‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 204 sur 361 · OY HENRY H · texte numérisé non relu

OY HENRY H

dames qui ont faict une fois profession de l'amour et peu sentir la jouissance. Geste dame pourtant fut une bonne et bonneste dame , et qui n'abusa jamais de sa faveur envers le monde.

Or, pour toutes ses amours , le roy n'abandonna son royaume, ny ses affaires, ny sa conservation, ny sa grandeur, ny rien de son honneur; ne se rendant nullement esclave à icelles dames , ny le menant par le nez comme un buffle, et comme force autres roys , princes et grands , dont les histoires en sont pleines ; ny le sueçant comme une sangsue ; mais luy, les aymoit par discrétion et modérément ; et, quand il en avoit affaire, en prenoil ses repas, comme d'autres de son disner et soupper. Bien leur donnoit et cslargissoit-il ses libéralités ; car toute femme d'amour, soit petite, soit grande, ayme que l'on luy donne ; aussy est-il raison qu'un bienfaict se paye par un autre bienfaict; mais d'y apporter et consommer tout son valoir, cela est très-reprochable. Voylà pourquoy ce grand roy est hors de ce blasme et reproche ; comme a esté aussy le roy Henry son fils , dont je parle, lequel a aymé comme a faict le roy son pere et autres roys, et s'est adonné aux dames, et mesmes à ceste grande dame de Valenliuois ; mais de s'y estre consommé, nullement ; autrement il n'eust sceu fournir à si grandes despenses qu'il luy a fallu faire pour les guerres , car pour un coup il s'est veu entretenir cinq grosses armées en la frontière de Picardie , où il se trouvoit tousjours, en Piedmont, en Corsegue et en Toscane , en une autre armée de mer, tant en levant qu'en Ponant, qui couste bien autant qu'une autre ; et à toutes celles là rien n'y manquoit.

Voylà pourquoy sa libéralité à Pendroict des dames ne pou v oit grandement errer , encor qu'on disl qu'il s'y laissoit trop aller et gouverner. Dont, comme il y a tousjours des bavards par le monde qui veulent causer et ne sçavenl qu'ils disent, firent ce quatrain une fois, qui dict :

Sire, ai t«u laiaacz, comme Charles deaire, Comme Diane faict , par trop voua gouverner, Fondre, pealrir, motlir, refondre, retourner ; Sire, tou* n'eatea plat , toi» n'eatea p:ua que cire.

Il entend par ce Charles, le cardinal de lorraine, lequel portoit pour deviso>unc pyramide

enfournée de lierre, avec ces mou : Te stante virebo '. Mais le pasquin le tourna au contraire : Sed te virente peribo * ; estant le naturel du lierre de ruyner et faire périr ce qu'il estrainct.

Par ceste Diane entendoit madame la duchesse de Valentinois , à qui l'amour estoit bien deue et employée ; car, outre sa beauté , c'estoit une dame très-habile et généreuse , et qui avoit le cœur grand et très-noble ; aussy cstoit-elle yssue d'une des grandes et plus anciennes maisons de France, que celle de Poictiers et de Lusignan , d'où sont sortis de trèsgenereuses personnes , tant de l'un que de l'autre sexe , tesmoing Melusine et ceste dame de Valentinois. Estant telle et si généreuse, ne pouvoit-ellc rien conseiller, prescher et persuader à son roy que toutes choses grandes, hautes et généreuses, comme certes elle a faict, ainsy que je tiens de bon lieu. Et surtout elle estoit fort bonne catholique , et hayssoit fort ceux de la religion ; voylà pourquoy ils l'ont fort haye et mesdict d'elle. Toutes les maistresses des roys ne sont pas pareilles. Les unes sont plus généreuses que les autres, les unes aussy plus folles que les autres, et les unes plus habilles que les autres , comme les unes sont aussy plus mauvaises que lesautres.Bref, il y en a de toutes sortes. Mais bien heureux est celuy roy qui rencontre une maistresse bonne , parfaicte et bien accomplie, comme il est en sa puissance de la bien choisir ; car, estant telle, et lu y et son royaume n'en sont pas pires.

On trouva fort eslrange ce prand don et immense que celuy nostre roy â son avènement fil à madicte dame de Valentinois, de la confirmation de tous les officiers de France, ainsy juVsl la coustume aux changemens de règnes ri dis roys , dont il en sortit une grande finance pour le long temps que le roy François avoit n'gné. Un tel roy pouvoit faire un tel don â uiir telle dame; car c'estoit une partie casuel le, <|iii ne toiK'hoit point à son revenu . ny de domaines, ny de ses subsides et tailles. Et les roys nV «• temps là estoient fort libéraux de leurs parties casuelles, comme je tiens de bon lieu, et leur estoit reproché s'ils en faisoienl estât;

■ Situ fleuri» je périrai.

