‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 104 sur 199 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MÉLAC père, MÉLAC fils.

Mélac père, at^c chcLgrin.

£ me suivez pas ^ mon fils»

Mélac fils.

Eh I le {>uÎ5-je > mon père !

Mélac père.

Jejyous Tordonne*

Mélac fih.

' Vous abandonner dans un moment si fiU^heux !

Votre douleur m'importime elle m'ofiense.

Mélac fi]s.

Je c(»iiats trop mon père , pour soupçonner rien qui lui soit injurieux. Mais si yotre bonté me laissait percer un mystère

M É L ▲ c père.

Mon fils !

M É L A c fils.

Refuserez-vous de m*indiqacr les moyens de vous sçrvir ? d'adoucir au moins vos peines ?

M É L A c père.

Il est des devoirs dont ton âge et ta vivacité t'empêcheraient de sentir toute Tobligation.

M É L A c fils.

Vous m'avez appris à respecter tous ceux qui sont sacrés pour vous. Ayez confiance aux prin* ' cipeà de votre fils ; ce sont les vôtres.

M É L A c père.

Mon ami^ tu commences ta carrière quand je finis la mienne ; et l'on voit différemment. L'intérêt du passé touche peu les jeunes gens ^ ils sacrifient beaucoup à l'espérance. Mais quand la vieillesse vient nous rider le visage , et nous courber le corps ; dégoûtés du présent , effrayés sur l'avenir, que reste-t-il à l'homme? L'unique plaisir d'être content du passé, (^d^un ton p/us ferme ) J'ai faix ce que j'ai dû ; je vous défends de me presser d'avantage.

M É L A c fils.

Les suites de cette journée me font mourir de frayeur.

M É L A G père.

Saint- Albap est géDéreu:^ ^ il oe se déterminera pas légèrement à perdrç unhoqome dont il a pensé du bien juiup'à ce jour.

Ah mon père ! si c'est là l'espoir qui soutient votre courage^ le mien m'abandonne entièrement. Saint-Alban (M notre ennemi.

M JE JL 4 c père«

Ne faisons point injure ^ mon fils y ^ celui qui n'écoute que la toijc de son devoir.

M É L A c fils.

11 aime Pauline. Il n'est revenu que pour elle^ il me croit son rival* Jugez s'il nous haii^ et si la jalousie ne lui £era pa$ pou^^er les ç.ho3e9fff

M * i. A C pèpe.

Elle pourrait l'indisposer; mais quelle apparence que Saint-Alban?

M É L A c fils.

En me confiant ce secret ^ Pauline ne m'a pas caché combien elle s'alarme pour vous.

M É L A c père.

D'où aaitrait Sa jalousie ? — Nuire k $e$ des-

nja LES DEUX AMIS,

seins ! Nous ! Y a-t-il ua seul instant de notre yie

où nous ne missions pas tous nos soins à faire

entrer Aurelly dans des yues aussi istvantageuses

pour sa nièce # s'il avait la folie de s'y refuser?

Courez donc le tirer d'erreur ^ mon^. — Mais

non : il convient que ce soit moi-même ; et ce

soir

( Il fait un mouvement pour sortir. )

Mélac fils se mettant devant lui.

Ah ! mon père ^ arrêtez Elle m'aime , elle

vient de me Fa vouer. N'aurai-je donc reçu sa foi que pour la trahir à Tinstant ?

Mélac père^ surpris.

Reçu sa foi !

Mélac fils.

Le premier usage que je ferais des droits qu'elle m'a donnés ^ serait de les transmettre à mon ennemi I

Mélac père s^échauffant.

Des droits? Quel discours! Quel délire!

Mélac fils.

La céder à Saint ^Alban^ me couvrirait de honte inutilement.

Mon fils.....

A C T E I I 1. ajS

P'auliné outragée me méprinraU ^s ratifier cet indigne traité»

MéLAc père^ en colère*

Quoi donc ^ Monsieur I Me croyez-voud déjà ÈÏ méprisable ? Mon infôrtime a-t-elle éteint en vous le respect? Vous ne n^i^écôutez plus«*«..

. Mij^AC fils*

Ah mon père ! Ah Pauline !

M É L A c père.

Vous seriez^Yous flatté qu'elle se donnerait à TOUS malgré son oncle ? vous la connaissez maL Aurelly n^à jamais eu de yues sur vous : j'en suis certain. Quels sont donc vos projets ?

M É L A c fils«

Je suis au désespoir.

r I Il II 'Il ' ,.i]i if I iwqegtqe^aag 'ifiiii'mi y»

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