‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 155 sur 361 · M. DR LA CROTTE · texte numérisé non relu

M. DR LA CROTTE

quelque chose de poids , car ce roy se cognolssok bien en gens. Ce messire Jacques de Dallion laissa un fils qui, pour ses mérites, fut gouverneur de la grande Guyenne jusque* au port de Tilles , y mettant le Poictou et autres pays. Il la gouverna très sagement, et jamais l'Espaignol n'osa rien entreprendre de son costé : pour le moins, aucunes entre prises qu'il fil M. du Lude les fit évanouir au vent.

Après luy mort, M. du Lude, messire Guy de Dallion, le dernier mort, fut gouverneur de Poictou , de laquelle charge il s'est acquitté dignement, et mesmes durant les guerres civilles , où il eut beaucoup à desmesler, car la pluspart du pays et des villes tenoient pour la religion, de laquelle ils estoient fort touchés. C'estoit un seigneur fort brave, vaillant, homme de bien , d'honneur et de grand munificence et libéralité. Il avoil esté en ses jeunes ans guidon de M. de Nemours, en quoy il fit beaucoup parler de luy, et mesmes au siège de Meiz , où il eut le guidon, par la mort de M. du Paillé, qui fut tué.

Ce M. du Lude a laissé un fils qui promet beaucoup de luy et a desjà faict belles preuves de soy. Voylà comment ceste noble et brave race va germant toujours de bien, je ne diray pas de mieux en mieux , par l'advis d'un grand personnage , qui disoit qu'il ne le falloit pas dire, d'autant que les enfans et nepveux ne vallent jamais tant que leurs pères et prédécesseurs : si en a-on bien veu plusieurs les surpasser; mais ceux-là sont rares. Toutesfois j'en alléguerais force si je voulois, mais possible à un autre discours.

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