M. DE LA VALETTE
Feu M. de La Valette fut son beau-frere, lequel a esté un très-bon, vaillant et sage capitaine , et sur-tout l'a-on tenu pour un des dignes hommes pour commander à la cavalerie légère; aussy la première belle preuve qu'il coramiDCi à faire, ce fut ceste-cy en Piedmont, comme j'ay ouy dire.
Il estoit jeune cheval-leger de M. d'Aussun, s'il me semble. Son capitaine l'envoyant un jour a la guerre vers Ast, avecques seulement hakt chevaux des mieux choisis, il fut si heureux, que, rencontrant vingt ehevaux de l'ennemv, il les chargea , qu'il les desfit , la moictié morts sur la place et l'autre prisonnière; et ainsy tourna à MM. de Brissac et d'Aussun glorieusement , qui le louèrent et l'estimèrent tout plain.
Du despuis, quittant le Piedmont, il vint eu France, où il fut cornette de M. de Givry, au camp de Valenciennes , le capitaine Ferriere, dict Sauvebœuf, lieutenant , qui fut tué là devant en une escarmouche qui fut belle, où ledict M. de La Valette fit très-bien, et devant son roy, qui dès-lors le prit en telle estime, qu'amprfc quelque temps il eut une coropaignie de chevaux-légers, qu'il fit fort valloir et signaler, et mesmes au camp d'Amiens.
Aux guerres civilles, M. de Guyse, qui l'aynioit, le fit maistre de camp de la cavallerie légère, digne de ceste charge, disoit-on, plus qu'homme de France , et tousjours luv a esté continuée pour l'amour de cela.
Au retourdu voyage de lorraine, il fit une fort belle et remarquée desfaicte des ennemys en Ij Beauce. Aux troisiesmes t roubles, à l'escarmouche de Jazeneuil, il fit une charge très-belle et trev à-propos sur les ennemys ; si qu'eux et les nosires dirent qu elle venoit d'un très-bon et grand