SDS CAPITAINES FRANÇOIS.

car, de cela ils en recompensoient leurs serviteurs, sinon despuis nos derniers roys, qui eo ont faict party pour eux , et les afferment & cause de leurs nécessités. En cor de ces deniers ceste dame n'en abusa point , car elle fit bastir et construire ceste belle maison d'Anet , qui servira pour à jamais d'une belle décoration à la France, qu'on ne peut dire une pareille; j'entends si par aucunes mains violantes elle n'est ruynée, ainsy qu'elle fut à la veille dernièrement , lorsque le procès de M. d'Aumalle fut faict , à qui elle appartient par succession de sa mère, que, tout ainsy que luy fut condamné à mourir, fut-elle aussy condamnée I estre rasée et demolye de fonds en comble , dont ce fust esté un très-grand dommage, car et qu'en pouvoient mais les marbres et les pierres, qui n'ont aucuns senltmens? Aussy nostre brave roy et bening leur pardonna et n'en voulut permettre l'exécution de l'arrest : qu'est un grand cas, que ceste dame , qui avoit, du temps de sa faveur, obligé tant de personnes de plaisirs, qu'elle ne peut trouver, toute morte qu'elle estoit, quelque ancien sénateur qui eust parlé pour elle et pour sa mémoire , en la modération de ceste sentence I Comme certes durant son vivant elle a faict plaisir à plusieurs personnes , et estoit fort débonnaire , charitable et grande aumosniere envers les pauvres, fort dévote et encline à Dieu. Aussy porta-elle pour devise un tumbeau duquel sortoit un traict tendant en l'air, acrompaigné et entourné de certains syons verdoyans, avec ces mots : Sola vivit in illo 1 , comme vivante seulement en Dieu. Il faut que le peuple de France prie que désormais ne vienne favorite de roy plus mauvaise que celle là , ny malfaisante.

Or, pour tourner à nostre roy Henry, ainsy qu'il estoit tout marcial , et nay tel , il ayma fort à faire la guerre, et ne s'y espargna non plus que le moindre soldat des siens. Et c'est ce que luy dict un jour M. le connestable, au voyage d'Allemaigne, qui le voyoit ordinairement aux tranchées des villes qu'il assiegeoit et prenoit: « Sire , Sire î si vous voulez faire ceste vie , il ne a faut plus que nous facions d'estat de roy, non «plus que d'un oyseau sur la branche, et

> Elle vit «eule en lui.

c qu'ayons une forge neufve pour en forger a tous les jours de nouveaux , si tous les autres « veulent faire tout de mesmes que vous. » Comme de vray il estoit un très-brave , vaillant et généreux roy, et du tout addonné aux armes.

11 envoya une armée en Escosse, pour le premier eommancement de son règne , et secourir la petite rcyne d'Escosse, soubs la charge de M. Dessé 1 ; qui fut une charité magnanime et digne d'un tel roy, et très-ebretien , pour avoir pitié des vefves et pupilles, comme estoit la petite reyne et sa merc.

Il alla visiter son pays de Savoye et de Piedmont ; et si y fit son entrée par les villes, qu'il y vit garnies de si bons et si braves soldats, que cela le resjouyt fort à les contempler et regarder; et pour ce, concevant de longue main de grands desseins pour ladvenir, s'en sentit - il d'autant plus asseuré et fortifié. Son pays beau de Piedmont ainsy bien visité et pollicé, et ayant envoyé en Guyenne (révoltée pour la gabelle) quelques bandes soubs la charge de leur couronne! , M. de Bonnivet , il s'en retourna par Lyon, où loy fut faicte une trèstriumpbante entrée 2 , qu'il faut par caprice que je mette icy, quelque longueur qu'il y ayt de disgression.

Ceste entrée-1 donc fut accompaignée de plusieurs très-belles singularités, entr'autres de quatre très-belles et rares. L'une , du combat a outrance et à l'antique de douze gladiateurs, vestus de satin blanc les six , et les autres de satin cramoisy, faicl à l'antique romaine; et parurent devant le roy eu quatre rangs, de trois à trois : lesquels, arrivés devant Sa Majesté, commancerent un combat tout à l'antique, non quant aux armes, mais quant à l'ordre de se sçavoir secourir et entrer les rangs les uns dans les autres sans se rompre. Ils combattirent premièrement à armes différentes, à sçavoir une corsegue ou zagaye contre une espée à deux mains; et combien que ce hissent armes longues cl qui requièrent lieu large et spaticux pour s'en ayder, si estoicnt-clles au milieu de leur rang, et en rue non guieres ouverte : les autres , de deux espées contre une espée et une

1 André de Montalembert , «eijjneur de Dcsé tou || fut tué en 1573, «a *iége de Térouanc

• Ce fui en septembre 1548.

