‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 265 sur 361 · M. LE PRINCE DE CONDÊ · texte numérisé non relu

M. LE PRINCE DE CONDÊ

de ce grand M. l'admirai 1 , duquel je viens de parler, bien qu'il eust faict aupai advant un trèsbeau commanccmcnt d'un très-brave prince, et tout remply d'esprit et fort belle monstre, el de l'un et de l'autre, aux guerres estrangeres, tanl aux charges de cheval qu'il eut, et de chevaux légers et de gens-d'armes, que de pied ; car il fut couronnel de l'infauterie en Picdmont , comme j'ay dict ailleurs.

Sur quoy il me souvient d'un conte, que, quand la rcyne merc eut faict madame la princesse de La Roche-sur- Yon sa dame d'honneur, M. le prince de Condé lui voulut remonstrer (voyre s'en mocquer, car il s'en aydoit) le lorl qu'elle s'estoit faietc , et à ses parens en cela , elle, qui avoit espousé un priuce du sang, avoir accepté ceste charge pour quasy servir de servante; à qui elle respondit qu'elle ne pensoit pas plus faire tort en cela , ny aux siens , que luy en la chargequ'il avoit autresfois prise de couronnel de sa belle infanterie et pieds puants de gens de pied , par la succession encor de deux gentilshommes qui esloient moindres que luy, comme feu Bonnivet el le vidasme de Chartres; par quoy, qu'il advisast à ses fautes, et non aux siennes, s'il y en avoit en cela pour elle : mais n'y en sculoit aucune puisque ce n'esloit se faire tort de servir sa reyne et sa dame souveraine en une charge si honnorable.Cc fut à M. le prince à se taire, combien qu'il parlast très-bien, et aussy bieu et à propos, je ne dira y pas que prince, mais qu'homme du monde, et sur-tout quidi>oit bien le mot , cl se mocquoil bien , el aymoit fort à rire.

Aussy de lui fut faicle une chanson en France, à mode d'un vaudeville, qui disoit :

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