‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 297 sur 361 · M. LE MARESCHAL DE BIRON · texte numérisé non relu

M. LE MARESCHAL DE BIRON

comme Ton dit, et le despescha en Xaintoogc, d'où il estoit gouverneur, et par conséquent du pays d'Onix • , pour faire sommer La Rochelle à vouloir reprendre sa première obeyssance au roy, et la gaigner par toutes voyes de douceur.

Il nous vint trouver en Brouage, sur la rupture de nostre embarquement , et nous porta alors commandement du roy de luy assister si les Rocbellois ne se vouloient remettre, amprè* avoir essayé et tenté toutes douces voyes, et y ayant envoyé vers eux force honnestes gens pour parlamenler, et mesmes M. le baron de Tonnay- Boutonne et M. du Vigean qui n'y gaignerent rien, si-non quelques bons coups d'espée que le sieur de Vigean eut et emporta pour sa part; et fut laissé pour mort dans la ruelle de son lict à ta Jarrie, de despit qu'ils eurent contre luy de quoy luy, huguenot et de la religion, venoit parler contre elle et son party.

Ce» douceurs toutes faillyes et désespérées, fallut venir à la force; et pour ce le roy luy manda de blocquer la ville, rn attendant la grande armée, pour assiéger à bon escient cl point à faux. De descrire tout ce siège , il me semble que je léser irais aussy bien qu'homme qui fust, car dès le commancement jusqu'à la fin je n'en bougeay, moiciié heureux, moictié malheureux; mais je le remettray à la vie de nostre feu roy Henry.

Pour le coup, je diray que M. de Biron fut malheureux eu ce siège; car il s'y travailla et peyna, fit tous les debvoirs d'un grand capitaine et d'un bon grand roaistre d'artillerye, et, qui pis est, y receut une grande harquebusade. Toutesfois la pluspart des assiegeansavoient opinion qu'il s'entendoit avecquesceux de dedans, et que luy et les siens leur donnoient advis de tout ce qui se faisoit au dehors; ce qui est le plus ftrand abus du monde, car, s'il eust pris ceste ville, il en estoit gouverneur et possesseur de la plus forte et importante place de la France; et luy, qui estoit un capitaine ambitieux, je vous iaisse à penser s'il eust voulu eschapper ce bon morceau, s'il l'eust peu prendre; et si on Teint voulu croire, et M. de Strozze, la ville fust esté prise en la gaignant pied à pied, comme nous avions faict sur la fin ; maison y alla si fort i la haste et en précipitation des assauts et bat-

• Aunii

teryes, qu'on n'y faisoit jamais que h besoignt à demy : et si vous diray bien plus que, pour l'envye qu'avoit ledicl M. de Biron de l avoir, il en fut en grand peync ei danger, ainsy qu'on le pourra sçavoir par ce discours.

Sur le déclin de ce siège, les Poulonnois pressèrent si très tant leur nouveau roy esleu de s'en aller en Poulongne , et luy proposèrent tant d'affaires urgentes , qu'il n'estoit possible d'y pouvoir mettre ordre sans sa présence. Ce n'es- (oieni pas seulement les Poulonnois, mais les François qui y avoieot esté envoyés, comme M. de Valence et le jeune Lanssac. Et ne l'en sollicitoient pas seulement, mais le roy et la reyne principallement ; laquelle reyne,esperdue de joye de son fils roy, luy sembloil qu'il n'y serait jamais; et pour ce luy manda de faire une capitulation à La Rochelle , quoy qu'il fust. Ceux de dedans ne voulurent pas faire pour eux seulement, mais pour autres villes, comme Montauban, Nismes et autres, fors le pauvre Sancerre, qu'on vouloitbien comprendre, maison trancha la broche tout à trac pour eux, car on les faisoit pris de jour à autre la corde au col; et toutesfois ces braves et déterminés tindrent encor plus de cinq semaines après la paix qui s'en ensuivit: laquelle faicle, le roy de Poulongne leva le siège de là avecques son honneur, ce qu'il desiroit plus que tout , et avecques une capitulation (elle quelle, mais tenant plus pourtant de l'ombre honnorable qu'autrement.

