‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 49 sur 199 · ACTE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE IV. i

SiB. Gharlbs.

Je me suis annoncé sous le nom de Campley , quoique ce ne soit pas le mien.

Le Comte.

Ma sœur me mande qu'une affaire d^honneur tous force à le déguiser ici. .

Sir Charles.

Contre mon Colonel. Il me poursuit j mais vous jugez à ce qui m'arrive, quel homme est cet adversaire.

Le Comte.

Cela est horrible ! nous en parlerons demain. Vous ne me quitterez pas de la nuit, crainte d'accîdent : je vous ferai donner un lit chez moi. J'éprouve cependant un singulier embarras à votre sujet.

Sir Charles.

Ordonnez de moi , je vous prie.

Le Comte.

La circonstance m'oblige à vous Étire un aveu. Je suis attendu dans cette maison pour une explication secrète : j^y venais à pied^ lorsque j'ai eu le bonheur de vous être utile.

[ Sir Charles souriant

\ Ne perdez pas avec moi un tems précieux.

i56 EUGÉNIE,

Non : ce n'est pas ce que vous pensez sûrement. Mais TOUS sayez. que les mariages d'intérêt rompent souvent des liaisons agréables : c'est précisément mon histoire. Une fille charmante qui s'est donnée à moi ^ et que j'aime à la folie , loge ici depuis quelques jours avec sa famille ; elle a eu vent de mon mariage y on m'a écrit ce soir : je viens... assez embarrassé , je l'avoue.

Sir Cuarl£2>.

C'est une grisette ^ sans doute ?

Le Comte.

Ah , rien moins ! Voil^ ce qui m'afflige et qui m'embarrasse. J'ai même un soupçon que ceci pourra bien avoir un jour des suites... Il y a un frère— Mais je crois entendre le signal convenu. Soufl&ez que je vous laisse un moment au jardin : vous voyez jusqu'où va déjà ma confiance en votre amitié* {Le Comte le mène au jardin, r^i^ient et ferme la portje après lui.)

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