‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 315 sur 361 · M. PARISOT, GRAND · texte numérisé non relu

M. PARISOT, GRAND

Il avoit lors une compaignie de gens-d'armes, et à la battaille de Jarnac; mais quelle compaignie estoit-ce? composée d'aussy honnestes gentilshommes, jeunes et vieux et tout, et ricbes , de la Gasooigne , qu'on eust sceu vcoîr, tant à l'envy estoient-ils désireux de ce pays la d'estre soubs ce bon capitaine, qui leur donnoit tous les jours de très-bonnes leçons et practiques; au reste, tous la pluspart montés sur de beaux et nobles chevaux d'Espaigne ou de Gascoigne ; si qu'ils faisoient factions de gens-d'armes et cbevaux-legers quand bon leur sembloit.

A la battaille de Jarnac, il entra si avant à la charge avecques cesle belle compaignie, que la pluspart de ces honnestes gens furent ou morts ou btesssés, comme je la vis ainsy desfaicte, descousue et bien changée de ce qu'elle avoitesté: et fallut que le roy luy baillast congé pour s'en aller en son pays et sa maison pour la reffaire, que despuis, il retourna si bien refaicle et recousue , qu'on n'y trouva guieres à redire à la première, tant la noblesse de Gascoigne l'aymoit et avoit créance en luy, et desiroit faire armes soubs luy.

Il fut lieutenant du roy en une mezze-partye1 de la Guyenne, qu'il gouverna bien sagement et avecques l'amour de tout le monde , et avecques un grand regret quand il mourut , qui fut de sa mort naturelle, et encor en un aage assez verd et ferme, et point encor fleny pour bien servir son roy et sa province. Et ne faut point doubler que sll eust vescu plus vieilles années , qu'il fust esté mareschal de France , car ses mérites luy promettoient cela , et que force autres qui vindrent après luy ne luy eussent osé passer cesle paille par le bec.

Aussy M. d'Espernon, son jeune fils, gouvernant si bien le roy son maistre, qu'on le tenoit pour un Monsieur et le second de France, l'eust poussé encor à plus haut degré que celuy de mareschal ; car, quand la valeur et la faveur sont ensemble, elles font de grands effects; et aussy qu'il faut donner ceste gloire naturelle à M. cTEspernon , que c'estoit le fils qui honnoroit le plus son pere , et bonnore encor fort sa mere, tant grand qu'il est , tout ainsy que quand il estoit soubs le fouet; et pour ce croit-on que Dieu Ta préservé de grands inconveniens et

'Moitié, de riuiien mezto.

MAISTRE DE MALTHE. 547 hasards qu'il a passé despuis six ans, et le fait

vivrepluslooguemejitquesescwipsetblesseures ne luy debvoient permettre. Je parle de luy ailleurs.

M. PAMSOT, GliAND MAISTRE DE MALTHE.

J'avois toutes les envyes du monde de mettre fin à ce livre dès à ceste heure, car il en est temps ou jamais non , sans qu'à moy se présente un si grand capitaine qui ail esté de nostre temps , et qui se peut parangonner aux plus grands que j'ay mis en ce livre, qui est M. IV risot , dict frère Jean Vallette, grand maistre de Malthe, François en tout de nation el Gascon ; et bien qu'il n'ait faict trancher son espée pour son roy de France, son supérieur et seigneur, nous autres François ne le debvons desadvouer, mais nous tenir très-heureux et très-honnorés d'avoir eu en nostre nation un si grand capitaine, qui a tant respandu de sang des infidelles et ennemys de Dieu et de nostre loy, et a beaucoup vangé celuy chrestien vilainement escoullé par eux, il y a tant d'années.

Ce ne sont pas nous seulement qui le louons , mais toutes les nations chrestiennes, et les Turcs autant que nous, et non sans raison. Le seul siège de Malthe en donne ample subject, où il fit paroistre sa valeur et sa suffisance, la place n'estant des plus fortes, ains estimée plus foible que forte, assaillye de tant d'hommes, battue de tant de pièces d'artillerie et de telle furie, qu'amprèsle siège levé elle avoit ressemblance plus d'une ruyne que d'une ville. Lee assauts grands, longs et assidus, donnés, rafraischis et soustenus, nous le doibvent encor d'autant plus faire admirer.

