendre , qu'aprcsi tous les renseignements reçus à Paris ^ k Stras--, bour^ et à Bdle sur les désordres de sa femme , • il a chassé le corrupteur à son arrivée a Paris , et n'a pas différé d'un jour ; et vous le croyez d'autant plus , que ce mari j dans $|on second libelle y établit ainsi sa conduite*

(i) » De retour à Paris , connaissant enfin Tini) trigant auquel j'ai affaire y je fais sentir au sieur » Daudet combien sa présence ni'est imppr- » tune , etc. »

■ I - I I I —■ I I I I I I ■ ■■ ■ ■ I I I ■ ■! Il I »

(i) Page 25. du second libelle.

nm M K M o I n E s.

Mais moi qui liens l'cxpcdttioii Limbrée cpie )^'li tirrcclu f;i'cfle criminel , <lc toutes ftcs Icttrei «irposrrs , j'y trouve à la date du 14 iiovembK J780 ( c'est-û-dirc deux mois api*ès son séjoura iule ) une lettre au sieur Daudet f commençant par ers mots: f^ous tromperez, mon cuEa AUi, sous (\p pli le modèle de P engagement en quti' tinn , ne.

Kli .quoi! toujours mon cher a3Ii ! au con riipirv!!' avéré de sa fcounc ! deux mois après le séjdiu* de I3âlc !

Kii lioruicnr, ce second lil^elle est plus roenleur (|!ie l(» premier! et partout la même logique*

J ai roinhaltu , j'ai déniasqiu;, dans d autres procrs qu%)n m'a faits, des lâches d'une étrauge lîsprce ; mais jamais aucun d'eux ne s'est vautré, c oniinc ceux-ci , dans la lange d'ime telle défense.

rj:si:mons NOS deux pladoyehs.

fiC sieur Kornmann vous dit que j'ai tronqué tMulcs SCS leilres pour en détourner le vrai sens. Moi je les donne toutes entières pour qu'on eu voyfî le vrai s(*ns.

Il <lil ([lie je les ai méchamment transposées pour en faire prendre une fausse interprétation. Moi je ](vs transcris à leur date, et de suite, pour qu'on s'assure bien que je n'y ai njis anciiu lard.

' Il dît avoir écrit plus de 200 lettre à sa femme , —U nous défie de les montrer. Moi je prouve qu^il il'en a écrit que 5 , et non pas 6. J^en transcris -fidèlement 4 qui donnent le ton de la S"*.

Il dit que ses lettres étaient sévères , celles •d'un époux irrité. Et moi je prouve, en les mon- "itrant, qu'elles sont les lettres d'un mari , honteux ,de sa conduite et de ses indignes projets.

Il dit que sa femme Va supplie de la conduire :'à Bdle chez ses parents. Ht moi je prouve , par éa lettre du ti'j juillet 1780, que c'est hii qui a •proposé ce voyage comme une partie déplaisir, -et pour la conduire à Strasbourg où séjournait le : sieur Daudet.

11 dit qu'il avait mis pour condition rigoureuse

au voyage de sa femme , qu^elle chasserait les

domestiques qui favorisaient son intrigue avec

le sieur Daudet. Et moi je prouve , par sa même

lettre du 27 juillet , à Vami , que non seulement

il l'a laissée maîtresse de garder ses anciens va-

■tlets, ou d'en prendre d'autres à son choix, mais

,qti'il rend grâce au sieur Daudet d^ avoir procure

- une si douce bonne à safemm,e.

11 dit qu'il la menait chez ses parents à Bâle,

•pour la préserver de Daudet. Et moi Je prouve,

• par ses lettres des i g, 24 et 26 août 1780, que

Bdle n'était qu'un prétexte pour la mener à

Strasbourg) cai* Strasbourg n'est point la vraie

route de BAe f en venant de Paris : on fait traM deux lieues de plus si Ton yeut passer par Simbourg*

Il dit qu'il Ta conduite à Bâle , outré de M scandales avec Daudet à Strasbourg. Et moi je prouve y par sa lettre k sa femme , du 14 sepioir bre 1780^ qu'il a prié ce même I>audet d'atdr la délicate attention d'aller la tisxtea à £dkf après les scandales de Strasbourg.

Il dit qu'il devint furieux quand il apprit i Bàle 9 à son retour, que le sieur Daudet y était venu de Strasbourg , et avait passé des nuits avec elle. Et moi je prouve, par sa lettre du i3 septembre, DE Bale, à son ami Daudet, que, loin qu'il en soit furieux, il lui écrit bien tendrement qu'il a laissé sa femme à sa merci.

Il dit ensuite , par un nouveau galimatias , que les visites de son ami cher y n'étaient point danr gereuses à sa femme ^ parce qiCelle était chet ses parents à Bdle. Et moi je prouve , par «on premier libelle ( pag. 10), qu'// l'avait logée à l'auberge pour qu'elle y fût plus à son aise. Or, dans riiypodicse du libelle, l'auberge était trèsdangereuse.

Enfm , il dit qu'à son retour à Paris , il a fait connaître à Daudet que ses visites l'importunaient. Et moi je prouve , par sa lettre au sieur Daudet, du 14 novembre suivant, qu'il l'appelait

^èon cher ami, deux mois après le séjour deBàle^

"Sét les préteudûes nuits avérées.

Dans tout ceci, comme Ton voit, nulle menton d'un jeune étranger; cette fable était réser- ^Vée pour compléter la honte de son second gali* rnatias. Ainsi , dans deux aiïreux libelles , pas un 8^ mot contre sa femme , qui ne soit un grossier AMBnsonge. Et si j'ai pris }§, peine , à votre grand ennui , Lecteur , de démêler ce qu'il embrouille^ tf éclairer ce qu'il obscurcit; c'est pour qu'il vous •oit démontré que Tennemi que )e combats est toujours indigné de foi, sur ce qu'il impute à sa ËEtanme.

Mais qu'ai-je besoin d'appuyer sur ces preuves de mauvaise foi ^ lorsqu'ils viennent de faire plaider par leur avocat au palais , que tout ce qu'ils ont dit dans leur premier libelle n'est qu'un récit lorgé dans la tête du sieur Bergasse , fruit de son imagination , controuvé dans toutes ses parties , et que lui Komman n'a certifié véritable que par des excès de déférence pour son vertueux écrivain. Les huées mêmes de leurs partisans ayant honoré cet aveu, je n'ajouterai rien à leur honte publique.

- Revenons aux Ëdts importants , derniers ob-

, jets de ce Mémoire; et traitons-les si clairement, l^ue le lecteur, entraîné par la force de mes p];;euves , adopte mon exclamation , et s'écrie

5ç)0 MÉMOIRES.

partout avec moi : O vil époux ! lâche advo saire ! et misérables raisonneurs !

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