‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de BeaumarchaisChapitre 12 sur 25 · D É N O N C I A IM O N · texte numérisé non relu

D É N O N C I A IM O N

Ile M. Goëzman au Parlement.

Après un préambule inutile a mon affaire^ il continue ainsi : Je me vois forcé de dénoncer a la Cour unp de ces voies de séduction que la mauvaise foi des plaideurs met en usage pour

MÉMOIRES. i5

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corrompre les juges ou ceux qui les eutouren!/, etçyetc.

Ayant appris que le sieur Caron de Beaumarchais répandait des bruits calomnieux sur mon compte; et voulant m'en éclaircirpar moi-même, j'ai reconnu, en interrogeant ma femme, que ledit Caron ^ après avoir essayé de la séduire par une o£fre de présents considérables y ]your parvenir à gagner mon suffrage dans le procès dont j'étais rapporteur , et qu'il a perdu diaprés mon ai^is , a. empoisonné dans le public le mépris et l'indignatioa avec lesquels ma femme a rejeté ses offres malhonnêtes. J'ai fait venir ensuite l'agent qui avait eu la faiblesse de se rendi e négociateur de ces-présents, et qui , peut-être moins armé contre la séduction que ma femme , a tout déclaié devant moi et devant d'autres personnes respectables , etc- etc.

CoDEune je sais que le pardon des offenses est une. des premières vertus des magistrats, Je ne me rends point ^accusateur du sieur de Beaumarchais , pour qu'on ne me taxe pas d'avoir fait cette dénonciation par esprit de vengeance ou de ressentiment : mais si la Cour se trouvait offensée qu'un plaideur eût tenté de corrompre un de ses membres pour gagner son suffrage et l'eût ensuite calomnié y elle serait la maîtresse , etc. etc*

Signé GoEZMAW.

i53 MÉMOIRES.

Ainsi donc vous ne m'accusez pas , Monsieur; vous me dénoncez seulemcânt à la Cour , comme corrupteur et calomniateur : c'était bien le moins que pût faire un homme généreux comme vous Têtes y mais aussi grièvement offensé.

En vous rendant grâces de cet excès dTionnêteté , je vais procéder avec vous d une iaçcm plus noble encore ; car je ne vous dénoncerai ni ne vous accuserai ; et cependant vous allez voir s'il y a lieu à l'un et à l'autre.

Quoi , Monsieur, fai voulu vous corrompre !

Est-ce bien sérieusement que vous l'avez dit? Eh! mais, l'intervalle de sept personnes entre vous et moi que j'ai établi dans mon premier mémoire,'et le raisonnement qui le suit, ne vous ontdonc pas convaincu que je n'ai pu ni dû, d'aussi loin , former l'absurde projet de vous corrompre?

J^ai voulu gagner votre suffrage ! Moi?

Ceci vaut la peine d'être examiné. Lorsque vous avez voulu Sdiso'vr si j'avais cherché à vous corrompre ou non, qui avez-vous interrogé? Madame Goëzman. Voulant m^ en éclaircirpar moi-même , fai reconnu , en interrogeant ma

femme j etc C'est donc uniquement sur la foi

de madame Goëzman que vous m'avez dénoncé pour ai^oir voulu gagner votre suffrage ? Mais cette même Dame, dans son récolemeut que vous lui avez dictée auquel elle entend se tenir, comme

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ayant eu , ce jour-là de prédilectioa, Fesprit aussi net que le corps ^ la tête aussi libre que la démarche^ a fait écrire cette phrase remarquable : Jtf déclare que le-Jay ne m! a pas présenté d^ argent pour gagner le suffrage de mon mari qu^on sait bien être incorruptible ^ mais qu^il sollicitait seulement des audiences pour le sieur dç Beaumarchais.

Or, si elle a dit vrai dans le récolement, vous avez donc dit faux dans la dénonciation? Si elle avait sa tête à elle en dictant au greffier que le^ay ne sollicitait que des audiences ^ elle ne l'avait donc pas en vous assurant qu^il cherchait à vous corrompre en mon nom , par son canal ? Mais vous êtes le mari de cette Dame: Eh! qui doit savoir aussi bien que vous quand on peut compter ou non sur ses paroles? Dans Tliypotlièse raisonnable d'un ménage aussi bien uni que le vôtre, un mari peut-il s'y tromper? Que n'attendiez - vous quelques jours pour minuter cette fatale dénonciation? Vous n'auriez pas compromis votre équité devant la Cour. 11 est dur aujourd'hui de ne pouvoir vous sauver de la mauvaise foi , qu'en avouant une imprudence également impardonnable à l'époux et au magistrat!