Entr'autres des plus grands que j'ay ouy raconter, fut un qui fut livré un jour à la poste de Gastille, si soudain et si furieux , qu'on vint l'appeller ( ainsy qu'il s'estoit un peu retiré pour se deslasser de la fatigue qu'il avoit enduré toute la nuict ) , et annoncer que l'enneray forçoit la bresche. Luy, sans s'estonner ny s'esmouvoir ( car de son naturel il estoit froid ) : ail y faut aller doneques, dit-il, pour les re- « pousser ; mais passons à l'église pour faire un « mot de prière à Dieu ; et . pour si peu que nous

«le prierons, le temps n'en sera point perdu ny «nostre aller retardé. Cependant Dieu, s'il luy « plaist , battaillera pour nous, d Ayant faict sa courte prière, arrive à la bresche, trouve ses gens très-vaillamment combattans, prend sa picque, qu'il fait très-beau veoyr en la main de ce grand homme, de très-belle et haute taille , qui paroissoit par dessus tous , combat bravement , et anime un chascun à faire comme luy : si que tous unanimement, combattans à l'envy par un long espace de 'temps plus qu'hommes , repoussèrent les ennemys dans le fossé avecques une très-grande tuerye.

J'ay ouy raconter & aucuns gentilshommes et marchands , italiens et françois , qu'ils ouyrent dire dans Constantinoble à aucuns Turcs jurer et affirmer qu'ils avoient veu des diables et esprits d'enfer combattre à la bresche pour ces chiens , appellans les chresliens tels, comme nous les appelions, et mesmes ce jour de cest assaut que je viens de dire , et que ce n'estoient point hommes, mais vrays diables, que ces chiens avoient invoqués et appelles à leurs secours. Tel lesmoignage est bien autant glorieux pour ces braves chevalliers et leur gênerai qu'il est faux.

Je me souviens qu'après le siège levé, mondict sieur le grand maislre envoya et despescha des ambassadeurs vers tous les princes dires* tiens, pour leur annoncer leur heureuse victoire et délivrance du siège ; ambassade certes bien plus agréable que celle qu'envoya le pauvre grand maistre de l'Isle-Adam , après la prise de Rhodes, pour raconter sa misère et pitié.

Pour noslrc roy fut le chevallier de I*a Roche, que despuis avons appellé le commandeur de La Roche , d'une fort bonne maison de Dauphiné , brave et vaillant , et fort accompli gentilhomme, qui partait très-bien françois , italien et espaignol et grec , et qui lors estoit premier escuyer de M. le grand maistre.

Il trouva le roy à Tours, au Plessis. Le roy et la reyne le receurent avecques une très-grande allégresse , et l'ouyrent fprt attentivement et d'affection en son discours de ce siège, qu'ils luy prièrent de conter tout au long; et encor plus 1 interrogooient sur plusieurs particularités qui leurvenoient enfantaisyerà quoy ledict La Roche respondoit si pertinemment , que Leurs Majestés y prindrent un très-grand plaisir , et en

