ACTE IV. i
SiB. Gharlbs.
Je me suis annoncé sous le nom de Campley , quoique ce ne soit pas le mien.
Le Comte.
Ma sœur me mande qu'une affaire d^honneur tous force à le déguiser ici. .
Sir Charles.
Contre mon Colonel. Il me poursuit j mais vous jugez à ce qui m'arrive, quel homme est cet adversaire.
Le Comte.
Cela est horrible ! nous en parlerons demain. Vous ne me quitterez pas de la nuit, crainte d'accîdent : je vous ferai donner un lit chez moi. J'éprouve cependant un singulier embarras à votre sujet.
Sir Charles.
Ordonnez de moi , je vous prie.
Le Comte.
La circonstance m'oblige à vous Étire un aveu. Je suis attendu dans cette maison pour une explication secrète : j^y venais à pied^ lorsque j'ai eu le bonheur de vous être utile.
[ Sir Charles souriant
\ Ne perdez pas avec moi un tems précieux.
i56 EUGÉNIE,
Non : ce n'est pas ce que vous pensez sûrement. Mais TOUS sayez. que les mariages d'intérêt rompent souvent des liaisons agréables : c'est précisément mon histoire. Une fille charmante qui s'est donnée à moi ^ et que j'aime à la folie , loge ici depuis quelques jours avec sa famille ; elle a eu vent de mon mariage y on m'a écrit ce soir : je viens... assez embarrassé , je l'avoue.
Sir Cuarl£2>.
C'est une grisette ^ sans doute ?
Le Comte.
Ah , rien moins ! Voil^ ce qui m'afflige et qui m'embarrasse. J'ai même un soupçon que ceci pourra bien avoir un jour des suites... Il y a un frère— Mais je crois entendre le signal convenu. Soufl&ez que je vous laisse un moment au jardin : vous voyez jusqu'où va déjà ma confiance en votre amitié* {Le Comte le mène au jardin, r^i^ient et ferme la portje après lui.)