‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 250 sur 279 · S C È NE I I · texte numérisé non relu

S C È NE I I

AT A R, URSON.

J\ T A B rr que ma fête commence ^ Urson, conte-moi promptement Le détail et Tévénement De leur combat à toute outrance.

U a 8 o ir.

Tarare le premier arrire au rendez-vous :

Par quelques passes dans la plaine ^

Il met son cheval on haleine ,

Et vient converser avec nous.

Sa contenance est noble et fière. *'

Un long nuage de poussière

S'avanoe du côté du Nord ;

On croit voir une armée entière ;

C'est l'impétueux Altamort.

[ D'esclaves armés un grand no^U>re ,

Au galop a peine le suit.

Son aspect est farouche et sombrç ,

Comme les spectres de la nuit.

D'un œil ardent mesurant l'adversaire ;

Du vaincu décidons le sort.

Ma loi y dit Tarare; est la mort.

Uxi^^wr r^utre à r4a«tatt^ib&d comme le iosttcrre. Altamort pare 1^ premier.

Un coup affreux de cimeterre Fait Yoler au loin son cimier.

L'acier étincelle, • Le casque est brisé , Un noir sang ruisselle.

Dieux ! Je suis blessé.

Plus furieux que la tempête , A plomb sur la tête , Le coup est rendu , Le bras tenclu j Tarare

Pare

Et tient en Tajir le trépas suspendo.

Je vois qu^ Altamort est perdu.

U IL soir.

Aveuglé par le sang , il s'agite , il chancelier Tarare , courbé sur la selle , Pique en avant. Son fier coursier , Sentant l'aiguillon qui le perce , S'élance , et du poitrail renverse Et le cbeval et le guerrier.

Tarare à l'instant saute à terre , Court à l'ennemi terrassé.

Chacun frémit , le cœur glacé J)vL terrible droit de la guerre.,*..*

ACTiE.IjI 1 565

O d'an noMe ennsmi , saint et'sulilime efïbrt !

^ A.T A Hi en colère.^

Achève donc.

Uii's'6 w.'.

Ne crains rien , ^perbe Âltamort :

Entre nous la guerre est fioia., Si le droit de donner la mort • ;, •

Est celui d'accqrder la vie ^ - •

Je te ia laisse de grand cœur.

Pleure long-tentps U p^rJ^çUe.^ . . ^,\ \.

Sa perfidie X . / . .

Ur,so.v^.

Il s^en âoigne avec douleur^.

A T A H , furieux.

• ' U RS o W. * '

. Iixutfle et vajgae faveur !; . ; , r . ' - Ce^Ldomt les armes trop sûre»

^ Ne fireuit jamais 4cux blçssBTesr^ A peine, hélas ! se rjetirait ,,. i ;

Que son adversaire expirait.

Il est instruite ' ^ i

Partout il a donc-ravantage !

Ah ! mon cœur en frémî't de rage î Quand , par le combat , ACàmort Voulut hi^rrégler leur sorlf, .

Urson , je sentais bien d^avahce Qu'il allait de sa mort Payer cette imprudence.

Sans les clameurs d'un père épouvanté , ' Le temple était ensanglanté :

Mais son pouvoir força le ù6tre D'arrêter un crime opportun , Qui m'offrait , dans la mort de Fun , Un prétexte pour perdre l'autre.

( H voit entrer lés esclaves. ) Tout Iç sérail ici porte ses pas.

Retire-toi : que cette affreuse image , Se dissipant comme un nuage , Fasse place aux plaisirs et ne les trouble pas.

{ Utson sort. )

^.^,^^ !■ I T ffi

se EN E m.

ATAR y ASTAStK en kabà dt Sultane , soutenue par des esclaves , son mouchoir tut lés yeux ; SPINETTE, CALPIGI, EUNUQïJÉiS , ES- CLAYES des deux sexes:

Atae Jhà asseoir jéstasie sur le grand sopha , prvs de lui, et dit au chef des Eunuques :

JltfH hi^n! TOJdt-âls cbanterle Bonheur de leur m/iltre?

CTÀL Y I O I«

Dans le léger essai d'une fêle champétl^e,'

Us ont tous le. noble Aétiv

De montrer Texcès de leur joie.

ÂtaR) ai^ec dédain.

Eh ! qtle m'importe leur plakir , Pouricu que leur art se déploie !

Galfigi» à pari.

De qud monstre y grand Dieu ! cette Asie.est la proie ! ( Il fait signe aux esclaves J^ avancer.) .

.Tarare n'est point prévenu :

S'il arrivait , îl est perdu.

s c EN E 1 V.

Les Acteurs P&éccdznts. Tous les esclairet, en habits cluunpêtresj ouvrent la fête par des danses.

Atak dit à tout le Sérail,

jk LU E K ^ous la belle Irzà.

Je la couronne : eOe est Sultane.

( // lui attache au front un diadème de diamants. )

Choeur uvKT.EiiaEL.

Saluons tous la b^e Iria • L'Amour , du fond d'uké cabane ^

56a TARARE,

Au trône d'Ormus l'âéva. ' ' Du grand Atar elle est âultaxe.

( On danse. )

(Le ballet Jîni ^ des lexhùf es apportent dés itases de sorb^et , des liqueurs et <2e5 fruits deUaut Atar et la Sultane, Spinette reste auprès de sa maîtresse ^ prête à la sentir. )

A T À a , ai^ec foie.,

Calpigi y toli zèle m'enchante !

J'aime un esprit fertile a qui tout obéit.. Des mers de votre Europe, et contre toute attente. Apprends-nous quel hasard dans Ormus t'a conduit ?

Mais pour amuser mon amante y Anime ton récit d'ui»e gaité piquante^

Calpigi à part , d'un ton sombre.

X'y veux mêler un nom )qui nous nendrà la nuit.-

( // prend une mandohné , et chante sur te ton de la Barcariole. )

( La danse figurée cesse ; tous les danseurs et danseuses se prennent par la ntain pour dan$0r /e refrain de sa chanson.)

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