Vous dites qu'elle a rejeté Vor avec indigna^ tion et mépris ?

Il ne vous souvient donc plus qu'il est prouvé

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au procès que, loin d^avoir montré mépris^ ni indignation poiu' les rouleaux , elle est convenue les avoir reçus , serrés et gardés au moins un jour et une nuit? Cette dénonciation-là ne biille pas par Texaclitude; et cependant c'est d'api 05: elle que je suis décrété !

Et Le-Juy ax>us a , dites-vous , certifié les mêmes choses r/ue madame Goëzman ?

Mais lui en se rétractant, et moi en vous discutant, nous avons assez bien établi, ce me semble , que vous aviez instigué ce malheui*eux à publier, à son escient et au vôtre, une horribk fausseté verbalement et par écrit? Cependant vous êtes libre et je suis décrété !

Ensuite vous prétendez que je "vous ai car lomnié?

Quand j^iurais dit à tout le monde ce qui s'était passé entre madame Goëzman et le-Jay , n'est-il pas prouvé maintenant que je n'aurais calomnié personne? Mais lorsque vous m'avez dénoncé ^ vous ne pouviez savoir si j'en avais parlé , puisqu'aujourd'hui que l'instruction est finie , ce fait n\t pas même été articulé une seule fois au procès; ainsi , soit que j'en eusse parlé ou non; en me dénonçant comme calomniateur, il est bien prouvé que c^ est vous qui m^auez calomnié. Oh! la misérable dénonciation ! '.

Enfin, avec une ostentation de. générosité qui

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n^ea impose à personne, vous faites remarquer à la Cour que vous ne voulez pas vous rendre mon accusateur; lorsque sur-le-champ vous m'accusez devant elle, eu disant : Mais si la Cour se trouvait offensée qiCun plaideur eût tenté de corrompre un de ses membres pour ga-^ gner son suffrage ^ elle serait m,aitressey etc. etc. Pour le corrompre! pour gagner son suffrage! cette phrase a bien de l'attrait pour vous! je croyais vous en avoir dégoûté. Mais qu'est-ce que je dis ? votre dénonciation était faite avant la procédure, et je vous rends bien la justice de croire que si elle était a faire aujourd'hui, vous vous en abstiendriez ; vous rougiriez au moins d'y faire parade de cette première vertu des magistrats^ le pardon des offenses; vous! qui,, pouv perdre un homme innocent, osez lui supposer des crimes. Avant d'hêtre généreux. Monsieur , il faut être juste.

Eh ! depuis quand le droit de juger les autres , dispenserait- il d'être juste soi-même (disait Gicéron, plaidant contre Verres devant le peuple romain ) ? Si vous ne réprimiez pas de pareils abus, sénateurs, le puissant ne se mettant au-, dessus des lois que pour traiter les faibles comme s'ils étaient au-dessous , il n'y aurait plus de loi pour personne. On verrait le pouvoir substitué au droit, l'arbitraire à la règle; ou si l'on retc-

nait encore un vain simulacre de justice^ ce serait pour en abuser plus sûrement à la faveur des formes. Les procès se termineraient encore; mais on ne jugerait plus , on déciderait. Ce désordre né de la corruption, l^engendrant bientôt à son tour, on verrait Tavidité pressurer la crainte, et Targent tenir lieu de tous moyens; on verrait les suffrages vendus au plus ofirant, et les raisons de chacun évaluées au poids de son or : on ne compterait plus les voix , mai» les sesterces (i) : le péculat effronté siégerait sans pudeur , et la frayeur de perdre , ou Tespoir de dépouiller y soumettant également les bon^ et les méchants , on serait enfin parvenu au dernier degré de la corruption universelle, et TEtat se** rait dissout.

Le sénat entendit Torateur. 11 condamna Verres ; et tout le peuple applaudit. Mais Verres n^attendit pas son jugement. Que manque-t-il à ma cause? Un défenseur plus éloquent : elle est juste et semblable à celle des*Siciliens : Le Parlement écoute mon plaidoyer, et les Français ont des mains pour applaudir comme le peuple de Rome.

