‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 26 sur 361 · LE DUC D'ALBE · texte numérisé non relu

LE DUC D'ALBE

Ce grand duc d'Albe donc suivit l'empereur maistre, tant en ses guerres qu'il commança, qu'en celles qu'il paracheva avecques luy.

Il eut cet honneur, à la retraicte de son voyage d'Ongrie vers l'Italie, l'empereur menant l'advant-garde , de mener l'arrièregarde, avec les lansquenets et la cavallerie espaignolle : et le marquis del Gouast menoit la battaille avec l'infanterie cspaignolleet les chevalliers de la garde. Avec l'empereur estoit Ferdinand de Gonzague avec les chevau- légers , desquels il estoit gênerai.

J'ay ouy raconter à une grande dame de la cour, où elle estoit pour lors du passage de l'empereur par France. Qu'il luy monstroit grand amitié et faveur , et qu'il paroissoit de bonne façon, mais fort froide et retirée, et qui ne s'advançoit pas tant que Le Peloux , brave gentilhomme françois, qui avoit suivy M. de Bourbon en sa defortune; mais il se monstroit lors plus entrant et plus bravasche que le duc d'Albe, bien qu'il fust de belle façon, comme j'ay dict, et de belle et haulte taille. Si bien que l'empereur disoit quelquefois aux daines qu'il entretenoit: «Voylâ le duc • d'Albe, que j'ay me bien ; il est encor jeune «(bien qu'il se monslrast vers l'aage de trente «ans), il n'a pas encor veu ce qu'il luy faut; ornais je vous asseure qu'il sera un jour un « grand homme de guerre , car il est de fort « bonne et.ntdeureuse race ; aussy qu'il a bon a commencement et que je l'advanceray selon « ses mérites , desquels j'ay bonne espérance, o Je voudrais qu'il ressemblas! un peu Le Pe- «loux d'une chose, qu'il fust plus entrant qu'il «n'est en compaignic; car Le Peloux, il sçait

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