Poi-

targue ou pavois le long d'un bras, et un pied de largeur pliant en rond : les autres , de I cspër et poignard boulonnois (ainsy l'appel loit-on de ce temps) contre l'espée et le bout lier barcelonnois, qu'on nomme encor ainsy en ILspaigne, et le nommoit on aussy en France quand on en usoit. Et ainsy ordonnés , le second rang se tourna vers le tiers , cl, après s'estre regardés l'un l'autre furieusement , ainsy que firent jadis les Horaccs et Curiaces, comniançn d une grand furie et roideur à assaillir le trois tes oie rang avec leurs susdictes armes tranchantes et non faintes , et en telle fureur et animosité , que, après avoir long-temps combattu et chamaillé l'un sur l'autre, les seconds rembarerent leurs ennemys jusques aux quatriesmes ; lesquels, voyant leurs compaignons hors dliallaine et repoussés , entrèrent dans eux , repoussans aussy bravement et furieusement les seconds }h lassés et travaillés, se deffendant toutesfois et soustenans et courageusement jusqu'à leurs compaignons qui faisoient le premier rang , lequel pareillement entra au secours par dedans eux , et , cependaut que les deux rangs, qui premiers avoient combattu , prenoient vent et hallaioe, se joignit à leurs eunemys : et en ceste ruse d'ordre le premier et dernier rang se trouvèrent au milieu, coinbatlans en telle furie qu'il n'y eut si bonne zagaye qui ne fust couppèe en deux et trois tronçons ; la pluspart de leurs espées , tant à deux mains que des autres , quelque vieilles lames qu'elles fussent , voilèrent en pièces ; qui estonna de prime face les arregardans, peusans que ce fussent ou quelques criminels , ou qu'ils le fissent a bon escient , s'estans mis en collcre , que, ignorans leur adresse, plusieurs s'escrierenl qu'on les secourust et qu'on lesdespartist :et sur ce, l'un des premiers rangs lassés, ayant pris air frais, entra dans le rang de ses compaignons , et ainsy en front de six, se rangèrent tous ensemble sur le rang de trois , qui tint assez Ion guement bon, combattans deux contre un, jusqu'à ce qu'estant par trop pressé de si lourde charge , fut contrainct de se retirer, en soustenant toulesfbis bravement , jusques aux derniers, lesquels pour leurs secours se rangèrent parmy eux d'une si grande dextérité, qu'ils se trouvèrent six contre six ; et alors, se rechargeai» d'uue irès-grande furie, se i

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trerenl armes pareilles, zagaye contre zagaye, espée à deux mains contre espéc à deux mains, deux espées contre deux espées; et ainsy les autres, et de telle fureur, qu'à la fin les uns enfoncèrent les autres; et toutefois tant les rompus que les autres , sans se mettre en desordre , soudainement monstrerent visage les uns aux autres, et se rechargèrent encor si vigoureusement , que les premiers rompus enfoncèrent aussy les autres, avec autant de bonne grâce et joye sur la fin, qu'ils avaient donné au commancement d'effroy et de crainte aux rcgardans .Voylà un passe-temps et combat qui , despuis les anciens Romains , possible , n'avoit esté représenté tel, et lequel pourtant se peut mieux représenter par la veue que par l'escriture, qui ne peut nullement approcher en la moindre perfection que les yeux humains peuvent divinement attaindre.

Le roy Henry y prit tel plaisir, comme à une chose non jamais de nos temps veue ny accoustumée, pour chose si dangereuse, qu'il la voulut encor revoir six jours après son entrée, ce qu'il fit.

Le plaisir de combat dura en ceste sorte quelque plus de demy-heure: et eussent recommencé si leurs armes n'eussent si tost failly au bon vouloir qu'ils avoient de mieux faire, quelque pleins de sueur et hors d'hal laines qu'ils fussent ; et ainsy, s'eslans retournés en leur premier ordre, se mirent après l'avanlgarde, qui les allcudoit au coing delà rue. Certes, il falloit bien que ces honnestes gens et bien créées, qui représentèrent si gentiment ce combat , eussent bien appris leur leçon de longtemps, et qu'ils fussent plus martiaux que bastelleurs ny joueurs de comédies ou tragédies. Ah ! génie ville de Lion , que vous monstrastes bien là que vous estiez bien gentils, adroicts et ingénieux, comme de tout temps vous l'avez esté en ce que vous avez voulu entreprendre, non seulement en cest endroict d'entrée et de combat , mais en ceste belle chasse de Diane , qui fut aussy une trés-rare et très-plaisante chose à voir ; dont j'en parle et la represcnie ailleurs1.

La troisiesme belle chose aussy fut ceste belle neumarhie, ou combat des galleres tout à l'antique , et pour la façon encor et enrichis-

» Toioc II , de» Dama galantes.