Puisque le Sénat, le Parlement , Cicéron , Verres, vous et moi , nous convenons tous qu'il

(i) Monnaie romaine.

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faut être juste; nous expliquerez -vous enfin , Monsieur, la conduite que le-Jay , dans ses interrogatoires, assure que vous avez tenue envers lui, depuis qu'il vous a fait ces deux monstrueuses déclal*ations ? Ecoutons -le encore parler luimême. Sa naïveté a une grâce qui me charme toujours. Hélas ! p'est-elle qui a touché le Parlement. Aussi éclairés qu'équitables , les juges ont reconnu , même avant les preuves , au ton simple et vrai qui règne dans ses réponses , qu'elles étaient dépouillées d'artifice, et ils l'ont remis en lijDerté. .

Le-Jay interrogé s'il n'a pas été, depuis la seconde déclaration, chez M. Goëzman, a répondu ; ce que ce magistrat Ta envoyé chercher )) une troisième fols; que Iç lendemain matin, il » rencontra le magistrat au coin de la rue de » l'Etoile, à pied, venant au Palais , suivi d'un » seul domestique, et qu'il lui dit : Monsieur , je )) venais a vos ordres; qu'à cela M. Goëzman, tou- M jours marchant, répondit, d'un ton amical ; mon )) cher monsieur le-Jay , je vous ai em^ojé cher^ » cher y pour vous dire que vous soyiez sans in- » quiétude; j'ai arrangé les choses de manière )) que vous ne serez EjuTEîiDV au procès que conmE » TÉMOIN, et non comme accusé; que lui accusé^ )) répliqua : Monsieur y je vous suis obligé : mais » je venais aussi pour vous dire la vérité comme

» elle est. La vérité est que je n^ai consenti à » mentir dans les deux déclarations, que pressé » par les vives sollicitations de Madame , en Fâs- )) surant bien que si l'on me fesait^aller en justice , » je ne soutiendrais jamais le mensonge qi^onme » iesait faire ; et qu'elle m'a toujours répondu : » n'ayez pas peur; ce que nous exigeons de yoas » n'est que pour faire taire cette canaille Sur ks » quinze louis ; cela n'ira pas plus loin. : et tous )) savez bien , Monsieur, que quand M. le premier » Président m'en a parlé l'autre jour devant vous, )) j'étais tout tremblant, à cause de vott*e préseace » qui m'empêchait de lui dire la vérité ; et qu'a- » lors il remit devant les yeux de M. Goëznian> » les choses telles qu'elles s'étaient passiées, sur )) les cent louis , la montre et les quinze louis , tt » telles qu'il nous les a dites dans le présent in- » terrogatoire : que M. Goëzman l'écoutait impa- » liemment, et finit par lui dire, y^e/z suis fâché » pour vous y mais il n'est plus temps : ( il n'est » pins temps ! ) vous avez fait deuoc déclarations ^

)) et MA FEMME VOUS EN SOUTIENDRA LE CONTENU

» jusqu'à i<a fin : si vous variez, ce sera tant pis

i) POUR VOUS. \

» Qu'en ce moment étant anrivés au Pont* » Rouge, M, Goézman luiditr^W^. le-Jay^il » n^est pas nécessaire qu^on nous voie plus loin » ensemble :- quitte z-^moi ici ; et qu'ils se quitté-

MEMOIRES. iSg

» rent.t» Et lebonle-Jay ajoute : « nous parlions w si haut , que le domestique a dû tout entendre ; *) il dira bien si je dis vrai, ou non. » Comme ce seul trait peint un homme naïf ! il^prend à témoin le valet de M. Goëzman ! O bon le-Jay !

