‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 23 sur 361 · M AXIM1LI AN · texte numérisé non relu

M AXIM1LI AN

Pour fin , cet empereur Ferdinand vesquit et moorui en Port homme de bien.

Il se dict et se lit que l'empereur Charles, après qu'il cust resigné son empire à son frère, comme quasi s'en repentant , il l'envoya prier de le resigner au roy son fils, et fit en sorte que les eslecteurs l'csleussent empereur, et que meshuy, estant fort sur l'aage, il dcvoit faire de mesmes que luy , quicter le monde, et servir Dieu.

Ledict Ferdinand fit responce qu'il en vouloit parler ou faire parler premièrement à Maximilian son fils, et en sçavotr son opinion , lequel estoitvice-roy en Espaigne, créé des que le roy Philippe alla prendre possession des Pays-Bas; de laquelle charge Ton s'eslonna que l'empereur l'en avoit chargé , puis que Ferdinand son pere n'avoit rien eu du bien de sa mere de par delà. Mais il fut si sage, qu'il n'y voulut faire aucune révolte, ny semblant d'en avoir ressentiment; fut ou qu'il craignist la grand force et bonne fortune de l'empereur , ou que sa femme, fille de l'empereur, très sage et vertueuse , l'en empèse hast.

En fin, Ferdinand ayant faict venir son flls vers luy , et luy ayant conféré ceste proposition de l'empereur son frère pour ceste résignation du pere à son fils, il luy fit responce belle ei bonne :qu'il le prioitde ne s'en des faire point, et qu'il le gardast encor , et que pour luy il n'en vouloit quicter sa part à son cousin , et qu'il avoit le cœur assez hault et l'estomach assez bon pour digérer et avaller ce grand morceau , aussy bien que son cousin : comme de faict , après la mort de Ferdinand son pere, les eslecteurs ne faillirent de l'eslire empereur, le cognoissant très valeureux, vertueux, sage, et fort digne à gouverner cet empire.

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