JDS CAPITAINES FRANÇOIS.

sèment desdictes galleres , de leurs poupes et, proues, tant |>our l'art de Tache, qu'on appelle la charpente en Levant, que pour la menuiserie, représentées si bien à l'antique, ainsy qu on voit aux anciennes antiquités romaines, que la veue ne s'en pouvoit assez contenter ; entre lesquelles dictes galleres il y en avoit deux grandes capitainesses , l'une de blanc et noir et rouge,ainsy que sont toutes galleres; car on dit rouge gallere et navire noir, à cause du goudron; et l'autre verte, et un bucentaure où le roy entra pour en voir le passe-temps des deux galleres capitainesses; et leurs fustes, esquifs, fregatles et barques, estoient de mesmes couleur, selon qu'elles accompaignoient leurs galleres. Il ne faut demander si les flambans, estandarls et banderollcs , manquoient en beauté etsuperbeté; car tout estoit de damas et taffetas, figuré selon leurs couleurs, les chiormes vestus de mesmes , plus à l'aLi\ 'e à longues robbes, qu'à la moderne, l-es soldats aux arbalcstieres, poupes, rambades, proues et coursies , tant bien en poinct et tant bien armés d'armes si claires et reluysantes , que c'estoit très-belle chose à voir, fussent de corselets, de morions, de rondelles , pavoys, targues, cymeterres, rançons, pertusanes, hallebardes et autres diverses armes d'ast.

La capilainesse noire, avec ses fustes et barques, parut la première; la verte après, accorapaignée de mesmes renfort. Le roy entra dans son bucentaure, appareillé pour luy, la reyne, les dames et princes, avoir le passetemps: et s'eslanl arresté et jetté l'ancre, le signe du combat faict par trois volées de canon, la capilainesse verte, au milieu de deux autres galleres moyennes, tourne proue, suivie sur la queue des fustes, fregattes et barques, tout en forme de croissant , et soudain , à toute forte de rames et vogue rancade, vint à investir l'autre capilainesse blanche, noire et rouge, grande contre grande, moyennes contre moyennes, petites contre petites; là où s'accommança un grand combat et si furieux , qu'on cust diet que ce fust esté à bon escient, avec un grand esbahyssement du monde qui larrcgardoit.

Après ce premier, les plus foibles se descramponnerent ; cl repreneul la voile jusque» au second assaut; et avec force cannonades, arquebusades et coups d'armes d'ast, les raoyen-

nés des deux parts furent assaillir les grandes premier les mit en vogue1, mesmes qu'on luy

par poupe et proue , lesquelles n'y gaignoient reprochoit qu'il aymoit trop ces manières de

rieft sinon à perdre temps, et se retirèrent tant gens et s'y amusoit trop, après qu'il se vit dc-

d'une pan que d'autre. livré un peu d'un grand embarras d'affaires

Au troisiesme abord et combat , les petites qu'il avoit eu sur les bras, vindrent de front pour s'investir et s'af ferrer j II se trouve encor une tragédie très-belle de l'une l'autre, et leurs capitainesses pour les se- Sofonisba, composée en italien , qui fut jouée courir; et à ceste rencontre commancerent à ! devant SadicteSainctcté a Rome. Je l'ay veue, a'entretirer toutes sortes d'artifices à feu, grena- i et belle ; mais je ne la trouve si belle que celle des, pots, lances à feu, brulans et couransa Ira- ' que la reyne sa mere fit jouer et représenter vers l'eau sans s'esleindre; les cannonades, har- sur le raesme subjecl a Blois, devant le roy, que quebusades et fusées ne manqunient à quantité M. de Sainct-Gelais composa 2, ou pltislost prit de toutes parts. Enfin, deux des noires mirent et desroba sur l'autre, mais mieux l'orna. Je à fond l'une des vertes; et puis, avec un grand croys que j'en parle ailleurs , s'il me semble, cry de victoire! le tout se retira, au grand ; dans mon livre des Dames, cl mesmes au discontentement du roy et de la reyne, bien que cours de ladicte reyne.

les galleres vertes portassent ses couleurs; car elle a aymé et porté tousjours le verd jus-

J'ay ou y dire à plusieurs seigneurs et daines, que si la tragi-comédie de ce grand cardinal

qu'à la mort du roy son seigneur et mary, fut belle, elle fut aussy très-bien représentée

qui de son costé portoit et aymoit fort le par les comédiens et comedientes, qui estoient

blanc et noir, à cause de ceste belle vefve qu'il très-belles, parloient très-bien et de fort bonne

servoit. ! grâce ; et estoit accompagnée de force iuier-

Voylà la belle représentation de ce combat medies et faintes, qui contentèrent infiniment

naval , qui certes est plus plaisant à le voir, ou à se l'imaginer dans l'esprit, qu'il ne se peut escrire ; et croy que , despuis les Romains anciens, possible, ne s'en estoit-il veu ny représenté un plus beau.

