‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 267 sur 361 · M. LE PRINC · texte numérisé non relu

M. LE PRINC

«petite forme d'empire, jamais il ne s'endcsparatira, et troublera tousjours la France pour entretenir sa grandeur. Il nous seroit meilleur «que le seul M. l'admirai s'en meslast, car il a «Tame plus douce, plus capable en tout que « l'autre, o

Il devint en telle gloire, qu'il fit battre monnoye d'argent1, avecques ceste inscription à l'entour, comme un souverain : Louys treizieswe , roy de France ; laquelle monnoye M. le connectable, retenant tousjours decestebonne paste ancienne, tout en collere, représenta à une assemblée générale qui fut faietc au conseil du roy Tan 1567, le 7 jour d'octobre après midy, au Louvre. On en détesta fort et la monnoye et la subscription Je ne sçay s'il est vray, mais il s'en disoit prou en la chambre du roy et de la reyne, voyre en la basse -cour.

Une autre ambition le saisit : lorsque le duc d'Albe passa vers Flandres, M. le prince, avecques d'autres, remonstrerent au roy que, puisque l'Espaignol s'armoit, il falloit aussy s'armer et border la frontière de gens de guerre, comme portoit l'ancienne cous t urne; et ce fut lorsqu'on envoya faire la levée de six mille Suisses, qui vindrent après : et quoy qu'on die et treuve l'on en escrit, ce fut M. le prince et les huguenots, qui premiers cryerent après cela, car j'estois lors à la cour, et ceux qui l'ont escrit possible ne le sçavoient-ils pas mieux que moi.

Etsurcesle arrivemeutM. le prince nechauma pas de bastir pour soy, car il gaigna sy bien M. le connes table, son grand oncle de par sa femme, qu'il lui consentit la lieutenance generalle en France, si le roy, la luy vouloit donner : et bien à propos la demandott-il au roy pour estre gênerai de ceste armée qu'on vouloit nouvellement faire dresser vers le duc d'Albe.

La reyne, mere du roy, point contente de ceste ambition nouvelle d'icelle lieutenance generalle, elle qui aymoit fort Monseigneur, frère du Roy, despuis noslre roy Henry III, et qui voyoit, et desiroit, qu'à luy ceste charge appartenoil et à luy seul debvoit eschcoir, bien qu'il fust encor jeune (mais il ne demeura pas sept mois après de l'avoir), en donna advis à M. son fils; et l'emboucha et l'instruisit si bien (et Dieu sçait de quelle main et bouche de bonne maîs-

* D'antre* disent des écus d'or. L'un est aussi vrai que l'autre ; c'est un conte inventé par les jésuites. suirroM i.

Page 1