‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 94 sur 199 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MELAC père , se promenant.

Ejntre une action criminelle et un acte de vertu , Fon n'est pas incertain.... Mais avoir à. choisir

a4o LES DEUX AMIS,

entre deux devoirs qui se contrarient et s'excluent...» Si je laisse périr mon ami ^ pouvant le sauver ^ mon ingratitude.... son malheur.... mes reproches.... sa douleur..... la mienne.... Je sens tout cela.... Mon cœur se déchire. Si je dispose un moment, en sa faveur^ des fonds qu'on me

laisse Après tout ils ne courent aucun risque.

( // soupire. ) Scrupules ! prudence I je vous entends : vous m'éloignez du malheureux qui soufifre^ mais la compassion qui m'en rapproche est si puissante !...Voudrais-je être plus heureux^ à condition de devenir dur^ inhumain, ingrat ?.... — C'en est fait; où la raisou est insuffisante, le sentiment doit triompher : s'il m'égare, au moins je serai seul à plaindre ; et mon ami sauvé , mon malheur ne me laissera pas sans consolation.

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