CAPITAINES FRANÇOIS

furent fort satisfaictes , et surtout demeartrent ravis d'admiration de la valeur et sage conduicte de M. le grand maistre SurquoyM.leihanccllicr de l'Hospital, ce grand et uon-pareil sénateur, qui estoit présent, après que tout fut dict , prit la parolle,etl'addressant à la reyne, luy dit: «Ma- « dame , c'est un poinct fort remarquable en cecy, «qu'en trois gros et signalés sièges qu'ont soufofert ces braves chevalliers de Sa i net -Jean, des «infidclles et des Turcs , les grands maistresqui «out dedans leurs places commandé sont este « tous François ; si que l'on diroit que Dieu les «avoit csleus , suscités et appelles pour en plan- « ter la vive gloire , et plus grande que des autres «nations, et que, comme vrays et anciens ebres- « tiens, ils esloient destinés par-dessus les autres a deffendre le nom chrestien. L'un fut aie grand maistre d'Aubusson, qui deffendit m a vaillamment Rhodes contre le grand roiufon «d'Egypte, qu'il contraignit d'en lever leaege «et se retirer avecques sa grande honte et perle «de ses gens. L'autre fut M. le grand maistre «de l'Isle Adaiii à ce dernier siège de Rhodes, «qu'il soustint six mois durant, sans nul secours «de prince chrestien , et puis, rcduicl à toute «extrémité, la quitta par une très-belle et très- «honnorable capitulation. Encor, en quelque «estai et contrainetc qu'il fust , sans un traistre «chevallier portugais, qui meschamment trahit «son Dieu, sa religion, son grand maistre et «ses compaignons, et sans aussy un médecin «juif renié, il ne fust esté jamais pris, eteust «faict retirer aussy bien sultan Soliman comme «l'autre fit sou ayeul. Le troisiesme fut M. Pa- « risot . que vous voyez de frais et de nouveau «ce qu'il a faict en cestuy-cy. et en est demeuré «victorieux.»

La reyne, qui estoit curieuse de scavoir toutes belles choses, respondit : «Vrayement, « monsieur le chancellier, voyla une observation «très-belle et digne d'estre remarquée et re- « cueillie. » En se tournant vers le roy, qui estoit encor jeune, la luy fit noter, et le grand honneur que ce luy estoit et à son royaume et règne: et sur ce, se mirent a discourir quel siège de? trois avoit esté plus grand , plus dangereux et fascheux.

M. le connestahle , qui estoit présent , respondit qu'il falloit laisser a part le premier, car il estoit hors de nos cognoissaoces, bien que

M. PARISOT, GRAND MAISTRE DE MALTHf les histoires le nous représentent très-grand ,

et bien assaillyetbien deffendu ; aussy que de ce temps les places ne s'assailloienl ny s'assiegeoient si furieusement comme despuis de nos temps , ny comme fut le second siège, soustenu par son oncle M. de lisle-Adam, faict par un jeune prince ambitieux que sultan Solyman , qui n'y espargna ny verd ny sec , et n'y mena que deux cens mille hommes , s'il vous plaist , tant de guerre que de travail, dont il y avoit soixante mille pionniers de ses confins et frontières de l'Hongrie, de B'asquia1 et Bassina3, qu'on tenoit pour lors très-experts à faire raines, que le grand seigneur avoit faict venir exprès pour prendre la place et s'en ayder plus que de l'artillerie et autres forces, bien qu'il y eust cent pièces de fonte en baiterie, dont il y en avoit qui tiiwnt des balles de bronze et de marbre de onze palmes de tour. Les bons arithméticiens en peuvent bien comprendre et représenter, par la circonférence , la figure. Toutes ces pièces tirèrent ainsy souvent, et jour et nuict, et contre les murailles et dans la ville. On peut bien penser quel mal et quelles bresches elles pouvoient faire : et puis après les furieux et continuels assauts ( si que tel fut donné que par cinq fois il fut rafraischy ) qu'ils donnèrent , peuvent bien rendre compte quel siège ce fut ; en fin , les ennemys maistres de la bresche et du haut du rampart, et les uns cl les autres près d'une picque, les retranebemens entre deux, n'en pouvant plus , fallut parlemanter et se rendre.