La quatriesme belle singularité, ce fut ceste belle tragi-comédie, que ce grand et magni-

fique cardinal de Ferrare , primat de la Gaule I Marguerite, tante du roy, et de plusieurs prio-

et archevesque de Lyon, fit représenter en ceste belle salle qui paroisl encor, qu'il fit ainsy accommoder comme l'on la void ; car paradvanl, c'estoit une chose vaste, layde et sans aucune forme de beauté ny gentillesse, comme un certain galletas : car, on dit qu'il despendit en la représentation de ceste tragi-comédie plus de dix mille escus, ayant faict venir à grands cousts et despens des plus excellrns comédiens et comedientes d'Italie : chose que l'on n'a voit encor veu , et rare en France; car paradvant on ne parloit que des farceurs , des conards de Rouan, des joueurs de la basoche, et autres sortes de badins et joueurs de badinages, forces , mommeries et sotleries : mesmes qu'il n'y avoit pas long-temps que ces belles tragédies et gentilles comédies avoient esté inventées en Italie. Et dit-on , et le treuve-on par escrit, que ce fut le pape Léon dernier qui le

' La Mandragore dr Maccbijrelli fut , a ce qu'on < la première pièce rrpréseniée en Italie, dans le genre moderne. Léon X roulut la voir drux foi» avre xcs cardinaux , et on voit ici que ce fui un cardinal qui iniroduiftit la comédie en France.

* Molain de Saint-Gelai». Celle pièce n'e»l point parmi tes Œuvre», imprimée* chei Auloiue de Harcy en 1574.

le roy, la reyne et toute leur cour.

Voylà les quatre belles singularités pardessus force autres de ceste entrée de Lion, et sur-tout aussy de voir entrer ce roy iriumphant beau, très-agreable et très-bening prince: et ceste reyne aussy très-belle et très-agreable aussy, accompaignée de la reyne de Navarre

cesses, grandes dames et filles.

Et d'autant que le jour faillit , et la nuict surprit ceste entrée de la reyne, tout à coup, en un moment , on vit toute la ville de Lion en feu, en flambeaux, torches, luminaires aux feneslres, aux boutiques, aux rues, si bien que l'on y voyoit aussy clair comme au jour : ce qui vint très-bien à propos ; car ces clairs flambeaux arcomnaignoient ceux des yeux de ces belles dames, et contendoient quasy ensemble pour faire feu et clarté de toutes parts. Lorsque toutes ces belles magnificences se , et que nostre grand roy alloil ainsy

triumphant parmy les entrées des belles villes de son royaume, quasy en mesme temps, romme il est aysé a computer, le prince d'Espaigne, despuis roy 1 , en faisoit de mesmcs en St\s belles villes de Flandres, qui certes surpassent en beauté ( au moins aucunes ) les plus belles de la chreslienté, où il fut receu tresmagnifiqueme nt et bravemeut , comme celuy qui en prenoit planiere possession.

Je ne discourray point icy les bravades , les / orgueils et magnificences qui furent faictes en toutes sortes ; car il y en a un livre faict en espaignol, qui s'intitule : El viage del principe; mais sur toutes la reyne d'Hongrie en demeura la supérieure , et les surpassa toutes en ses maisons de Bains et Marimont. Jeu parle ailleurs ; comme certes elle avoit l'esprit tout gentil pour ne produire rien que tout beau; ainsy qu'une belle, honneste et spirituelle dame, quand elle entreprend quelque chose de gentil , certes elle surpasse tous les autres esprits en inventions , comme je l'ay veu de mon temps arriver en plusieurs de nos reynes, de nos grandes princesses, et s'en acquitter par grand admiration et contentement de tout un peuple.

Je ne conteray donc non plus que des autres les grandes festes, magnificences, festins, tournois , combats de toutes sortes , à pied , à cheval , les masquarades, les ballets, les danses qui furent représentées : tout est escrit dans le susdict livre. Car je me contenteray seulement de desduire la faincte d'une place assiégée, qu'elle représenta; qui certes fut rare et admirable , et qui monstra bien que ceste reyne sçavoit aussy bien l'art de la guerre que celui de ses ouvrages.

Or, advint donc qu'un jour ayant mené l'empereur, et toute sa cour, disner en sa belle maison de Marimont , elle lui représenta après disner un chastcau faict de tables peintes en façon de brique, si beau qu'on peosoit que ce fust brique , et aucuns ont tenu que c'estoit toute vraye brique. Il estoit fort grand et espacieux , avecques ses bastions de douze pieds de terre-plein avec un fort profond fossé; et derrière ta terre-plein y avoit des retranchemens où les soldats se meiloieol eu seurelé. Dedans y estoit , pour le deffeudre, Philippe de Lalaing,

« Philippe II

lNDS CAPITAINES FRANÇOIS.

comte Hoochstraten , avec force cavalliers, et environ deux cens harquebusiers elpicquiers, et quelques pièces d'artillerie.

