‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 193 sur 279 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

La Comtesse effrayée^

Je voudrais bien ^ Monsieur ^ ne pas vous offenser !

Le Comte plus fort.

Ce qu'il a fait^ Madame ! Et c'est vous qui le demandez ? <

La Comtesse en désordre.

Monsieur , Monsieur I yous m'eilrayez beaucoup !

Le Comte ai^ec fureur.

Puisque vous avez provoqué l'explosion du ressentiment qu'un respect humain enchaînait,

TOUS entendrez son arrêt et le vôtre»

La Comtesse plus troublée.

Ah 9 Monsieur! Ah^ Monsieur!

Vous. demandez ce qu'il a fait?

La Comtesse levant les bras.

Non , Monsieur , ne me dites rien ! - ; Le Comte hors de lui.

Rappelez-vous , femme perfide , ce que vous avez fait vous-même ! et comment , recevant uu adultère dans vos bras, vous avez mis dans ma

Théâtre. JL ^9

45o LA MERE COUPABLE,

maison cet enfant étranger ^ que vous osez nommer mon fils.

La Comtesse au désespoir ^eut se lever.

Laissez-moi m'eufuir^ je tous prie*

Le Comte la clouant sur son fauteuil.

Non , vous ne fuirez pas ; vous n'échapperez point à la conviction qui vous presse. ( Lui montrant sa lettre.) Connaissez-vous celte écriture ? Elle est tracée de votre main coupable ! Et ces caractères sanglants qui lui servent de réponse.

La Comtesse anéantie.

Je vais mourir ! je vais mourir !

Le Comte avec force.

Non , non ; vous entendrez les traits que j'en ai soulignés ! (7/ lit avec égarement.) « Mal- » heureux insensé ! notre sort est rempli , votre » crime ^ le mien reçoit sa punition. Au jour- » d'huî, jour de Saint-- Léon y patron de ce « lieu , et le vdtre; je viens de mettre au monde » un fils , mon opprobre et mon désespoir.... » ( li parle. ) Et cet enfant est né le jour de Saint-- Léon , plus de dix mois après mon départ pour la f^era Crùxl

( Pendant qu'il lit très - fort , on entend la

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