CHARLES IX, R
de Malthe, les Turcs vonlans fort ostcr ceste I esptne de leur pied. A la prise de la ville d'Affirique et an grand assaut qui rut donné, furent tués trente chevalliers, et autant de blessés. Estoit-ce s'espargner, pour si petit nombre qu'ils paroissoient en leur religion?
A ceste première vente ecclésiastique messieurs lesdiets chevalliers y estoient compris ; mais M. l'admirai, se trouvant au conseil lorsque cela fut proposé, s'y opposa, et dit tout baut que c'estoit leur faire tort , et n'y debvoient estre compris , et y publia fort leurs valeurs et vertus ; enfin , il débattit et opinias- Ira si bien entre les plus grands prélats, mesroes M. le cardinal de Lorraine , que je sçay qui y estoient , quM le gaigna et l'emporta par-dessus eux. Je le sçay bien , j'estais lors à la cour; rt sçay encore ce que j'en ouys dire une fois à M. le grand maistre , et l'obligation qu'ils en «voient tous à M. l'admirai. Du despuis ils l'ont trouvé â dire , et y sont esté despuis aussy bien compris que les autres. Ces pauvres gens ne debvoient point avoir telles rognures en leur bien, car ils n'en ont pas trop; et si peu qu'ils en ont , il ne leur vient qu'après Favoir bien gaigné par longs services, peines, travaux, mal-ayses, maladies et blesseures; et lorsqu'ils sont vieux et cassés, qu'ils u'en peuvent plus , et n*ont temps, commodités ny plaisir d'en jouir, ils en ont tellement quellement.
Pour finir, je dis avecques tout un monde : que M. le grand maistre Parisot a esté trèsgrand capitaine ; il en avoit toutes les qualités. Outre sa vaillance et capacité, il estoit un trèsbel homme, grand, de haute taille, de trèsbelle apparance et belle façon, point esmeu, parlant très-bien en plusieurs langues, comme bon francois, italien , espaignol , grec , arabe et turc, qu'il avoit apprises estant esclave parmy les Turcs qu'ailleurs. Je l'ay veu parler toutes ces langues sans aucuns truchemens. Je vous laisse à penser si , avecques toutes ces belles qualités , quand il fust esté en présence et en discours avecques tous les grands princes qu'il vouloit araisonner, ce qu'il eust sceu dire très-bien pour les esmouvoir à sa ligue trèssaincte.
1) mourut après avoir desseigné , basty et construit la nouvelle ville de Malthe, qu'où peut dire aujourcThuy la plus forte ville de la dires-
tienté, et avoir si bien logé messieurs les chevalliers, qu'à jamais ils sont invincibles. Dieu le veuille ! C'est assez parlé de luy : encor, pour un si grand subject, pensay-je n'y avoir pas bien atlaint ny satisfaict; mais on excusera 1 mon imbécillité.
CHARLES IX, ROY DE FRANCE
Il faut doneques finir ce livre; et tout ainsy que le commancement a esté pris d uo trèsgrand empereur, Charles V, la An se fera par un très-grand roy de France, Charles IX : non qu'il aye faict des choses grandes comme l'empereur; mais il estoit bien aussy courageux et généreux pour en entreprendre et en faire possible d'aussy grandes et hautes, et en venir I bout comme luy, s'il n'eust eu les traverses de la guerre civille , qui arrivent souvent à jeunes roy s, et s'il eust vescu. Il mourut en ce bel aage jeune que l'empereur cororaança à prendre les armes et sortir d'Espaigne.
Lorsque ce gentil jeune roy Charles vint à la couronne, il y eut plusieurs philosophes astrologues, et sur tous Nostradaraus, qui , curieux de sonder son ascendant et horoscope, trouvèrent qu'il serait un jour un très-grand, vaillant et très-fortuné prince, jusqu'à parvenir à la grandeur du grand empereur Charlemaigne, et ne luy céder en rien à ses grandeurs, valeurs, fortune et belles qualités ; mesmes nos poètes françois, flatteurs de leur nature, qui par leurs enthousiasmes veulent contrefaire les astrophiles, en firent plusieurs poèmes qui eu furent imprimés et publiés : cela faisoit grand bien aux foyes de la reyne sa mere, qui , quasy le croyant, s'en esjouyssoit beaucoup; tou;rs les voix populaires en raisonnoienl, dont en fui faict un traicté des neuf Charles. Je pense qu'il se irouveroit encor par escrit et imprimé ».
