‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 246 sur 267 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Le théâtre est très^ohscur.

CALPIGI I TARARE , un poignard à la prêt à frapper Calpigi çu'il entraime.

C A i F I G t s'écrie.

O Taeaee !

T A a ▲ a s , at^ec m» grand trouble.

O fureur que j*abhorre f Bf on ami. . . . , 8*il n^eSl pas parlé , De ma main était immolé I

Tu le devais, Tarare ! U le faudrait encore , Si quelque esclave curieux

T A R ▲ a E , troublé.

Mille cris de mon nom fort retentir ces Heux !

Je mé crois découvert, et que la jalousie

Mourir sans la revoir , et si près d*Astasie ! . . . .

O mon héros ! tes vêtements mouillés , D'algues impurs et de limon souillés ! . . . . Un grand péril a menacé ta vie !

Tarare, à demi'^oix.

Au sein de la profonde mer ,

Seul , dans une Barque fragile ,

Aucun souffle n'agitant l'air.

Je sillonnais l'onde tranquille.

Des avirons le monotone bruit ,

Au loin distingué dans la nuit j

Soudain a fait sonner l'alarme :

J'avais ce poignard pour toute arme.

Deux cents rameurs partent du même lieu : On m'enveloppe , on se croise , on rappelle :

J'étais pris ! D'un grand coup d'épieu ^

• Je m'abîme avec ma nacelle ,

Et me frayant sous les vaisseaux

Une route nouvelle et sûre ,

rarrive à terre entre les eauk «

674 tarare;

Dérobe par la nuit obscure.

Tentends la cloche du beffroi.

L*appel bruyant de la trompette, Que le fond du golfe répète , Augmente le trouble et Feffroi.

On. court , on crie aux sentineDea :

Arrête ! arrête ! On fond sur moi :

Mauy 8*9s couraient, j'aTaîs dea «le».

J^atteins le mur comme un éclair.

On cherche au pied; j*étais dans Fair , Sur FécheOe souple et tendue , Que ton z^e avait suspendue.

Je suis sauvé , grâce a ton cœur :

Et pour payer tant de Êiveur j O douleur ! 6 crime exécrable !

Trompé par une aveugle erreur , J'allais, d*une main misérable, Assassiner mon bienfaiteur !

Pardonne, ami, ce crime involontaire.

O mon héros ! que me dois-tu !

Sans force, hélas ! sans caractère. Le faible Calpigi , de tous les venta bauu »

Serait moins que rien sur U terre, SU n'était pas épris de ta mâle vertu ! Ne perdons point un insttnt salntairc:

Au Sérail , la tranquillité

Renaît avec Tob^curitë.

{ Il prend un paqu^i dans une touffe d'mrireseidu

Sous cet habit d'un noir esclave , Cachons des guet'riers le plus brave.

D'homme éloquent deviens un vil muet.

( // l'habille en muet, )

Que mon héros j surtout , jamais n'oublie Que^ sous ce masque , un mot est un forfait,

( // lui met un masque noir. )

Et qu'en ce lieu de jalousie , Le moindre est payé de la vie.

{Ils s'avancent vers l'appartement ^Astasie.)

Tout est ici dans un repos parfidt.

( Ici Calpigi s'arrête avec effroi. )

N'avançons pas ! j'aperçois U siwpce, Les brodequins de l'Empereur.

T A ft ▲ & L égaré , criant.

Atar chez elle ! Ah ! malheureux Tarare !

Rien ne retiendra ma fureur.

Brama ! Brama !

Calpigi lui fermant la bouche.

Renferme donc ta, pçine l T A R 4 a s criant plusjorî.

Brama ! Brama !

( // tombe sur le sein d^Oàlpigi:) Calpigi.

Notre mort e^^ c^UMuàe.

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