Grande honte certes pour les princes clirestiens d'alors, qui , s'^musans à s'entre-tuer , se ruiner et se desposseder les uns les autres de leurs terres et Estais , laissèrent ainsy misérablement perdre ces gens de bien de chevalliers ! car le moindre secours qui leur fust venu de la chrestienté, ils estoient sauvés. Le pape, certes, pour loi s y esloit des plus eschauffés à la guerre ehrestienne, non pas certes chreslienne, mais barbare et cruelle; en quoy, certes, d'icy à cent mi le ans, ce grand roy d'Espaigne Philippes est digne de renommée et de louanges , et digne aussy que toute la chrestienté prie autant d'années pour le salut de son ame, si desjà Dieu ne luy a donné sa place en son paradis , pour avoir si bien secouru tant de gens de bien

» VaUcbie. - • BocoTioe

dans Mallhe.qui s'en alloit au train de Rhodes , laquelle l'empereur Charles son pere, et le pape Léon, abandonnèrent estrangement pour employer tous leurs sens , leurs soucis , leurs forces et leurs moyens à chasser te roy François hors de son estât de Milan; auquel bon roy ilnetint que Rhodes ne fust secouru , et luy en poisa fort sur l'ame, car enfin il falloit qu'il se deffendist. Si ne laissa-il pourtant de commander à tous ses ports de Provancc et de Marseille d'armer le plus qu'ils pourraient donner secours, aussy tost que ce grand maistre luy eut depesché ambassade, et aux princes chrestiens, de luy ayder.

Ainsy se perdit ceste belle isle et ville de Rhodes, dis-je, qui servoit de rampart à toute la chrestienté et de terreur à toute la Turquie ; si que, quand Solyman en fit l'entreprise, tous ses baschas et ses capitaines de guerre l'en détournèrent tout ce qu'ils peurent , et luy en remonslrerent de grands inconveniens, les fondans sur le siège passé qu'y mit Mahommet son bisayeul , où il n'y receut que de la honte et de la perte ; mesmes ses jannissaires commanccrent à murmurer quand ils virent qu'il les ruenoit là, tant ils curent d'appréhension de mal, sur l'exemple passé. Il n'y eut que Mustapha bascha , capitaine gênerai, qui le redressa; s'y laissant aller l'y poussa et oppiniastra ; dont pourtant il s'en cuyda trouver très-mal quelques mois après; car Solyman se voyant désespéré de prendre la place, et l'accusant qu'il estoit le seul autheur de l'y faire venir, luy faisant entendre qu'il l'aurait prise en un mois , et desjà il y avoit trois mois qu'il estoit là devant, et n'avoit rien faict : dont sur ce il se délibéra de luy faire trancher la teste sur le champ; mais les autres baschas luy remonslrerent qu'il n'en debvoit faire justice en terre d'eunemy ( quelle superstition I ) ou possible que c'estoit pour donner autant de courage et d'allégresse aux assiégés : ce qu'il creut ; et l'envoya au Caire tenir la place du capitaine de là, qui estoit mort, dont il en advoit eu nou velles. Si continua-il tousjours le siège , pour l'amour que son pere luy avoit recommandé à sa mort la prise de ceste place et de Belgrade , sur lesquelles il avoit dessein , et y alloit à toutes sans sa mort. Si bien que ce Jeune prince, tout courageux et ambitieux, et ne voulant nulleraenl dégénérer à ses prédécesseurs qui

avoieot esté si grands conquereurs, sultan Mahommel, sultan Bajazet et sultan Selim, il conquit ces deux belles places, Belgrade par son gênerai , et Rhodes luy en personne. Et ne faut doubter que, s'il n'y eust esté , jamais on ne l'eust emportée. Voylà que sert la présence d'un grand en une conqueste ! Enfin , il mena ceste place à tel deslroict , que des six parts de la ville les cinq estoient ruynées; toutesfois, ces braves chevalliers, et pardessus tous un Gabriel Martinengo, les deffendoient , et y faisoient tousjours des contiemines tant qu'ils pouvoienl , et si bien que les Turcs n'y firent tout a coup ce qu'ils vouloient ; mais la continuation et la longue les emporta par une très-honnestc composition, amprès qu'ils eurent faict mourir la devant cent quatre mille Turcs , dont il y en avoit de coups de main soixante quatre mille, et le reste de peine, de misère et de maladie. C'est tué cela, et faict mourir !

