REPONSE
AU MÉMOIRE SIGNIFIÉ IDu Comtes AlejcandbE" Joseph Falcoz
DE LA BlACHE.
lYl. DcvEBNEY avait la réputation dese connaître en honiuH^s. Il a honore ma jeunesse de la plus intime confiance. C^est une présomption en fa- Tcnr de mon hormâteté.
M. Duverncy se connaissait en arrêtés de compic. II a trouvé juste de clore et signer celui du ])remier avril 1770. C'est un grand préjugé pour l'exactitude de cet arrêté.
11 est vrai que le comte delà Blaclie a traité de chimère, riuiimité de mes liaisons avec M. Duverncy : mais la négation d'un légataire obstiné^ ne détruit point des faits aussi publics.
11 est vrai qu'il a feint , pour ne pas payer, de regarder notre arrêté comme absurde, inepte et }\\v\\\v. faux ; mais l'allégation d'un légataire intéressé, n'anéantit point des actes si sacrés.
j|l est encore vrai que , dans Texordc de 8o;o^
MÉMOIRES, a5
mémoire , le comte de la Blache nous apprend que le legs immense dont M. Duverney Ta gratifié , a été pour lui la source (Tune foule de petites difficultés qu'il appelle des/^er^ecw^/oTzj'. Mais est-ce ma faute à moi , si les héritiers , ouvriers , créanciers, légataires, domestiques, etc. de cette succession, n'ont pas abandonné au comte de la Blache , qui voulait tout garder , le peu qui leur appartenait sur cet immense héritage ?
II se plaint aussi que ce malheureux legs de quinze cent mille francs , est devenu le sujet de mes écrits qu'il appelle des Diffamations. Mais est-ce donc un crime à moi, d'avoir exposé, comment le comte de la Blache , voulant me donner pour faussaire à Paris , me supposait faussaire à Versailles ; et corameni, incapable de rien prouver contre un arrêté signé de son bienfaiteur , il est devenu capable de tout oser , pour l'anéantir.
Mais , si le comte Falcoz de la Blache , encore tressaillantdu plaisir déposséder un legs de quinze cent mille francs , a nommé persécution la modeste demande de quinze mille francs , et diffamations les défenses légitimes de celui qu'il veut déshonorer afin de retenir ce peu d'argent ; quel nom dois-je donner à tout ce qull a tenté depuis quatre ans , pour me perdre ? Haine invétérée ^ mémoires outrageants , plaidoyers atroces , suppositions infamantes; lettres injurieuses ; intrigue»
ai MÉMOIRE S.
secrettes; saisie éternelle de mes biens , frais inutiles amoncelés , désordre universel dans mes affaires ^ arrêts , référés , exécutions , ventes ^ huissiers, gardiens, records, doubles records ,i fusiliers !... Dieux ! Dieux !
Et mes amis me recommandent d'être modéré dans ma réponse , de discuter mes intérêts , sans humeur et surtout sans gaitél. • • De la gaîté, mes amis r ah ! ne m^ôtez pas Famertume ; il ne me resterait que le dégoût.
Si j'ai montré de la gaîté quand je me défendais contre les sieur et dame Goëzman , c'est que le ridicule de ce procès était excessif, au point d'en masquer souvent l'atrocité; mais aujourd'hui qu'un adversaire , ardent, avide, haineux, s'efforce de verser sur moi la honte et l'opprobre ; est-ce donc en plaisantant que je les repousserais sur lui ?
Je ne vois dans tout son mémoire qu'une injure mortelle , et mortellement délayée dans 72 pages d'impression , toujours redite, et partout blessant mon cœur à l'endroit le plus sensible. Et vous m^interdisez la gaîté qu'il fallait peut-être me recommander !
Un jour, il s'agira de réparations pour tant d'outrages reçus : alors il sera temps de décider , si l'iniquité' 'u fond d'un procès peut excuser ce que sa forme emporte d'outrageant.
Aujourd'hui je mets toute répugnance à part ; je cède à Fhumiliation de me défendre ; et détournant les yeux de dessus moi , je n'embrasserai que la question , sans penser à la personne. Un ayenir plus heureux me répond des dédommagements convenables ! A quelles affaires^ grands Dieux! j'étais destiné !
^ Depuis quelque temps il se répand de celle-ci un résumé fort énergique et fort court : ce n'est pas celui du comte Joseph Falcoz ; il est bien fait ; et si facile à retenir que tout le monde le sait par cœur, je ne craindrai point de le rapporter ici.