Devant il y avoit force tentes et pavillons tendus en forme de camp sur une colline. A un coslé du camp y avoit un escadron de gewd'armes des ordonnances, et de l'autre un autre des plus gentils cavalliers de Brabant,de Flandres, de Haynaut , et le duc Astolphe aussy avecques aucuns cavalliers cspaigools et italiens. M. le prince de Picdmont estoit capitaine ge neral (les Espaignois usent de ce mot capitan gênerai), et Joan Baptista Gaslaido, niaistre de camp , et un peu devant eux cinq compagnies d'Espaignolles des vieilles bandes avecques leurs corselets, harquebuses et morioot, qui reluisoient bien fort; et avecques bra\c> babil lemens aussy , comme de princes.

Devant le front du chasteau y avoit uo grand rang et file de gabions, derrière lesquels itiie grosses pièces d'artillerie du costé de la main droicle, et de la senestre deux grandes eoulevrincs, pour battre en flanc et rompre les deffences. Il estoit desjà midy quand toutes les pièces commencèrent à tirer d'une grande furie, et à faire la batterie. Là fut délégué doo Joan de Acunaz , avecques deux autres, pour recognoistre le fossé , la batterie et la bresche, si le tout estoit raisonnable à donner l'assault.

Ceux de dedans ne cuanmoieul poiut; car, ayant veu la furie de la batterie, et les soldais qui commançoieol à s'esbranler pour donner l'assault avec une rumeur de leurs taboorini, sortirent aucuns cavalliers et barquebusierides mieux choisis , à deffendre un certain pas d'un petit ruisseau par où il falloit nommément qu'ils passassent; là où il s'attaqua une trèsbelle escarmouche et gentil combat, qu'ils rendirent si brave par leur valeur, que ccuiqui estoient venus de dehors pour la recogoobire, furent contraincts de se retirer et de rapporter qu'il n'estoit pas sy aysé qu'on diroit bien de forcer ceste place. Par-quoy s'estaos retirés, il fut advisé de recommencer à redoubler la bal terie avecques les seixes pièces, qui fut ai furieuse , coup sur coup, que l'un n'altendoit pas l'autre, qu'on eust dict qu'il tonnoit : durant laquelle batterie le disner se faisoit, avecques de très-grandes opulences de louis» sortes de

vivres, de diversités de mets, et surtout pour ceux du dessert et dernier service, qui fut certes beau, gentil et également inventé et practiqué. J'en parle ailleurs.

Le disner achevé et la batterie aussi achevée, qui avoit abbattu une partie d'un torrion , et faict quelque chemin de bresche,bien qu'il fust un peu rude, il y eut quelques gentils cavalliers du camp, qui avant mis pied à terre avecques deux compagnies d'infanterie, les corselets en leste, et les harquebusiers à costé, ils vindrent à forcer ceux qui estoientau pas, si vaillamment, qu'ils furent conlraincts eux à se retirer au chastcau assez lentement, le pas pourtant, et ceux de dehors les suivans viodrent pour aller à l'assault, et par labresche et par l'escalade ; ceux de dedans se défandans bravement, à coups de picques, de pierres, d'artifices à feu; si bien qu'ils les repoussèrent du haut en bas, se sonnans tousjours l'allarme de tambours à grand force et furie. Enfin , sy les uns assaillaient bien , les autres se deffendoient mieux ; jusqu'à ce qu'un alfier de dehors estant monté sur le haut de la bresche avecques aucuns soldats qui l'avoient bravement suivy, furent portés du haut en bas, et l'allier pris prisonnier.

De là a un peu survint une embuscade du cost é d'un bois qui estoit derrière le ebasteau , non pas trop loing, lâ où estoit le duc d'Arscot,accompaigné de Charles de Bouniere, de Flores Tserclaos Gornelio Vandencue , Louis de Stradiot Ferri, I .aurons, Antonio, y Roberlo de Landas, Joan de la Fontaine, avecques cinquante autres braves cavalliers, lesquels comparurent avecques force chariots pleins de munitions et poudres pour secourir le ebasteau ; ce qu'ayant esté descouvert aussy tost par ceux du camp qui estoient sur la montagne ou colline campés, saillit le prince de Piedmont avecques cinquante cavalliers et autant d harquebusiers, à deffendre et à empescher ce convoy et secours, ne laissant ses couleuvrinea tirer tousjours aux deffenses. Les chariots estoient quasy arrivés près du chasteau , qu'aucuns sortirent du chasteau pour les recevoir et faire escorte, que d'une autre part | les uns et les autres se venans à rencontrer ! entre la rbrest et le chasteau ; là où se trouva un furieux combat et rompement de lances, de coupe d'espée, et de lharquebuserie qui ne !

