FERDINAND I
grand assistence de sa personne, sinon pour ouvrit le chemin pour l'empire, et anssy pour la recouvrer Padoue, qu'il avoit laissé perdre: et, pour la recouvrer, luy envoya M. de I-a Palisse avecqu'une gente armée et bien délibérée; mais luy n'y demeura guiercs , bien que le siège durast deux mois quelques jours , car, estant sur le poinct de donner l'assault et de remporter, il n'y voulut employer que les Fran-
resignation qu'il luy en fit , ratifiée par messieurs les eslecleurs , qui l'aymoient et l'cslimoient jusqucs-lâ , que d'autres fois les protestans l'avoicnt csleu pour leur principal arbitre , voire total , sur les differans entre eux et l'empereur Charles.
Le pape Paul IV, dict Caraffe , se voulut
cois ( pensez pour sans desfaire mieux), et sur i lors opposer â cesle eslection , à cause de la ce espargner ses seigneurs et grands gentilshommes allemans. Voyez le roman de M. de Bavard ',qui en parle mieux que tout autre livre que j'aie veu , et du tevement de ce siège , et comme ledict empereur usa de son accoustumée libéralité envers M. de La Palisse , lieutenant là pour nostre roy, et envers les principaux capitaines qui y esloient.
Il estoit fort loué de ses libéralités , dict le livre, et qu'il n'estoit possible de trouver un prince plus libéral et bon , selon sa puissance. Un mal , dict-il , avoit-il en luy, c'est qu'il ne se pouvoit fier en personne , et (enoit à part loy ses entreprises si seercttes, que cela luy avoit porté beaucoup de dommage en sa vie. Si est-ce qu'en ce voyage et siège de Padoue, cela luy nuisit par trop, pour s'estrr fié en un segnor Constantin. Grec , qui le gouvernoit et le trahissoit , comme mondict sieur de La Palisse le voulut combattre sur cela.
Or, c'est assez parlé de cet empereur, lequel nous fit bien du mal tant qu'il vesquit, et par sa personne, et par ses menées, et qui fut
hayne qu'il portoit â la maison d'Auslriche, fondant ses raisons! que les eslecleurs protestans ne dévoient estre reccus aux eslcctions des empereurs, ny estre eslecleurs , â cause de leur religion hérétique: mais, il fallut qu'il passast par là !. Et qu'eust-il faict? S'armer contre l'Allemaigne,cela luy estoit deffendu s'il ne se fust armé des armes spirituelles , qui sont censures et fulminations : mais les autres s'en soucient beaucoup! Il me souvient que, de mon jeune temps, cela se disoit pour lors, et aussy qu'il se trouve par escril.
A ceste nouvelle eslection de l'empereur, fut faicte une dictte à Ausbourg , où tous les princes d'Allemaignes'y trouvèrent , et où nostre roy Henry H y envoya une ambassade solemnelle, estant la coustume des grands, au changement d'estats et de personnes, de s'entrevisiter les uns les autres. Et de ceste ambassade estoient les chefs: M. de Bourditlon , lieutenant du roy en Champaignc en l'absence de M. de Nevers , et M. de Marillac , archevesque de Vienne , grand et sçavant prélat , qui ,
cause de l'hasard de la battaille de Ra vanne:
du règne du roy François , avoit esté fugitif en
car il manda à tous les Allemans qui esloient Conslantinople à cause de la nouvelle religion,
dans nostre camp de se retirer, sur peine de dont il estoit à tort soupçonné, ce qui fut
rébellion. Il n'y eut que le bon capitaine Jacoh i cause de son advancement , dont j'en parle
qui tint bon, et fut fort fidel â nostre roy ailleurs, et puis fut archevesque 2.
(j'en parle ailleurs); car il estoit aymé cl re- Ceste ambassade du roy ouye, qui luy of-
doubté en son empire, bien qu'il ne fust jamais i froit toutes sortes d'amitié, et à tout l'empire,
couronné empereur des trois couronnes.