SCÈNE PREMIÈRE
MÉLAC père, MÉLAC fils.
Mélac père, at^c chcLgrin.
£ me suivez pas ^ mon fils»
Mélac fils.
Eh I le {>uÎ5-je > mon père !
Mélac père.
Jejyous Tordonne*
Mélac fih.
' Vous abandonner dans un moment si fiU^heux !
Votre douleur m'importime elle m'ofiense.
Mélac fi]s.
Je c(»iiats trop mon père , pour soupçonner rien qui lui soit injurieux. Mais si yotre bonté me laissait percer un mystère
M É L ▲ c père.
Mon fils !
M É L A c fils.
Refuserez-vous de m*indiqacr les moyens de vous sçrvir ? d'adoucir au moins vos peines ?
M É L A c père.
Il est des devoirs dont ton âge et ta vivacité t'empêcheraient de sentir toute Tobligation.
M É L A c fils.
Vous m'avez appris à respecter tous ceux qui sont sacrés pour vous. Ayez confiance aux prin* ' cipeà de votre fils ; ce sont les vôtres.
M É L A c père.
Mon ami^ tu commences ta carrière quand je finis la mienne ; et l'on voit différemment. L'intérêt du passé touche peu les jeunes gens ^ ils sacrifient beaucoup à l'espérance. Mais quand la vieillesse vient nous rider le visage , et nous courber le corps ; dégoûtés du présent , effrayés sur l'avenir, que reste-t-il à l'homme? L'unique plaisir d'être content du passé, (^d^un ton p/us ferme ) J'ai faix ce que j'ai dû ; je vous défends de me presser d'avantage.
M É L A c fils.
Les suites de cette journée me font mourir de frayeur.
M É L A G père.
Saint- Albap est géDéreu:^ ^ il oe se déterminera pas légèrement à perdrç unhoqome dont il a pensé du bien juiup'à ce jour.
Ah mon père ! si c'est là l'espoir qui soutient votre courage^ le mien m'abandonne entièrement. Saint-Alban (M notre ennemi.
M JE JL 4 c père«
Ne faisons point injure ^ mon fils y ^ celui qui n'écoute que la toijc de son devoir.
M É L A c fils.
11 aime Pauline. Il n'est revenu que pour elle^ il me croit son rival* Jugez s'il nous haii^ et si la jalousie ne lui £era pa$ pou^^er les ç.ho3e9fff
M * i. A C pèpe.
Elle pourrait l'indisposer; mais quelle apparence que Saint-Alban?
M É L A c fils.
En me confiant ce secret ^ Pauline ne m'a pas caché combien elle s'alarme pour vous.
M É L A c père.
D'où aaitrait Sa jalousie ? — Nuire k $e$ des-
nja LES DEUX AMIS,
seins ! Nous ! Y a-t-il ua seul instant de notre yie
où nous ne missions pas tous nos soins à faire
entrer Aurelly dans des yues aussi istvantageuses
pour sa nièce # s'il avait la folie de s'y refuser?
Courez donc le tirer d'erreur ^ mon^. — Mais
non : il convient que ce soit moi-même ; et ce
soir
( Il fait un mouvement pour sortir. )
Mélac fils se mettant devant lui.
Ah ! mon père ^ arrêtez Elle m'aime , elle
vient de me Fa vouer. N'aurai-je donc reçu sa foi que pour la trahir à Tinstant ?
Mélac père^ surpris.
Reçu sa foi !
Mélac fils.
Le premier usage que je ferais des droits qu'elle m'a donnés ^ serait de les transmettre à mon ennemi I
Mélac père s^échauffant.
Des droits? Quel discours! Quel délire!
Mélac fils.
La céder à Saint ^Alban^ me couvrirait de honte inutilement.
Mon fils.....
A C T E I I 1. ajS
P'auliné outragée me méprinraU ^s ratifier cet indigne traité»
MéLAc père^ en colère*
Quoi donc ^ Monsieur I Me croyez-voud déjà ÈÏ méprisable ? Mon infôrtime a-t-elle éteint en vous le respect? Vous ne n^i^écôutez plus«*«..
. Mij^AC fils*
Ah mon père ! Ah Pauline !
M É L A c père.
Vous seriez^Yous flatté qu'elle se donnerait à TOUS malgré son oncle ? vous la connaissez maL Aurelly n^à jamais eu de yues sur vous : j'en suis certain. Quels sont donc vos projets ?
M É L A c fils«
Je suis au désespoir.
r I Il II 'Il ' ,.i]i if I iwqegtqe^aag 'ifiiii'mi y»