Or, durant tous ces parlemens, qui durèrent plus de quinze jours, les trefves faictes, M. de Biron fit tout ce qu'il peut pour divertir le roy et la reyne à n'entendre à aucune composition , et que, sur sa vie , qu'on luy laissas! faire, qu'il aurait la ville, la corde au col, dans un mois, ou pour le plus tard cinq sepmaines, sans rien perdre ny hasarder, si-non à faire de bons bloqus.

Gest advis et lettres ne portèrent nul coup pour ceste fois , d'envye que la reyne avoit de veoyr son fils et l'envoyer prendre possession de son royaume, qu'on luy faisoit si beau, si grand, si riche, si superbe , si opulent et si puissant D'en parler au roy de Poulongne il n'eust osé, car il avoit encor plus d'envye d'aller veoyr son royaume, ainsy que j'ay eu cesl honneur de luy en veoyr discourir avecques un ravissement d'ayse si grand , qu'il se perdoit quand il en

partait. Mais quand il y fut, il changea bien «faire, que je ne vous fasse donner des comd'opinion , car il n'y trouva pas la febve du gas- , «missaires pour examiner et informer de vostre teau qu'il pensoit; et, dans son ame, eust ; a vie et des (raicts qu'avez faicts contre le roy mieux aymé la ville de La Rochelle que le t «et son Estât, et puis vous faire trancher la royaume de Poulongne. Voylà comment, pen- j o teste. Et vous appartient-il aller contre mes sant bien rencontrer en une chose, on perd «volontés et desseins, vous qui je sçay bien 1'aulre certaine. ! «qui vous estes? Sans le roy et moy, que seriez-

M. de Biïon, quand il voit qu'il ne peut j «vous? Et vous vous oubliez! vous voulez faire do venir au-dessus du roy, de la reyne et du roy «gallant ; vous vouiez prendre La Rochelle, et, de Poulongne, sur ce faict, s'advise de brouiller « dites-vous , dans un mois ou six sepmaines, et d'ailleurs et escrire à M. le cardinal de Lorraine «voulez en avoir l'honneur et m'en priver! et aucuns principaux du conseil qu'ils empes- ; «Vous m'avez trop intéressé le mien, petit chassent ce levement de siège et cesle paix , et , «gallant que vous estes; car vous sçavez que la

qu'on luy laissast faire seulement, qu'un temporisement de six sepmaines rendrait au roy sa ville de La Rochelle plus suhjecte à luy qu'elle ne fut jamais; comme certes il estoit vray.

M. le cardinal , qui estoit un beau brouillon d'affaires , se met à faire menées là-dessus , et à gaigner ceux du conseil, pour divertir le roy et la reyne de ceste capitulation et paix, qui importunèrent tant Leurs Majestés, et principalement la reyne, qu'elle ne peut trouver remède pour s'en despestrer , si-non d'escrire et mander, par l'abbé de Gadaigne , en qui elle se fioit du tout, au roy de Poulongne son bon fils, les belles menées et menigances que traictoit M. de Biron contre luy, et qu'il parlast bien à luy comme il falloit, et des grosses dents, comme on dit ; et de mesmes en escrivit audict cardinal, et autres messieurs les beaux conseillers de ce faict, des lettres bien hautaines et menassantes; ce qu'il sceut très-bien faire, car de sa propre main il en fit les lettres , comme je sçay, et si braves et rigoureuses , si qu'ils furent tous estonnés ; et demeurèrent courts el hères et bracs, si qu'ils n'osèrent plus en sonner un tout seul petit mot.