Et certes possible il faut croyreque, veu U noble naissance de ce roy, sa belle nourriture
1 O Traité e*t intitulé: Histoire des neuf roys Charles de France , contenant la fortune , vertus et heur fatal des roys qui, sous ce nom de Chablis, ont mis à fin des choses merveilleutes , el a été imprimé a Pari»r cfaei Pierre t'Huillier, en Iâ68 in-folio.
soubs la reyne sa raere et M. de Sipierre , qui ne luy preschoit jamais que la valeur, la grandeur et l'ambition , comme je l'ay veu , il cust peu parvenir à la moiclié ou troisiesme partie de la grandeur, félicité et beaux actes de :e nostre grand roy et empereur Cbarlemaigne, n'eussent esté les guerres civilles, qui cmpescherent le tour de la Fortune qui se preparoit a l«y. Et si les grands capitaines que le roy son pere luy avoit laissés par un très-riche et noble héritage, qui s'amusèrent en ces misérables guerres, eussent tourné leurs valeurs, belles conduictes et factions qu'ils y employèrent , possible que messieurs les astrologues se fussent trouvés vrays, et leurs prophéties et tout, et eussent faict trembler soubs leurs armes les provinces estrangeres, comme ils firent la France.
Si ne veux-je pourtant celer les grandes vertus, valeurs et louanges de ce grand Charles, que je n'en die quelques mots très-beaux que j'ay empruntés de ce grand historien Paul ./Emile, de ce qu'il raconte de la seconde fois qu'il fut à Rome, et de la renommée de ses vaillances et beaux exploicts d'armes, de luy et des siens. Ce grand et docte historiographe Paul jEmile, dans la vie de Cbarleinaigne, raconte doncqucs que: la seconde fois qu'il fut à Rome, la renommée de ses vaillances et beaux exploicts d'armes, de luy et des siens, s'estoit si fort espandue par tout l'univers, que tout le monde d'alors , le désirant veoyr dans la plus grande et principalle ville de la terre, n'esperani au-delà rien veoyr de plus beau ny de plus grand, y estoit accouru si fort, que les chemins en estoient tout couverts et rompus de peuple, que rien plus, dont la plus grand part differoit de langue, de région et de nation, et presque tous estoient diversement habillés. Le pape Léon pour lors le receut en tout honneur devant la porte de l'église, qui avoit commandé que chaque nation se divisast pour aller par bandes an debvant de ce grand roy, qui n'estoit encor esleu ny couronné empereur. Tout ce qui estoit de beau et de magnifique dans Rome fut lors apparu ; un chasnin en sa langue chantoit ses louanges : par quoy ses princes, barons, paladins et braves capitaines, voyans leurs faicts estre extollés dans cesle grande Rome des hommes de toutes les paris du monde, saj>j>er-
NDS CAPITAINES FRANÇOIS.
ceurent qu'ils estoient vrayement bien connus en tous lieux et endroicts; ce qui leur revenoit à une grand gloire, joye et contentement , et, qui plus est , à un désir plus eschauffé de faire à l'advcnir encor mieux que jamais, esperans jouyr de ceste gloire durant leur vie et d'une mémoire immortelle après leur mort.