Ceci me rappelle qu^à sa confrontation avec madame Goëzman, ne trouvant plus de ressources dans son éloquence contre les délégations obsti- ^ nées de la dame, sur les quinze louis ^ il lui dit, [ avec la chaleur ingénue d'un écolier : si vous ne ( voulez pas convenir , Madame , que vous avez l les quinze louis , je suis donc un fripon , moî qui \ ojous les ai remis ? Mais quoiqu'il répétât cette phrase trois ou quatre fois , jamais madame iGoëzman n'eut le courage de lui répondre autre •chose , sinon , jfs ne dis pas que "vous soyiez un fripon ; mais "vous êtes une grosse béte , une franche tête a perruque : et grâces à l'équité de ;M. de ChazaI , ce trait important fut couché par 'écrit. Plus outré encore , il lui disait un moment ^ après , et toujours sur ces quinze louis : eh bien! 'Madame , prenons - nous à brasse - corps et jetons-nous par la fenêtre , on verra bien en bas jqui de nous deux était le menteur. Ou la main dans le feu , Madame ; comme il vous plaira : choisissez. Je ne sais si cela fut écrit. Il serait ffloalheureux qu'on y eut manqué. En tout cas, je ixe doute point que M. de Ghazal, commissaire-

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rapporteur^ qui était présent , ainsi que l^^effier, ne rendent compte à la Cour de Teffet qu'ont dil produire sur^ lui ces circonstances , qui me pa* raissent à moi^ de la plus grande force , pour discerner la vérité du mensonge. On se doote bien que madame Goëzman n'acceptait rien; parce qu'en effet rien n'était acceptable. M^is! que le refus ici est loin d'ôter le prix à ces pro- Yocations naïves et fougueuses !

Après avoir parlé des naïvetés du sieur le- Jay, faut-il en taire une excellente de madame Goëzman 9 que le rapporteur eut aussi l'équité de £ûre écrire ? Le-Jay , reprochant à la dame qu'elle était cause de tout le mal^ lui disait : « cela ne f&t » pas arrivé ^ Madame , si vous eussiez voulv » croire M. de Sariine , lorsque vous lui mon« » trâtes devant moi la première déclaration , et | » qu'en la parcourant légèrement , il vous dit : » à votre place , Madame , je laisserais tout cela; ))^ ce sont de mauvais propos qui, n'ayant pas de » fondement, tomberontd'eux-mcmes. » Madame Goëzman , entraînée par la chaleur de le-Jay , répond sans y songer; etnjous! béte que vous êtes ï si "VOUS aidiez soutenu que cela n^ était pas vrai , comme je vous Faisais dit , nous ne serions pas ici. Ce trait ne fut pas plutôt échappé , qu'elle fit tous ses efforts pour empêcher au moins qu'on ne l'écrivît, mais le-Jay le demanda avec tant

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d^instances, que celles de madame Goëzmaa farent inutiles ; et tout fut écrit exactement. En générai la plus scrupuleuse exactitude a présidé à rinsiruction de ce procès bizarre : ce Êiible kommage que je i^ends à l'iniégrité des rappor-i téurs, est d^autant moins équivoque de ma part > qu'on ne me soupçonnera pas de le prodi^ef légèrement et sans choix.

Finissons : La sueur me découle du front , et je suis essoufflé d'avoir parcouru d'un trait une carrière aussi fatigante. Attaqué dans la nuit , usant du droit d'une défense légitime, je viens de m'élancer sur celui qui me frappait ; le saisir au collet, m'y cramponner, l'entraîner malgré Sa résistance , au plus prochain fanal , et ne l'abandonner au bras qui veille a la sûreté commune , qu'après l'avoir bien reconnu et fait connaître aux autres. Arrêtons-nous donc , et posons la plume en attendant qu'on nous réponde. Bien remonté pour souffrir, et prêt à recommencer, je ne dirai pas , comme M. Goëzman : // n^est plus temps. 11 sera toujours temps pour moî.

// n^est plus temps l cette horrible phrase a ranimé mes forces. Il is^est plus temps ? Quoi ! Monsieur, il anive un fiioment où il n^est plus temps de dire la vérité ! un homme a signé , par faiblesse pour vous , une fausse déclaration qui

Mém,oîreà. I. 1 1

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peut perdre a jamais plusieurs Uonnéies geni; et parce que son repentir nuirait k vos ressenti oientSi il n'est plus temps d'en montrer I Voilà de cci idées qui font bouillir ma cervelle et me soulèvent le crâne. // n'est plus temps ! Et vous êtes magistrat ! Où sommes-nous donc, grand Dieu I Oui| je le dis , et cela est juste ; il faudrait pendre le- Jay s'il eût été capable d'inventer à son interrogatoire , // n'est plus ttwips. Mais puisque ces terribles mots ont frappé plusieurs ibis l'oreille des juges , et que le Jaj ^ loin de descendre au cachot, a été remis eu liberté le même jour; on a donc senti qu'il ne les avait pas inventés. -^On a faitplusy on a réglé TafTairek l'extraordinaire»^ Je vous entends , et j^en rends grâces au Parlement. Mais voilli, sans mentir^de terribles phraseï attribuées li M. Goë;dman.