Quant à M. de Biron , estant, sans y penser, un matin allé trouver le roy, et dans sa garderobbe, où le conseil se lenoit ceste fois , et estoit fort eslroict et gamy de peu de gens, le roy le vous entreprend d'une façon qu'il ne tomba pas du pied en terre, comme on dit; car d'abordade il luy donna ce mot : o Venez ça, petit «gallant, j'aysceu de vos nouvelles. Vous vous «meslcz de faire des menées contre moy, et « d'escrire à la cour ; je ue sçay qui me tient que «je ne vous donne de l'espée dans le corps et

« volonté du roy, de la reyne et la mienne, n'esatoient de venir à la prise de ceste place, que « m'aviez tant asseuré de la prendre en un rien, « fust-ce par amour ou par force , si-non sur le « point de la prise , de peur d'aucun affront à «moy. Je vins à Chastelleraud , où je fisquel- «que séjour. Vous me mandastes que j'eslois «trop loiug, et que je m'advançasse à Poic- « tiers, et que tant plus près je m'approcherai*, «tant plus j'intimiderais les Rochellois à se « rendre, qui desjà y bransloient. J'y fis là aussy «quelque séjour. Tout à coup, amprès vous me «mandastes en diligence que je marchasse à « Nyort , ce que je fis , et que le tout estoit en « bon estât de se rendre , et que jamais il n'y fit a meilleur. J'y vins, je m'y arreslay encor; etn'y «voyant non plus d'apparence qu'auparadvant. « pour fin il m'y fallut venir sur vostre foy, et a que je serais maistre du tout, ce disiez- «vous; où y estant, je n'y trouvay encor rien a prest , non plus qu'au commancement de mon « voyage; et , qui pis est , je n'y vis et n'y trou- «vay aucuns préparatifs d'aucun siège. Vous «m'avez faict demeurer cy-devant cinq mois; a «ceste heure que j'en puis sortir à mon taon- « neur, vous me le voulez traverser, et proposez «d'y demeurer et l'emporter, et triuropher de «cest honneur par-dessus moy! Je vous aj>- « prendray à vouloir faire du graud capitaine a «mes despens, et ne Testes pas aux vostres.»

Tant d'autres parolles fascheuses luy jctta-il. que jamais il n'osa repartir pour les parer, sinon que tout doucement faire ses excuses au mieux qu'il peut, autrement le roy de Poulongne luy eust faict un mauvais tour, tant il estoit en col 1ère contre luy. Et ainsy se.d»*|>*r-

• vous estende mort par terre, ou , pour mieux I tit ; et le roy monteàchevalets'envaà Ayn aride.

M. LE MARESCHAL DE B1R0N

Ce matin j'estois à la porte de mon logis , qui donnois à disner à MM. de Strozze et de La Noue ; je vis passer M. de Biron seul à cheval , et n'a voit que son escuyer Baptiste avecques luy. Je luy cric s'il vouloit venir disner avecques nous; et aussy tost il vient à moy, et mit pied à terre, et nous dit qu'il ne vouloit pas disner, car il estoit tout fasché; et nous prenant tous trois à part, il nous dit : «Je vous «veux faire mes plaincles à tous trois, comme « à mes plus grands amys que j'aye icy. Le roy «de Poulongne se vient fascher à moy, dit-il, «et parler à moy comme au moindre de ce «camp; dont le cœur m'en crevé. » Et puis nous conta une partye de ce qui s'estoit passé, car il ue nous rendit pas toutes les grosses parolles que le roy luy avoit dictes ; mais ce fut un tresgrand prince, qui nous les dit le soir, à M. de Strozze et à moy, qui estoit présent , et que ce pauvre homme, usant de ces mots, luy avoit faict pitié.

Du despuis le roy de Poulongne luy fit tousjours fort froide mine, et mesmesà son retour de Poulongne. La rey ne ayant mandé à tous les princes, seigneurs et grands capitaines du royaume, de la venir trouver à Lyon, pour recevoir leur roy et luy faire honueur à son entrée do sou nouveau règne , je vis quand il luy fit la révérence; mais il ne luy fit meilleure chere qu'a aucuns de nous autres ; dont je sçay bien ce qu'il m'en dit, car il m'aymoit fort ; et bien souvent me disoit des choses qu'il n'eust pas dict à un autre.