Il faut doneques penser, si sur ce coup fust arrivée une armée fraische,tant fust-elle esté petite, et composée seulement de quinze mille hommes, si la place ne fust pas esté conservée, et si l'autre n'eust aussy tost levé le siège; ou, s'il eust voulu combattre, si les nouveaux et frais venus n'eussent bien battu les harassés , fatigués et malmenés en toutes sortes: aussy sceut-il bien prendre le temps d'y aller ; et la principalle raison qui l'y mena fut la division et guerre qu'il vit entre les plus principaux princes curestiens, dont luy en sceut donner très-bons advis le traistre chevallier portugais, frère André de Merail.

C'est ce qui empescha jadis le bon et brave duc Philippes de Bourgoigne d'aller à Constantinoble faire la guerre auxTurcs et le reprendre, dont il en avoit toutes les envyes du monde, sans les jalousies et les appréhensions qu'il eut que le roy Louys XI, luy estant en un si beau et si bon et sainct œuvre occupé, ne luy vinst prendre ses terres et despouiller de ses biens, tant il avoit l ame traversée: et sans luy, ne faut doubter qu'il eust faict quelque chose de bon , car il estoit zellé et devotieux ebrestien. Il avoit donné au par ad vaut dix mille escus pour faire reedifier et refaire l'église et la chapelle de Hierusalem , et enavoit autant donné pour avoir faict bastir en la ville de Rhodes la tour de Bourgoigne. Belle ambition certes, pour veoyr en ce bel œuvre son grand nom gravé l Laquelle tour

JSDS CAPITAINES FRANÇOIS.

donna despuis bien de l'affaire aux Turcs, et la maudirent bien.

Ceste belle ville fut rendue par composition le propre jour de Noël , et le lendemain Agmet bascha dit à M. le grand maistre : que le grand seigneur avoit envye de le veoyr, et qu'il ferait bien de l'aller trouver dans son pavillon; ce qu'il fit le lendemain , pour estre aussy plus as* seuré de sa promesse et sa foy. Quand il fut devant luy, il luy fît un très-bon et honnorable recueil, et luy fil dire par son truchement : que la fortune à luy advenue de perdre villes et seigneuries, c'estoit chose commune et usitée, et qu'il ne s'en donnast trop de mélancolie, puisqu il vivoit en grand honneur, et qu'il ne se donnast peine de sa promesse, et qu'il s'en irait seurement avecques toute sa compaignie. Dont monseigneur le grand maistre l'en remercia trèshumblement, et puis s'en retourna. Le lendemain il vint à cheval dans la ville, et y entra par la bresche d'Espaigne tout à cheval. Aussy il vit la ville et la tour de Sainct-Nicolas, qui avoit esté celle de toutes qui avoit mieux faict teste; et s'en retournant, il passa par dedans le palais de M. le grand maistre, et estant dans la salle où les grands maistres avoîent accoustumé de manger , il demanda où estoit le grand maistre, et dit qu'on le fist venir; et n'avoit avecques luy que deux personnes seulement, Agmet bascha et un jeune homme qu'il aymoit , et ne voulut que d'autres y entrassent : et quand le grand maistre fut venu, il luy fit dire en grec par ledtet bascha qu'il n'eust pensement de rien, et qu'il fist ses affaires à loisir, et que s'il u'avoit ass« de terme de celuy qu'il luy avoit donné pour les faire, qu'il luy en donnerait d'avantage et tant qu'il voudrait. Ledict grand maistre l'en remercia et ne luy demanda seulement qu'il tinst sa pro messe. L'autre luy res pondit qu'il le ferait et qu'il n'en entrast en doubte ny d'aucun desplaisir; ce qu'il fit. Amprès il alla veoyr l'église de Sainct- Jean et la grande place, bien ayse d'avoir conquis si belle, bonne et riche place, qu'il faut bien dire telle; et puisque M. le grand maistre offrit de payer toute la despense qu'y avoit faicte le grand seigneur et qu'il s'enallast; ce qu'il reffusa et renvoya bien loing.

Il falbit bien dire qu'il eust de grands moyens, et toute la religion, et que ceste place leur apportast de grands revenus, moyens et butin»;

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