Et celle-ci : mon cher Monsieur le- Jay ^soyei sans inquiétudes , j'ai AliIu^GÉ li:s cuosks de façon (jue vous ne serez entendu que comm TÉMOIN au procès , et non commk accusé. Voui avez arrangé les choses , Monsieur ! Défiositaire delà balance et du glaive , vous avez doue pour l'une deux poids et deux nn^surcs, et vous retenez h l'autre ou l'enfoncez à voire choix ; de façon L qu'on est témoin si l'on dit comme vous, accusé L si l'on s'en écarte ; innocent ou coupable aioâi u qu'il vous convient? Pour ce trait lii, par exemple; \'

comme il ne peut tomber dans là tête de personne , je défie à le*Jay de Tin venter en" cent ans. Vous nous Tâvez bien dit, madame le-Jay, avec une naïveté digne du temps patriarchal ; mon mari n^a pas assez <y esprit pour faire toutes ces délies phrases là. Félicitez-vous certes , de ce qu^il n'a pas ^'esprit d'en faire de pareilles.

Et cette autre : "vous avez fait deux déclarations : MA FEMME VOUS EN SOUTIENDRA LE CONTENU

jus^ju'a la fin. Non , non , le-Jay , bon courage, elle ne les soutiendra piiis ; ou si elle les soutient, elle se coupera, dira noir, dira blanc, avouera tout , se rétractera , n'aura qu'une conduite déplorable ; elle et son conseil perdront la tête : heureux encore si l'effet pouvait en être nul ! Enfin , ne trouvant plus de ressources dans leur art, ils Cuiront par mettre la nature au procès pour se tirer d'affaire.

Et celte autre phrase ; si "vous variez , ce sera TANT ris FOL R VOLS. Ne Ic croyez pas, bon le-Jay. Ecoutez l'aigle du barreau ; que vous dit M« Gerbier ? Ce que a)ous ai>ez de mieux à faire , Monsieur, est de revenir à la vérité. Si ce célèbre avocat n'a fait que son devoir en conseillant ainsi le-Jay , dans quelle classe rangerons-nous donc l'avis du magistrat ? 67 row^ variezyce sera tant pis pour vous. Quoi donc ! il sera décrété ? Vous l'accablerez de votrp crédit ? Marin opinera

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pour qu'il soit sacrifié ? N'importe ; il aura dit la Tériié» La Gazette u'est pas rSyangile ; et gràeea au cieK ^« Goëzman n'est pas le Parlement.

Et cette autre phrase eufin qui achèye le ta-^ bleau : monsieur le^Jay-y il n'est pas nécessaire qu'on nous 'voie plus loin ensemble ; quittezmoi ICI. On saurait que vous m'avez parlé; d'après; ce que vous m'avouez , tsi contraire à ma dénonciation y il faudrait que j' J^lsse de façon ou d'autre ; QUITTEZ-MOI ICI. Si l'on pouvait soupçonner cette j^ouvelle explication entre nous y cela me d(»me^ rait de nouveaux torts : il n'est pas nécessaire qi£on nous voie plus loin ensemble ; qvittez^ MOI ICI. Xe vous ai volontiers écouté dans lHq Saint- Louis ^ où il passe peu do monde; mais après le Pont-Rouge, sur la route du palais, cela ûre à conséquence pour moi , le pays est trop peuplé; QUITTEZ-MOI ICI. Le-Jay le quitta. Je Iq quitte aussi ;

Caron de Beaumarchais.

r DOÉ DE COMBAUT,)

MM. ) \ Ra

(DE CHAZALy \

pp.

D'après l'exposé de mon premier Mémoire , et les preuves annoncées dans le présent supplément, que j'ai acquises par la lecture de la procédure

lora des confrontations , je demande si la plainte rendue contre moi est fondée ; si je n*ai pas droit d'espérer une décharge entière ; et queHe voie je dois prendre pour obtenir dèS dommages-intérêts contre mon dénonciateur.

Signe, QàlVON D&BEALMARCHAft*

i66 MÉMOIRI/S.

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