Ce voyage seul ne luy fut à propos ny à souhait comme les autres ; car le roy, partant de Lyou pour aller eu Avignon, ne l'employa en rien ny luy commanda de le suivre. Sur quoy il prit subjecl de luy demander congé de s'en aller en sa maison, qu'il luy donna fort facilement et aussy tost ; et y demeura tout le long de l'hyvcr et l'esté jusqu'à la fin d'aoust, que les nouvelles vindrent que M. de Thoré avoit fait sa levée de reistres et s'en venoit en France. I j reyne l'envoya quérir, par la prière de M. de Guyse, qui ne vouloit avecques luy autres capitaines que M. de Biron et M. de Strozze, pour bien estriller M. de Ti; ; cl tous ses reistres, disoit-il, s'ils se nicsloient d'entrer en France par son gouvernement ou par ailleurs. Je le vis arriver à la cour et faire la révérence au roy, qui luy fit assez bonne chere.

M. deGuyse faitdoneques son voyageen Champagne, n'y emmaine que ces deux capitaines qu'il vouloit , et vous estrilla bien messieurs les reistres, comme cela s'est veu; et l'honneur seul en fut à M. de Guyse , de Biron et de Strozze, bien que le marcschal de Raiz y fust; mais il y estoit allé en homme privé, et non en marcschal, n'y ayant aucune charge, non plus que le moindre gentilhomme de l'armée; de quoy un jour je l'en repris, car sa femme estoit ma cousine germaine, et luy remonstray que cela n'estoit pas beau a luy,quiestoit marescbal deFrance,dese trouver en uue telle affaire en homme privé, et n'exercer point sa charge; que jamais cela ne s'estoit veu. Il me respoudit : qu'il ne s'en souscioit point, mais, qu'en quelque estât qu'il fust, il peust servir son roy et luy monstrerque l'ambition ne le menoit point, mais l'affection qu'il porloit à son service. Et notiez que le roy ne l'ayraoit pas, ny luy, ny tous ceux qui l'avoient précipité à ce voyage de Poulongne, et qui avoient aydéà trouver moyens de le faire; car ce mareschal alloit tousjours trois journées avant dans l'AHcmaignc, pour luy préparer les logis , les chemins et gaigner les cœurs des princes; et pour ce, ledict mareschal faisoit tout ce qu'il pouvoit pour se remettre en grâce, aux dépens de sa vie, de sa charge et son honneur. Il alla là doneques ainsy privé; sur quoy. fut dict que, quand il arriva au camp ainsy privé, M. de Biron dit en quelque part assez haut : « Ah ! mort Dieu ! nous ne vou- «lons point icy de commissaires ny clercs des «vivres, nous y avons mis ordre. » Il le disoit parce que le tommancement dudict mareschal , nommé le Perron, fut qu'il eut quelque charge de commissaire et clerc des vivres du règne de Henry II, et exerça cest estât quelque temps, et puis chargea l'espée et fut cornette du petit M. de Fayguiercs, gentil capitaine de chevauxlégers dans Roye. Il y eut quelqu'un qu'oyaii dire ce mot à M. de Biron, dit à un autre très grand , que je sçais bien : o Voylà mal rendu la «pareille au mareschal de Raiz du bon traict qu'il «luy fil au bois de Vinceones au commance- «ment de la guerre civille.» Mais, ce n'est pas tout que de faire un bon office, il ne faut puis après le desfairc ny l'ensallir par un autre mauvais, ainsy que ledict sieur de Biron croyoil que luy et M. de Tavanncs l'avoient mis au papier rouge des proscrits.

Geste desfaicte de M. de Thoré ensuivie , au commancement que Monsieur se mutina contre le roy son frère, la reyne, qui ne desiroil rien tant qued'appaiser le tout et de rendre les deux frères bons amys, envoya quérir M. de Bironet venir vers elle pour luy assister à ce bon office et debvoir, dont s'en ensuivit la bonne réconciliation , paix et entreveue deux deux, Irèsagreable à tout le royaume. Ceste paix se convertit en guerre contre les huguenots, à cause des premiers estais de Blois.

M. de Biron fut envoyé vers le roy de Navarre pour le convertir, mais rien moins. La guerre se fait à Brouage par M. du May ne, lieutenant du roy en l'armée de Guyenne; il se prend. Cependant M. de Montpensier et M. de Biron traictent la paix, qui fut faicteà Bergerac, après laquelle il fut faict mareschal de France, et puis peu de temps amprès lieutenant de roy en Guyenne, là où il fit la guerre au roy de Navarre au bon escient, et luy donna de la peyne, bien qu'il commançast lors d'est re grand capitaine, et avoil avecques luy M. de La Noue ; et luy fit tout plain d'affrons et gallanteryes : si bien que l'entreveue de Coutras, de Monsieur , frère du roy, et roy et reyne de Navarre, pour traicter la paix , s'ensuivit après.

