‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 140 sur 199 · ACTE PREMIEJV · texte numérisé non relu

ACTE PREMIEJV

Ma chère Rosine I

Figaro»

Monseigneur y je ne suis plus en peine des motifs de votre mascarade ; tous faites ici l'amour en perspective.

Le Comte.

Te voilà instruit ; mais si tu jases.»**.

Figaro.

Moi , jaser I Je n'emploierai point pour vous rassurer les grandes phrases dhonneur et de dévouement dont ont abuse à la journée ; je n'ai qu'un mot : mon intérêt vous répond de moi ; pesez tout a celte balance^ et

Fort bien. Apprends donc que le hasard m'a fait rencontrer au Prado , il y a Six mois , une jeune personne d'une beauté I.^... Tu viens de la voir. Je l'ai fait chercher en vain par tout Madrid. Ce n'est que depuis peu de jours que j'ai découvert qu'elle s'appelle Rosine, est d'un sang noble , orplieline et mariée à un vieux médecin de cette ville , nommé Bartholo.

Figaro.

« Joli oiseau ma foi ! difficile à dénicher ! Mais qui vous a dit qu'elle était femme du Docteur?

4a6 LE BARBIER DE SÉYILLE,

Tout le monde.

C'est une histoire qu'il a forgée en arrivant de Madrid y pour donner le change aux galants et les écarter ; elle n'est encore que sa pupille , mais bientôt.....

Le Comte vipement.

Jamais. Ah quelle nouvelle ! J'étais résolu de tout oser pour lui présenter , mes regrets; et je la trouve libre ! Il n'y a pas im moment k perdre ; il faut m'en faire aimer , et l'arracher à l'indigne engagement qu'on lui destine. Ta connais donc ce tuteur ?

Figaro.

Comme ma mère.

Le Comte.

Quel homme est-ce ?

Figaro vivement.

C'est un beau gros, court, jeune vieillai*d , gris-pommelé , .rusé , rasé , blasé , qui guette et furète et gronde et geint tout-à-Lvfois.

Le Comte impatienté. ^

£h ! je l'ai vu. Son caractère ?

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