‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 170 sur 267 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

La Coût es se, vivement.

Monsieur Bégearss !

B£GBAR8 8.

Et tous ces mouveuients que tous prenez pour de la haine , ne sont que TefFet d'un scrupule. Oh ! que je vais vous soulager !

La Comtesse^ ardemment.

Mou cher M. Bégearss !

Bégearss.

Mais enterrez dans ce cœur allégé ^ le grand mot que je Tais tous dire. Votre secret à tous , c'est la naissande de Léon I le sien est celle de Florestine ; (^plus bas) il est son tuteur... et son père.

La Comtesse joignant les mains.

Dieu tout-puissant qui me prends en pitié !

Bégearss.

Jugez de sa frayeur en Toyant ces en&nts amoureux Tun de l'autre ! ne pouTant dire son secret 9 ni supporter qu'un tel attachement de- Tint le fruit de son silence , il est resté sombre , bizarre ; et s'il Teut éloigner son fils, c'est pour éteindre ^ s'il se peut ^ par cette absence et jiar

4iO LA MERE COUPABLE,

ces Tœux , un maliieureux amour qu'il croit mt pouToir tolérer.

La Comtesse, priant avec ardeur.

Source étemelle des bienfaits ! ô mob Die^: * tu permets qu'en partie je répare la £iute ioToloBtaire qu'un insensé me fit commettre; que Y^jt, de mon côté 9 quelque chose à remettre à cet époux que j'offensai ! O comte AlmaTiTa ! cœur flétri f fermé par vingt années de Ta se rouvrir enfin pour toi ! Florestine est u fille ; elle me devient chère comme si mon se::, l'eût portée. Faisons y sans nous parler , réchaaçt de notre indulgence ! O M. Bégearss ! acbevea.

Bécearss.

Mon amie 9 je n'arrête point ces premiers éla» d'un bon cœur : les émotions de la joie ne soct point dangereuses conmie celles de b tristene ; mais y au nom de votre repos , écoutea-moî josqu'à la fin.

La Comtesse*

Parlez y mon généreux ami : vous à qui je doi^ tout y parlez.

BicBAass.

Votre époux cherchant un moyen de gtfMùr sa Florestiae de C6t amotir qu'il mil

A C T E I I I. 4ii

n'a proposé de Tépouser; mais ^ indépendam^ ment du sentiment profond et malheureux que mou respect pour vos douleurs

La Comtesse, douloureusement.

Ah ! mon ami ! par compassion pour moi

N'en parlons plus* Quelques mpts d'établissement ^ tournés d'une forme équivoque , ont fait penser à Florestine qu'il était question de Léon. Son jeune cœur s'en épanouissait ^ quand un valet vous annonça. Sans m'expliquer depuis sur les vues de son père ; un mot de moi , la ramenant aux sévères idées de la fraternité , a produit cet orage ^ et la religieuse horreur dont votre fils ni vous ne pénétriez le motif.

La Comtesse.

Il en était bien loin , le pauvre enfant !

Bécearss.

Maintenant qu'il vous est connu , devons-nous suivre ce projet d'une union qui ré{>are tout?

La Comtesse, "vipement.

Il faut s'y tenir ^ mon ami ; mon cœur et mou esprit sont d'a<!cord sur ce point , et c'est à moi de la déterminer. Par là ^ nos secrtts sont cou-

4ia LA MÈRE COUPABLE,

Terts ; nul étranger ne les pénétrera* Après années de souffrances nous passerons des îoars heureux , et c'est à tous , mon digne ami , ma famille les devra.

Bécearss, éieyani la t^mx*

Pour que rien ne les trouble plus , il faut

core un sacrifice , et mon amie est digne de le

faire.

Hélas ! je veux les fiiire tons.

Bégeakss, Pair imposant.

Ces lettres, ces papiers d'un infortuné qni n*est plus , il budra les réduire en cendres.

La Comtesse, avec douleur.

Ah ! Dieu !

Béoeaess.

Quand cet ami mourant me chargea de rom les remettre , son dernier ordre fut qu'il Callak sauTer TOtre honneur , en ne laissant aucune trace de ce qui pourrait Taltérer.

La Comtesse.

!Dieu!

Bégeaess.

ans se sont passés sans que j*a>e fm

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