Le roy un jour devisant avecques M. de Bourdeille mon frère, à qui il faisoit cest honneur de l'aymer et luy concéder toute privauté de parler à luy et causer familièrement avecques luy, tombans sur le propos de M. de Byroo,de quiledict roy estoit très-mal content et en disoit pis que pendre, mon frere se mit à en dire beaucoup de bien. «Mais, dit le roy, qu'a-il tant jamais faict «que vous le louez tant? — Ce qu'il a faict ? dit amon frere; Sire, par Dieu! quand il n'auroit «jamais faict autre chose si-non que de faire oconniller un roy de Navarre, il a beaucoup faict. « Et sçavez-vous qui en est cause? c'est vous- «mesmes : que si vous estiez bien uni avecques «vostre roy et frere, vous nous feriez à tous la «loy, et nous braveriez, et nous suppediteriez

■ tous; au lieu que nousautres pet i tscompaignons,

■ targués et appuyés de l'auctorilé de nostre roy t et des charges qu'il nous donne, nous vous i bravons et vous donnons la loy.» De faict, en teste guerre M. le mareschal de Biron , estant lors lieutenant de roy, fit plus de mal audict roy que le roy ne luy fit, et le fit fort tenir en ccr-

I vclle et connillcr, et faire ptus du cheval-leger que du roy; non pourtant qu'il luy emportait grand chose du sien, disoit-on. Que si ledict sieur mareschal y eust voulu aller A la rigueur, il luy eust faict du dommage : si luy fit-il tousjours bravement teste sans s'estonner, non pas seulement se destourner quelquesfois de ses plaisirs de la chasse, qu'il ayme exlresmement ; et y alloit le plus souvent , quand l'envye luy en prenoit.

Sur ce, Monsieur, frere du roy, moyenna la paix à Coutras et au Fleyx, maison du marquis de Trans; mais ledict roy ne laissa de hayr à ma! mortel ledict sieur mareschal ; car, de capricieux à capricieux et de brave à brave , mal-aysement la concorde y règne : si que nostre roy advisa de retirer mondict sieur mareschal de la Guyenne, par des plaincles que le roy de Navarre luy fil, et remonslrances qu'il» ne sçauroienl jamais bien corapastir ensemble, et n'esroeussenl la guerre s'il demeurait davantage près de luy. Et pour ce l'envoya quérir pour venir à la cour, où il luy donnerait meilleure recompense. Je l'y vis arriver un peu après les nopees de M. de Joyeuse, et le roy luy fit très-bonne chère ; et y demeura quelque temps, jusqu'à ce qu'il fut envoyé en Flandres vers Monsieur, avecques les forces qu'il y mena, tant de François que de Suisses; et les condui>it bravement et heureusement ; et monstra bien au pas et passage de Gravelines, fort périlleux et scabreux , ayant en teste le capitaine La Motte, gouverneur, un très-bon et brave capitaine fnnçois, renégat qu'il estoit, sans perdre un seul homme , non-seulement là , mais après la feste ! deSainct-Anthoine à Anvers, qu'il se fallut de | sengager et sortir d'un grand danger où ils , estoient engagés et eschoués.

J'en parlcray en la vie de Monsieur, et par i conséquent dudict M. le mareschal et de l'honneur qu'il acquit en aucuns combats, qu'il rendit et soustint bravement. On l'accusa qu'il avoit estél'autheur principal de ceste entreprise dudict Anvers, par la suscitation de la reyne mere, qui ! ne se contentoit de vcoyr son fils à demy seigneur ' de ceste ville et nu 1res, et n'y commander que , par l'organe du prince d'Orange et autres seigneurs des estais. D'autres disolent que mondict sieur le mareschal , après qu'il la sceut estant hors la ville, et non plus tost, la reprouva et détesta fort, et en remonstra à Monsieur les incoo-

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