ACTE II. aSS
TOUS n^arez pas beaucoup de recereurs de cette fidélité : il est exact et toujours prêt. Il ne &it pas trayailler vos fonds, lui.
SjLiTi t-Al ban»
Nous estimons trop monsieur de Mélac pour lui£aire un mérite d'une chose aussi simple. Commençons donc par enyoyer cet aident si désiré. Alors f dégagé de tous soins , je pourrai jouir da plaisir de philosopher quelques jours avec you8%.
( Mélac père paraît plongé dans une profonde réi^erie* Saint^Alban continue à Aurelly. )
A propos y Monsieur , tous ne me dites riea de mademoiselle votre nièce, la plus aimable..»»
< Monsieur , il lui est arrivé un grand malheur.
Sàint-Albàn. /
Un malheur I
Oui Monsieur. Elle avait arrangé pour ce soir le plus beau, le plus brillant concert....
Saint-Alban.
Qui peut ayoir renversé ce charmant projet?
^54 lesdeuxàmis,
Faut-il lé demander ? noire philosophe. Il nous a remontré qu'en ce temps âe crise , mille honnêtes gens étaient peut*ètfe au xïésespoir sur les payements p et que ce ton de. fête«««w Voyez son air consterné dès .qu'on en parle» *
M é L à t - père, re^^enant à lui.
< Jc*o. }e. rêvais aux diverses sommes qui m'oni
été remises.
Saint-Al>an. ,
J'ai l'état ici. Environ cinq cent mille francs. Voulez - vous que nous passions dans votre cabinet?
M é L ▲ c père, embarrassé.
Si vous vous reposiez quelques jours?
£h mais tu pars !
Mélac père, plus trouble.
Je différerais....
SAINTrAxBAN%
Ah bon Dieu ! me reposer ! IL y a cinq nuits que je n'arrête point ; et ce n'est qu'après m'être biea assuré que tous les fonde db la: province
étaient en vos mains ^ que )«i repris ma route pour cette TÎlle.
Mélac père, à part.
Tout est perdu.
Saint-Alban, d^un ton d4gogé^ >
Je suis d'une paresse.4«.«r.« r^nnemi juré du travail. J'ai toutes les peineîjdu qiondeàm'^racher à Tinaction, pour m'occuper d'affaires ; mais aussi , quand je suis hxitè y jé ne m'arrête plus que tout ne soû iç^HiÂi^é^ Uq(Ha;s^b t>l9À$mt que cette impatience d'être oisif .qp^ ii#i2j)é lieu du mérite contraire aux yeux de ojia compagnie.
Moi, je vous conseille de you* enfermer avant le diner ; la diligence part cette nuit, vous pourrez y placer le caÎBsan.
Saint-Alban.
C'est bien dit.
S'ils font les diffî^c^es., iJa ont un fort ballot k moi ; votre argent prendra sa place ; iJ. ett []Okjs pressé que mon epvoi^
S A I N t-Alba ir.
Rien de plus obligeant.
A TJ R E L L Y.
Allons^ allons^ débarrassez-vous la tête.
Mélac père, outré, à Awrelly*
Et TOUS n'embarrassez pas la yôtre , mon
officieux ami.
Comment donc I
Mèlag père y déconcerté, à Saint^Alban.
Monsieur , vous me prenez dans un moment.. •; au dépourvu.*..
Sàint-Alban.
Que dites-vous, Monsieur?
Mélac père.
Je dis.... {à part. ) Ah I je sens la rougeur qui me surmonte.... Il faut l'avouer; ce que vous me demandez est impossible.
Sain t-A l b a n.
Impossible ! Et vous partiez ?
Mélac père* U est vrai.
S Aiiv t-Al ban.
Savez-vous, Monsieur, quels soupçons l'on pourrait prendre ?....
A u K E L L Y wi^ement.
Fi donc ^ monsieur dé Saint- Alban !
Saint-Alban, à Aurelfyé
Je TOUS demande pardon ; mais Tair , le ton ^ les discours me paraissent si clairs. Ge yoyage....
N'y a-t-îl pas mille raisons .?...4
Sàint-Alban«
Un instant^ je vous prie. — Arez-vous touché le montant de toutes les recettes , Monsieur de Mélac?
MèlAc père, accablée
Je ne puis le nier.
Saint-Alban«
PouYez-vous faire partir aujourdliui tout l'argent que vous devez avoir? (Mélac père ne repond rien. ) Parlez , Monsieur ; car mes ordres ,sont tels que ^ sur votre réponse , il faut que je prène un parti sur-le-champ.
Mélac père réi^e, sa tête appuyée sur sa maïn.
Ad KELLY wi^ement.
Vous ne répondez pas?
Thédtœ I. 17
258 LES DÇDX AMIS,
Mélac pèr6^ outre, à Aurelfy^
Cruel homme I ( A Saint^AWan , d^un air accablé. ) Je ne le puis ^ avant trois semaines au moins.
Trois semaines ! Il ne m'est pas permis d'ac* corder trois jours. L'argent est annoncé. — C'est avec regret^ Mopsieur.....
Je ne saurais Tempécher : mais jamais tant de douleurs à la fois n'ont açs^li un honnête homme. ( // siort. )
AuRELLT criant.
Vous sortez î
se È N E XI.
AURBLLY, SAINT-ALBAN.
SAIfiT-ALBASr^
JL concevez-Tous guelque chose?
Je CTois que la tête lui a tourné.
Sain t-A l b a n.
Vous sentez que je ne peux me dispenser
lîe prenez point encore de parti.
3aint-Alban.
Monsieur...» (juoi que vous puissiez dire...
Ayez confiance en moi. Mélac n'est pa^ capable d'une ^action vile ni malhonnête.
Saint-Alban.
Songez donc qu'il partait. Je répondrais de ^événement à ma compagnie.
A u R E L L Y n^wernenU
Monsieur.... .. Vous allez perdre un honnête
homme ^ son fils, son état^ son bonneur^ tout est abîmé, ruiné.
Saint-Alban. '
J'^ensuis au désespoir; mais, n'étant que chargé d'ordres ^ il ne m'est pas permis de faire des grAces.
K'a-A-il pas ces cautions ? Que rouIez-Tous de
:i6o LESDEUXAMIS,
plus ? Je me fais garant de tout. Donnez-moi le temps d'éclaircir....
Sàint-Alban.
Un mot , à mon tour. Je ne dois pas prendre le change. Il ne s'agit plus de caution ici. C'est cinq cent mille francs qu'il faut , que j'ai annoncés y que la compagnie attend : avancerez- TOUS cette somme aujourd'hui ?
A la veille du paiement ? Tout le crédit du plus riche banquier ne lui ferait pas trouver un sac dans Lyon.
Il ■ ■