Toute ceste grande multitude doneques vK par grande admiration ce grand roy, tant pour l'ornement de ses valeurs et victoires que pour la belle apparence et façon de sa personne; car il estoit haut, de belle taille, robuste, sain, assez gras, bien proportionné de membres, le visage beau, commançant un peu à grisonner, par où il monstroit une plus grande et grave majesté, dit l'histoire. Il fut couronné et proclamé publicquement empereur le jour de Noël (à bon jour bon œuvre), et appellé de toutes voix , graod empereur, auguste, vaillant en guerre , doux et pacifique en paix; disans tous aussy que ce ooœ et titre luy appartenoit très-bien, voire de monarque , et que celuy de roy estoit trop petit pour luy. Dit encor ce susdict historiographe que jamais on ne vit dans Rome tant d'estrangers, non pas en ce temps mesmes qu'elle commandoit à toute la monarchie ; ce qui est no grand cas : et certes il est aysé à le croire, car, ne dcsplaise à Octave Cxsar, qui le premier acquit ce grand nom d'Auguste pour luy et les siens, duquel l'empire et la monarchie fut en sa plus grande vogue, il n'estai la jamais à Charles de vaillance, car il n'estoit pas des plus vaillans.ct fort maladif pour faire de grandes choses, ainsy qu'il en cuyda quitter l'empire pour ceste raison. 11 ne donna de si grandes batiaillcs ny gaigra tant de victoires belles que Charlemaigne, ny mérita d'estre tant veu , regardé et admiré que luy. Certainement il donna et gaigoa cesif grande et sanglante battaille de Phil ippes, comme de nation pareille contre nation pareille; mai» on en a parlé un peu mal là de son honneur. Il gaigna celle Actiacque, qui fut la plus signallée des siennes, car il en avoit donné force au 1res; mais comment la combattit-il? Il en emporta la victoire plus par la lascheté de Marc-Antoine, bien qu'il fu&l vaillant , mais non pas ce coup là, et la démesurée amour de la gente Qcopatre.
Or, si Octave devint amsy monarque, son brave oncle et le nompareil Jules-Caesar, luy en
CHARLES IX, ROY DE FRANCE
avoit battu plus de la rooîclié du chemin, et, qui plus est, il estoit ainsy prédestiné par la prophétie que Nostre Seigneur et Sauveur Jésus- j Christ debvoit naistresoubs un monarque; ce qui luy ayda le plus 1 sa fortune et à sa gloire: mais le destin ne porte jamais tel coup de mérite comme la valeur et la vertu. Charlemaigne , toutes les guerres qu'il fit et les batiailles qu'il gaigna furent pour la gloire de Nostre Seigneur et de sa saincte religion, luy le plus souvent en personne dans ses armées et le plus avant dans les meslées: Dieu aussy l'en couronna au ciel d'une belle couronne , et le sanctifia pour e^tre révéré en terre, comme nous faisons mesmes les jours de sa (este. Octave mena ses guerres par grande impétuosité et inimitié, pour vanger la mort de son oncle, et ne cessa jamais qu'il n'en vist la totale vangeance parachevée jusqu'à l'extrémité , voire par de-là , s'il se peut rien ajouster à une extrémité.
Ah ! brave nepveu et juste vangeur de l'oncle ! Si Charles mérita tant de gloire parmy les curestiens guerriers ou autres, pour avoir si bien servy Dieu et son église, tu en mérites bien autant parmy les cavalliers et ceux qui font profession de l'honneur mondain , d'avoir si bien poursuivre et accomplye ceste honnorabie vangeance: aussy avois-tu encor de reste force vieux et braves soldats de ton oncle, leur vaillant et bien aymé gênerai . qui , passionnés de sa mort et de leur perte, ne s'y espargnerent pas, jusqu'à s'en saouler de sang. Ah ! que peu de nepveus se sont-ils trouvés pareils en pareilles vangeances de leur» oncles meurtris ou autrement offensés, non pas des eufans mesmes, qui ont laissé la mort de leurs peres assassinés sans la moindre vangeance du monde; et, sans respect d'aucune injure, Font alliances, confédérations, amyliés et Familial i .'• avecques les meurtriers; ce qui est abhorra ble et leur revient à une honte fort infâme: ils debvoienl mourir ou vanger, et n'en laisser leurs ames souillées par faute d'une belle résolution cl d'un bon coup.
