M. DE VAN
lequel n estoit si posé ny si arresté qu'il n'ayinasl mieux tousjours de combattre et de venir au\ mains que de donner conseil contraire; et comme dict le mol, em mas valeroso y bravo capilan, que moderado y recatado; c'est-à-dire «car il estoit bien tousjours plus «vaillant et hasardeux capitaine, que modéré tel retiré.»
Aussy M. l'admirai Bonnivet le sceul très bien dire au conseil , quand ce vint à son rang de parler, que ledict M. de U Pallice donnoil conseil selon la coustume des vieux , et non selon la sienne , qui n'avoil jamais fuy de combat en sa vie ; et qu'alors ils avoient besoing qu'il les servist avec cesle tant valeureuse main qui , d'autres fois «voit souvent tant et tant exploicté de beaux combats, ores en telle nécessité; laquelle force, avec d'autres vaillantes qui luy aideraient , acquerrait la victoire et la gloire à son roy. Et quant à M. de La Trimouille et Sainct-Sevrin et Trivulsio, disoit-il, pour avoir soixante-dix ans, ils avoient perdu toute lear ancienne vigueur du passé, et parloient selon la volonté de leur aage ; mais qu'il ne vouloit encor panser que cestc noble et ancienne valeur de combattre tousjours , qu'on avoit veu en M. de La Pallice, pour quelque petite charge d'années se peust jamais refroidir.
Voylà les belles parolles que profera M. de Bonnivet sur la bonne opinion qu'il avoit de la vaillance de M. de La Pallice (disent les Kspaignols qu'il dict ainsy). Aussy ne fut-il poinct trompé ; car ce jour il fit d'aussy beaux combats que jamais il en avoit faicts au plus beau de son aage ; si bien , ce dict le comte , que son cheval luy ayant esté tué soubs luy , et après qu'il s'en fut desengagé et qu'il s'en alloit jetlcr à beau pied dans nos Suisses pour combattre encor à pied , vint le capitaine Castaldoà cheval , qui le prist prisonnier. S'estant rendu à luy de bonne guerre , vint après le cruel Buzarto , Espaignol , corne Iwntbre que ténia embidia del precioy loor de un tan gran prisionero à la cavaleria , lo matb cruelmente, encqrandole un grueso harquebuse à lacoraçe? c'est-à-dire, * comme homme qui t portoit envie du prix et de l'honneur d'un si i grand capitaine pris à la cavallerie, le tua • cruellement, luyaccarant une grosse harque- «buse de qualibre dans sa cuirasse. »Et par I
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ainsy mourut ce bon capitaine et honnorable seigneur, qui ne pouvoit mourir autrement; car qui a bon commancement a bonne fin.
Il y avoit, quelque temps avant, fort opiniastré à la journée de la Bicoque, pour ne la donner point (ce dict cemesmes livre), en alléguant force raisons que sa grande expérience luy avoit apprises , et.mesmes que de forcer son ennemy dans un logis si fort cl si advantageux pour la deffence pour eux , et très mal pour leurs vivres, il n'y avoit nul propos; et qu'en temporisant tant soit peu de les attaquer là , ils en sortiraient et se mettraient en telle oporlunité , qu'on les combattrait aisément , al egual ( dit le mot espagnol ). Mais M. de Lautrec , qui estoit le gênerai , se mettant sur son opiniastreté accoustumée et sur l'importunité des Suysses et d'Albert La Pierre leur couronel , voulut combattre. «Eh bien! (respondit M. de « \a Pallice ) que Dieu favorise donc aux fols «et aux superbes: quant à moy, afin qu'on «ne pense point que je refuse le péril , je m'en u vays combattre à pied avec la première infan- «lerie (ainsy le dict l'Espaignol); et vous ■ autres, gensdarmes français, combatte* si «vaillamment que Ion cognoisse qu'en tel cas « périlleux la fortune vous a plustost manqué que « non pas le courage. » Beau mot certes ! L'on combattit donc , et en advint la desfaicle de nos gens , et puis la perte de Testât de Milan. \& gloire fut grande pour les impériaux ; car les nosires esioient deux fois plus. Il y avoit quinze mille Suisses, lesquels, poussés (ce dict le livre) d'une superbeté opiniastre, et bravesse barbare , ou pour mieux dire fatale , menassoicnl d'investir l'ennemy du premier abord et l'emporter ; mais il arriva tout au contraire. Que s'ils eussent creu M. de La Pallice , capital! de mucltas guerras y victorias*, (ce dict le livre) tel malheur ne leur fusl arrivé.