REPRISE DE KA VIE D'A
armé de toutes piecex; là où il combattit si vaillamment et si opiniastremeot qu'il y Fut fort blessé et demeura parmy les morts.
A laquatriesme, qui fut la battaille de Pavye. il estoit mareschal de France par la mort de M. le mareschal deChaslillon son beau frère, où le soir de la vigille estant allé à la guerre pour prendre langue, lendemain au matin, oyanl la rumeur de la battaille qui s'appareilloii , par les canonnades qui se tiraient d'un coMé et d'autre, rebrousse aussy tost chemin et tourne, et fait si grande diligence, qu'il arrive à grand haste sur le poinct que le grand jeu se commençait, et se jette dans la meslée aussy (ost si advant , que , menant bravement les mains, il fut pris comme les autres.
A la battaille de Saincl-Quentin , qui fut la cinquiesme, il fut aussy pris, laquelle luy fut livrée par le prince de Piedmont et le comte d'Aiguemont, après avoir faict son envilaillement è la barbe de l'ennemy, et se retirant par faute d'avoir jetlé et abandonné quelques cinq cens harquebusiers à un passage où passa le comte d'Aiguemont. Il avoit faict un très-bel explotct d'avitaillenicnt et très-belle retraiclc; car quelquesfbis les grands capitaines tiennent ceste maxime, qu'il est expédient de faire perdre une petite trouppe pour sauver toute une armée.
Pourtant M. le connestable, pour estre surpris en sa retraicte, ne perdit jugement , car il en avoit bien veu d'autres; mais se campe bravement et prend son champ de battaille par belle ordonnance, fait leste , combat fort bien , et , après en avoir rendu beaucoup , en fin fut pris.
On lenoit pour lors en France qu'il se plaignoit d'aucuns qui ne l'avoient trop bien assiste': sur quoy gentiment rencontra pour lors une grand dame de la cour. «Pensez, dit-elle, « qu'il avoit tant accoustumé, quand il se voyoit a le moins du monde pressé et importuné de « gens qui l'environnoient tousjours , de crier: «gare, gare, reculez-vous.» Comme de vray, c'estoit sa couslume de crier ainsy, fusl ou qu'il en eust subject, ou qu'il l'avoit tant accoustumé qu'il ne s'en pouvoit desaccoustumer, qu'un chascun , craignant qu'il ne leur en dist encor de mesmes, ou possible qu'il ledit alors, qu'on se recula taut de luy, et l'osa-on si peu