‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 229 sur 361 · M. LA ROCHE DU MAYNE · texte numérisé non relu

M. LA ROCHE DU MAYNE

pitainedu chasteaudeChinon, simplement.

Si que plusieurs autres lettres se trouvent de force grands qui mettoient : A monsieur d'Archiac, conseiller chambrelant du roy, et capitaine du cliasteau de Chinon.

Le roy Charles mcsme ne luy mettoit que : A monsieur d'Archiac, capitaine de mon cliasteau de Chinon, comme j'ay veu force lettres qu'il luy escrivoit.

Noltez un peu ces lettres, et mesmes ces premières, où vous verrez que lors les logis des roys n'esloient si bien accommodés comme anjourd'huy, et que les dames n'y estoient si bien logées ny assorties de leurs licls et commodités comme sont aujourd'huy.

Faut aussy noter que le temps passé aucuns gouverneurs des provinces donnoient les capitaineries des places , ainsy que j'en ay veu une lettre au trésor de noslre maison, que feu M. de Uutreq , gouverneur de la Guyenne , esci ivoit à M. d'Archiac, petit Als de ccluyque je viensde nommer, et pere de madame de BouHeille ma belle-sœur, qui porte ainsy, sans rien changer :

en possession de ladiete capitainerie, comme plus au long est contenu en mesdictes lettres patentes : et pour ce queledict capitaine Saincte-Coulombc s'en voudra aller chez luy voir sa femme, vous en viendrez le plustost que pourrez audict Blaye, pour prendre la possession , et donner ordre à la place, et advertirez ledictSaincte-Coulombedu jour que vous y viendrez, a6n qu'il s'y trouve pour prendre vostre serment : priant Dieu, mon , qu'il vous doint ce que desirez.

A Sainct-Germain en Laye,c* 19 de septembre.

Vostre bon cousin'

Afin que cogooUsiez qu'il m'est souvenu de vous, et pour vous tenir promesse, je vous envoyé mes lettres patentes de la capitainerie de Bl iye,queje vous donne. JVscris présentement a M. de La Roche, qui est audict Bhye, qu'il vous baille et délivre ladiete place, et vous obeysse entièrement : et pour ce qu'il est très-bomme de bien, et qu'il entend les affaires dudict Blaye mieux qu'autre; je veux et vous prie qu'il soit vostre lieutenant et luy laissiez les archers à morte paye qu'il a : et vous me ferez grand plaisir; car je luy ay escrit qu'il sera traicté tout ainsy que du vivant du feu sieur d'Estissac , duquel je voulus qu'il fust lieutenant, comme je fais maintenant de vous. J'ay advisé que le trésorier qui p.iye l'estat de Blaye , ne commencera à vous payer que du jour que vous ferez le serment ; parquoy, et pour ne vous donner la peine de venir devers moy, je mande au capitaine Saiocte- Coulombe, que j'ay faict mon lieutenant au gouvernement de Guyenne, lequel est a Bourdeaux, i;u'il prenne de vous, à mon nom, le serment en I l cas accoutumé , et iccluy pris vous mettre

OliKT DE FOIX.

Voylà doneques belle confirmation pour montrer les capitaineries estre jadis données par les gouverneurs de Guyenne, mesmes que de mon temps , du commancemeut du règne du roy Henry III , je vis nostre grand roy Henry IV d aujourd'huy donner la capitainerie du cliasteau de Bergerac, vacante par le seigneur de Bellegarde, de Perigord, à M. de Saiucte Coulombe, capitaine de sa garde et gouverneur de la citadelle de Metz.

Je ne sçaysi autres gouverneurs de provinces en ont faict de mesmes ; mais je suis asseuré de ce que j'ay dict, et que M. de Lansae , despuis la mort dcM. desRoye, l'eut du roy, et M. d'Ervaux , ù qui Lmsac la resigna , mais il n'y entra jamais; et puis M. de Lussan. Il a fallu que le roy ayt tousjours parlé.

Pour parler encor de ce chasteau de Chinon, après M. de la Roche du May ne, M. de Ciiavigny eut ceste capitainerie, lequel, en so» temps, a esté un très-bon et sajïe capitaine; l'a montré en nos guerres de Picdmont et en nos guerres civilles, lieutenant de M. de Monipensier en ses gouvernemens et armées ; j'en parle ailleurs. Je ne sçais qui en est à teste heure gouverneur, c'est le moindre de mes soucys; mais c'est un bel estât et belle marque de chasteau, de qui a dict : « La ville de Chinon, petite ville, chasteau de grand renom ;» quand ce ne serait que nostre bon maistre Rabelais a esté natif de là.

TROISÏESME LIVRE.

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