J'en dis de mesmes de plusieurs créatures qui ont reccu une infinité de bu ns-faicts de leurs roys bieufaiclcurs; au diable la vangeance qu'ils en ont faieîe pour leurs meurtreset assassinats ! Les plus reformés chrcsiiens et resserrés religieux les en louent, et disent qu'il faut oublier les offenses, selon Dieu cl sa paroi le. Cela est
bon pour des ermiltes et des recollets, mais non pour ceux qui font profession de vraye noblesse et de porter une espée au costé , et leur honneur sur sa poinetc. Ou bien qu'ils la pendent au crochet , près de leur lict , ou qu'ils se rendent absolument religieux, comme ont faicl aucuns; et par ainsy seront excusés soubs ce bon habit de dévotion. S'ils disent qu'ils font toutes ces mines d'amytiés feintes et alliances pour reculer à mieux sauter et attraper leurs hommes, cela n'est nullement beau ny recevable parmy les gens d'honneur, car cela ressent mieux sa lasche trahison qu'une généreuse vangeance. Et bien, s'ils disent encor qu'ils veulent ensuivre la parollede Dieu et luy laisser la vangeance comme il l'a retenue , passe celuy-la; mais au moins qu'ils ne seconfederent et familiarisent avecques eux, non pas seulement qu'ils les saluent ny advisent.
Ils n'ont garde de faire ce qui fut faict il y a quelques années en Italie, dont je vais faire le conte. Au siège vaccant du pape Caraffe, vint à Rome de la cour de France, avecques M. le cardinal de Guyse , le comte Teofe, Ferrarots, gentilhomme de la chambre du roy Henry II, qui l'aymoit fort. Un soir, ayant joué jusqu'à minuit avecques M. le grand prieur de France, de la maison de Lorraine, ainsy qu'il sortoitde Montc-Jourdan vers son logis, fut rencontré d'un sien enneray en la rue, qui luy doona un coup de pistollet à travers le corps et le tua tout roide mort. L'allarme en vint à M. le grand prieur qui y accourut , et tous nous autres aussy avecques luy : nous n'y trouvasmes que le corps et deux de ses vallets qui le gardoient, et en accusèrent le meurtrier. La femme vint de Ferrare quinze jours après, avecques deux de ses enfans de l'aage de dix à douze ans l'un et l'autre , pour demander justice. Je la vis assez belle femme et ses enfans bien jollis. Il n*en fut autre chose, si-non qu'au bout de six à sept ans, s'estans faicts grands d'aage et de courage, firent entreprise sur le meurtrier de leur pere, si bien et si beau , qu'estans un jour entrés en sa maison par surprise, ils le tuèrent , luy, sa femme, ses enfans, ses filles, tous ses serviteurs , bref jusqu'aux chiens, aux chats et tout ce qui estoit de vie leans. C'estoil vanger cela , et sans aucune espargne d'une seulle goutte de sang ! J'estois lors à la cour quand ces nouvelles y vinrent, que
l'ambissadeur de Ferrare les conta à madame de Nemours et madamoisellede La Mirande, que j'y estois présent.
Nous avons eu, n'a pas long-temps, le vaillant M. de Mouy, fils de ce brave et vaillant M. de M <Mi y , et grand capitaine , duquel je parle ailleurs et de sa valeur, assassiné par Montravel traîtreusement, comme j'en parle ailleurs ; aussy un jour, sans aucune appréhension de danger de mort ny de justice, vint le charger, bien qu'il fust accompagné ordinairement de sii à sept assassins comme luy, tous pestrinalliers , à qui le roy en avoit donné ce privilège, odieux pourtant à un cnascuudela cour, et mesmesaux gens de bien; le tue bravement par une belle résolution en plein jour et belle rue de Paris. Il est vray qu'il y fut tellement blessé d'un pestrinal a travers le corps, qu'il en mourut, non tout à coup sur-le-champ ; et sans madame de Nemours, qui a esté tousjours bonne , pie et miséricordieuse , le roy le vouloit faire exécuter: grande rigueur pourtant, disoit-on à la cour; mais ce brave gentilhomme ne se soucia jamais de sa mort , en quelque sorte que ce fust , disoit-il , et mouroit content puisqu'il avoit vangé la mort de son brave perc, et luy avoit immolé ce traistre et massacreur i ses mânes genereuses.