cessa de jouer bien son jeu ; et tout alla si bien pour le prince de Piedmont , qu'il enleva plu- I sieurs prisonniers, sans ceux du chasteau qui les secoururent un peu; mais, sur le différent vint le duc Astolphe, qui ayant passé le pas cl le ruysseau avecques quelque cavallerie, et Joan Baptista Gastaldo avecques cinquante hommes d'armes et une compaignie d'infanterie survint, qui, ayant faict une charge, fut cause que le duc d'Arscot se retira avecques aucuns des siens, sains et sauves, et autres prisonniers, et les chariots du convoy tous en la puissance du prince de Piedmont. Le gênerai desquels entre les prisonniers s'en trouvèrent aucuns du chasteau, qui estans interrogés, ils donnèrent langue au prince de Piedmont que leur batterie ne valloit rien, et qu'ils avoient battu le chasteau du costé le plus fort ; ce qu'ayant sceu Baptista Gastaldo, en fit aussy lost, et avecques une extresme dilligence , remuer les pièces et la batterie, la cavallerie et l'infanterie faisant tousjours alte, de peur que le duc d'Arscot ne donnast encor une allarme , et secourust le chasteau.

Cependant on voyoit et entendoit-on ceux du chasteau , à se remparer le mieux et le plus diligemment qu'ils pouvoient par le dedans, et à pourvoir au plus nécessaire, désespérant de secours , bien qu'ils fussent fort fattigués des deux coulevrines , y apposant tant de gabions qu'ils avoient, commençant desjà a avoir grand faute de poudre, pour le trop qu'ils avoient tiré ; si bien qu'ils mettoient tout leur remède et espoir en leur valeur, résolus de plustost mourir que de se rendre.

Desjà le soleil commençoit à baisser, quand ceux du camp encor remuèrent la batterie .si furieusement, que tout le torrion vint à tumlir* du tout par terre , sur quoy l'on donna un ;i sault gênerai où les gens de cheval mirent \> à terre avec l'infanterie , qui fut tres-furir (et à bien assailly bien deffendu), sans reçu; d'un seul pas ; car il n'y avoit armes artificiel et inventions desquelles ceux de dedans ne s'aidassent pour se bien deffendre ; mais les assaill lans se rafraischissans à chasque point les uns ! après les autres , ceux de dedans n'en pouvant ; plus, commencèrent à se retirer «t desemparei I le combat, et le mieux qu'ils peurent, et se re- I tirèrent par uue porte secrette qui estoit aux

cspaules du chasteau dans lequel , après avoir esté forcé a Force d'armes avec grande victoire et allégresse des assaillans , ils y trouvèrent les dames qui , le jour paradvant , a voient esté prises et mises dans une prison fort obscure et basse , qu'on les avoit mines là afin qu'elles ne fussent subjectesaux coups de canon ; et furent délivrées et menées en chariot triomphant devant l'empereur , le prince et les reynes ; lesquelles dames avoient esté ravies le soir advant dans la salle du bal , en une momerie ( sans y penser et y allant à la bonne foy), qui s'estoit dressée, et en un instant furent prises, enlevées et mises sur un chariot ou coche aussy tost, et transportées et fourrées dans le chasteau dont est question , sans les avoir peu recourre ; le tout par un grand géant accoropaigné de quelques autres cavalliers ; et pour en avoir raison, ladicte reyne d'Hongrie , y allant fort de son honneur , et aussy tost assiéger, assaillir , et prendre le chasteau comme je viens de dire.

Les dames estoient la princesse d'Espinay, la comtesse de Mansfeld, la comtesse du Rieux, madame de Bossu et madame de Laouesten. Estans ainsy devant l'empereur , interrogées qui estoient le sauvage et les cavalliers qui les avoient ainsy ravies, elles dirent qu'au commancement ne les cognoissoient point, mais enfin se trouvèrent que c'estoient leurs marys. Mieux eust valu que ce fussent esté d'autres , pour faire feste extraordinaire ceste nuict et ce jour avecques elles, ainsy qu'elles en valloient la peine et le plaisir, car elles estoient des belles de la cour, comme j'ayouy conter à madame de Fontaines, dicte fille Torcy, estant lors avecques la reyne Leonor.

Pour faire An , je prie les curieux de considérer un peu la belle invention, la forme , la cerimonie de guerre en ce siège de place , et qu'il paroissoit bien que ceste reyne avoit bien le cœur martial. Faut considérer aussy la puissance qu'elle avoit de commander , et y employer les plus grands princes et capitaines de l'empereur et des siens, pour honnorer une telle feste et s'y humilier et abaisser comme le plus petit soldai des bandes ; encor bien ayses et bien heureux estoient-ils quand elle leur commanda , et quand le soir, après la place prise , s'en vindrent présenter devant elle , qu'elle leur eut dictque tout estoilbien allé,

NDS CAPITAINES FRANÇOIS.

et qu'ils avoient bien faict et qu'elle estoit fort contente d'eux. Je fay ouy dire ainsy à madicte dame de Fontaine. Ce ne fut pourtant sans 1rs en remercier. Quelle brave reyne ! nommage grand , certes, quand la terre pourrit ces corps généreux !

