‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 178 sur 267 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LE COMTE , BÉGEARSS

Le Comte 9 la regardant aller.

«I E ne reviens pas de mon étonnement. Je m'attendais à des débats , à des objections sans nombre ; et je la trouve juste y bonne ^ généreuse envers mon enfant ! moi qui lui sers de mère ,

dit-elle .Non» ce n'est point une méchante

femme ! elle a dans ses actions une dignité qui

m'impose ; un ton qui brise les reproches ,

quand on voudrait l'en accabler. Mais, monami^ je m'en dois à moi-même , pour la surprise que j'ai montrée en voyant brûler ces papiers.

Bégearss*

Quant à moi , je n'en ai point eu ^ voyant avec qui vous veniez. Ce reptile vous a sifflé que j'étais là pour trahir vos secrets ? de si basses imputatiens n'atteignent point un homme de ma hauteur; je les vois ramper loin de moi. Mais ^ après tout Monsieur , que vous importaient ces papiers ? n'avies-vous pas pris malgré moi tous ceux que vous vouliez garder ? Ah I plût au ciel qu'elle

m'eût consulté plus tAt ! tous n'auries pas elle des preuves sans réplique I

Le Comte» avec douleur.

Oui j sans réplique ! ( auec ardeur. ) Otoii»-4o de mon seiu : elles me brûlent la poitrine* ( // tire la lettre de son sein , ei la met dans sm poche. )

Bécearss, contirme avec douceur.

Je combattrais avec plus d'avantage en £iTe«r du fils de la loi ! car enfin il n*est pas compiabk du triste sort qui Ta mis dans vos bras !

Le Comte reprend sa fureur.

Lui 9 dans mes bras ? jamais.

Bégearss.

Il n'est point coupable non plus dans soo pour Florestine ; et cependant , tant qu'il près d'elle » puis-)e m'unir à cet eniant qui , peotetre éprise elle-même» ne cédera qu'à soo respect pour TOUS ? La délicatesse blessée.—.

Le Comte.

Mon ami » \t t'entends I et ta réflexion me cide k le faire partir sur-le-champ. Oui » je moins malheureux , quand ce fatal objet ne bien sera plus mes regards : mais comment co

oe sujet ayec--elle ? voudra-t-elle s'en séparer ? il Ciudra donc £aiire un éclat ?

Bégearss.

Un éclat! noui..«.mais le divorce accrédité

chez cette nation hasardeuse ^ tous permettra d'user de ce moyen.

Moi y publier ma honte ! quelques lâches l'ont &it ! c'est le dernier degré de TaTilissement du siècle. Que l'opprobre soit le partage de qui donne lin pareil scandale ^ et des fripons qui le provoquent.

J'ai Élit envers elle , envers vous , ce que l'honneur me prescrivait. Je ne suis point pour les moyens violents ; surtout quand il s'agit d*un

ils

Le Comte.

Dites d'un étranger, dont je vais hâter le

départ.

Bégeâuss.

N'oubliez pas cet insolent valet.

Le C o h t e.

J'en suis trop las pour le garder. Toi y cours ami , chez mon notaire ; retire y avec mon reçu

que w>i]ày mes trois millions d'or déposes. Alors tu peux à juste titre être généreux au contrat qu «I nous £iut brusquer aujourd'hui....* car te toîIj bien possesseur..... ( // lui remet /e m u , U prend sous le bras^ et ils sortent. ) Et ce ^is a minuit , sans bruit , dans la chapelle de Madame*.

( On n^ entend pas le reste. }

riN nu TAOISIÈME ACTE.

iàU

Le théâtre représente le même cabinet

de la Comtes^.

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