J'allègue icy M. de Guyse dernier, ce valeureux prince qui vangea la mort de son pere, ce grand François de Lorraine, à qui je vis dire, après sa mort, tout jouvenet qu'il estoit de l'aage de treize ans, qu'il ne mourrait jamais qu'il n'en eust vangé la mort ; ce qu'il fît , après en avoir longuement pourtant temporisé et persisté en ceste opinion, bien que celuy qu'on soupçonnoit , qui estoit M. l'admirai, n'en estoit tant coupable que l'on croyoit , ainsy que j'en parle assez en sa vie. D'autres en estoient bien plus coupables, qui n'en pastirent jamais, lesquels j'ay nommés ailleurs ; mais il fallut que ce grand capitaine payast l'cscot pour les autres, et aussy, comme je luy ai ouy dire quelquefois, qu'il ne sentoit les autres dignes de sa haync et de sa collereet vangeance, n'en voulant qu'au grand capitaine comme luy.
Or c'est assez parlé de ces vangeances , bien que j'en eusse allégué une infinité de très-beaux exemples; j'en parleray aussy ailleurs; mais il faut finir, pour retourner encor à ce grand
Charlemaigne et Octave, lequel fut tant re douté en son empire et monarchie, que le* Parthes, s'estans donnés le nom d'invincibles, envoyèrent rechercher ledict Octave d'amytié et confédération : il la leur accorda soubs condition de luy rendre les enseignes que Crassus et Marc-Antoine avoient perdu aux guerres passées à rencontre d'eux. Il ne se parle point qu'ils les rendirent, mais dit bien Suétone, que Tibère les redemanda; et demeurent la courts les historiens. Charlemaigne fut requis» de Aaron , roy de Perse, de semblable aroytié et de paix , et pour ce luy envoya de fort beaux presens, jusqu'à un grand éléphant, que les François, qui n'en avoient veu jamais, se pleurent fort à le veoyr par grand merveille.
Ce présent certes fut admirable et rare pour lors ; mais chose plus rare fut qu'on trouve en la vie de l'empereur Severus que, ayant desfcid les Parthes, il donna A ses gens et despartit «gaiement , le plus que faire se peut , tout le butin qu'on avoit gaigné en ceste province; et ne garda rien pour luy, fors un anneau de licorne, on papegault blanc et un cheval tout verd, qu'il estima plus pour la rareté et couleur uaifre et belle que pour la valeur, comme certes ri avoit raison ; car nul butin, tant précieux fust-il, ne l'eust peu esgalter, et sur-tout ce cheval verd de nature. C'esloit bien honnorer ce grand prince, car ces gens là sont esté de tout temps très-belliqueux, rognes et arrogans, voire se disans invincibles, comme j'ay dict. Leurs faim passés en font foy , et encor aujourd'huy, pour les guerres et les deffenses qu'ils ont faict contre le grand sultan Sotyman , invincible comme eux. et de frais , contre ce brave Amurat , duquel la mort est fort regretaWe , car il n'estoit pas trop ennemy des curestiens. Pour fin, qui voudra bien considérer toutes circonstances et toutes choses, on trouvera, qu'en la comparaison de en deux susdicts grands empereurs, que rien on peu y manque , mesmes tous deux fort malheureux en lignée de chasque sexe; car aucuns de leurs enfans , petits-enfans et nepvenx , sont esté aussy vicieux, que les filles, petites-filles, bonnes vesses et putains : voyez les histoires. Ainsy le monde va , qui se hausse et se dedine selon la fortune, mais, pour mieux parler, selon la volonté de Dieu, qui conduit les temps et les saisons comme il luy plaist avecques les prr