Pour reprendre les erres de nostre grand roy Henry, tourné de Piedmont et de Uon.il alla luy-mesme en personne reprendre Bon longne et faire la paix avec le roy d'Angleterre : et tout ainsy qu'il estoit Irès-magnanime, trèsbon et tout plein de pitié , il se rendit protecteur du duc Octavio Fernese , qu'il avoit imploré contre le pape et l'empereur, qui le vou loient despouiller de sa duché de Parme; et pour ce , luy envoya tel et si bon secours, que sa duché ne fut point envahie. Et noltez que ce secours fut à ses propres cousis et despens, qui luy cousla plus de douze cens mille escus , desquels le duc de Parme ou ses héritiers en sont encor comptables et redevables au roy ou à sa maison ; dont le feu duc Octavio avoit prand peur en son temps qu'on ne les luy redemandast,etlesinterests, comme je tiens de bon lien; et à faute de payement que sur son subject ou ne s'en prist A son duché ou à l'une de ses villes. Possible sans nos guerres en eust-il eu la Tenue, comme je sçay de bon lieu, à cause des mené» que nous faisoit en France le prince de Parme dernier mort ; ce qui fust esté très-bien employé, car après avoir reçu tels secours , bienfaicts et telles obligations du roy , le duc en laissa la mémoire et quitta sa protection, et pritl'alliance de l'empereur en espousant sa fille naturelle, vefve du duc de Fleurence , que despois nous avons veu en Flandres si renommée pour madame de Parme.

Le duc de Castres son frère n'eust pas faict ce coup , car desjà il estoit allié en France , et aymoit fort le roy et la France. Force gens trouvèrent ce duc fort ingrat , pour tel traict et pour avoir esté bien secouru au besoing; et dicl-on que ce roy luy en vouloit.

Les Allemands luy en firent de mesmesqni, mal menés sous le joug de l'empereur, couvrent A l'ayde à ce grand roy ; et pour ce dressa ceste grande armée et entreprit ce beau voyage d'Allemaigne, qu'on nommoit ainsy, ou il prit en allant MeU , Thoul , Verdun , fort heureusement , et force autres villes impériales , qu'il

ne voulut pourtant retenir pour luy que les trois premières; et donna jusqu'à Strasbourg, faisant boire là tous les chevaux de son armée dans la rivière du Rhin , à leur a) se , en signe de triumphe. Mais ce fut tout, n'ayant jusques là trouvé que tout courtois et honneste passage sans aucune résistance : et là, à Strasbourg , voulant passer par de là, sceul que les Allemands s'estaient accordés avecques l'empereur, qui , fin et caut , appréhendant la furie d'un jeune et vaillant roy venir à luy avecques une si grande année délibérée, entendit plustost à un accord qu'à un hasard de guerre. Kl par ainsy, voylà ceste nation en repos , que de long temps n'en a voit scnly par l'ayde ei secours de ce grand roy, qui luy a mal rendu despuis à l'cndroictdes roys ses en fans , contre lesquels despuis vingt cinq ans s'est armée si impétueusement et de gayetlé de cœur, que vous eussiez dict qu'elle n'eust jamais receu plaisir aucun de la France, tant ces bons Allemands se sont pieu à la piller et ruiner : lesquels, quand ils demandoient auparadvant secours au roy Henry, proposoient pour leurs principalles raisons , qu'eux et les François estoicnl germains et frères , et que pour ce se debvoicnt aider et maintenir les uns les autres. Quels germains et quels frères !

Or, le roy, pour telle confédération et accord faict entre eux et l'empereur, il ne s'en donna moindre peine ou crainte : car, les taissant derrière , s'eu tourne aussy heureusement , prend Roquedemar , Yvoy , Montmedys , Chimay , Dampvillicrs.et forceautres placesqu'on trouvera dans les histoires, et rentre très-victorieux et triumphant , en son royaume ; et puis , estant menassé de ce grand siège de Meiz, y met un si bon ordre, el y constitue un M. dcGuyse, son lieutenant gênerai , que et l'empereur et madame l'Allemaignc , qui debvoît de son seul nom frire trembler, non pas une ville, mais toute la France, s'en retournèrent avecques la plus grande honte que jamais elle receut.

Je ne parle point du voyage de Valencienes, où l'empereur menassoit tant de donner une batlaille ; et le roy tout préparé et résolu à la recevoir, ce fut ce grand empereur qui se retrencha et toute son armée, puis s'en desdit. Il ne tint pas à nostre roy, car il la desiroit et demandoit, en un tel champ, contre ledict empereur, de sa personne à la sienne : car natu-

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