‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 310 sur 361 · M. LE MARESCHAL DE BELLEGARDE · texte numérisé non relu

M. LE MARESCHAL DE BELLEGARDE

Parlons un peu du martschal de Bellegarde, qu'on dit que s'il fust esté en la place de M. de Bourdillon, dont j'ay parlé cy-devant, il ne fust pas esté si facile à rendre le Piedmont , veu ce qu'il fit des villes de Carmaignolle, Ravel, Santal, Salluces, et de tout le marquisat de Salluccs; car il s'en empara et accommoda très-bien, comme si ce fust esté le vray propre de son oncle; et vous en vais faire le discours.

M. de Bellegarde fut en ses jeunes ans dédié par son pere à l'Eglise, et long-temps fut appellé le prevost d'ours, qui est une dignité ecclésiastique, je ne sçayoù, si ce n'est en son pays.

Lorsqu'il estudioit en Avignon , il luy advint, comme est la coustume des escolliers ribleurs et desbaurhés , de ribler et battre le pavé , tellement qu'il lit un meurtre d'un autre escollier; et pour ce luy convint de vuider la ville et s'en aller en Corsegue trouver M. de Termes son oncle, qui estoit alors lieutenant de roy; et laissant sa robbe, il prit les armes, par lesquelles se fit fort paroistre en un rien , car il estoit très-beau et très-vaillant , et de fort belle façon et haute taille, et avoit force sçavuir. Se faschant là, et n'y ayant guieres rien plus que faire, et que son oncle se retira , il tira en Piedmont, où il commanda une compaignie de chevaux-legcrs.

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