‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 332 sur 361 · M. D'ESPERNON · texte numérisé non relu

M. D'ESPERNON

Voylà mainctenant M. d'Espernon de France, de la façon que j'ay dict , et comme l'ayant aussy très-bien mérité , fust avant fust après.

De descrire mainctenant ses valleurs et ses faicts, ce serait une chose très-vaine et superflue à moy que de m'y amuser, veu qu'ayant esté un favory du roy, le plus grand que jamais roy de France ayst eu, jusques-là que je l'ay veu que l'on ne l'appelloit à cour que Monsieur simplement , comme fils ou frerc du roy, bien que M. d'Alençon vesquit ; ne seroit-ce pas à moy superfluité doneques d'en faire discours, puisqu'il est vraysemblable qu'ayant esté si grand et tenu tel rang, qu'il n'ayst obligé pour le moins quelque bon escrivain qui ayt escrit ou escrive et publie ses louanges, ainsy q ue j'en ay veu quelques I ivrets qui ne sont pas mal faicts, qui font beaucoup pour luy et le nous font cognoislre pour tel grand personnage qu'il est ?

D'autres ont esté faicts contre luy. Mais les autbeurs, ce dit-on, ont un peu parlé par passion; et ne faut pas croire quelquesfois tout ce que l'on dit et escrit par mesdisances, comme celuy que l'on fit de luy, qui fut le Gavaston ', et l'autre , dont on en fit une risée ; car, estant faict nouveau gouverneur de Provance , il alla pour y mettre ordre, d'autant que la Ligue le troubloit un peu. Il se fit un livre à Paris par mocquerie de luy, qui se vendoit devant le palais et parmy les rues , comme l'on en voit des cryeurs et vendeurs de plusieurs autres; et s'intituloit ledict livre : Les hauts faicts, gestes et vaillances de M. d'Espernon en son voyage de Provance. Le titre le chantoit ainsy, et estoit très-bien imprimé; mais tournant le premier feuillet et les autres ensuivans, on les trouvoit tous en blanc et rien imprimé.

Les curieux, tant amys qu'ennemys dudict sieur d'Espernon , accouraient auxdicts petits crieurs et porteurs de livres , pour veoyr que c'estoit, et en achepter; lesquels, voyans le titre, desboursoient de leurs gibecières pour en faire l'achat.

Aucuns en voyans le titre , et puis tournans le feuillet, et n'y voyans rien , se courrouçoient contre les vendeurs, disans qu'ils estoient des abuseurs de monslrer par l'apparence du titre du livre et rien dedans : et eux pour excuse respondoient aussy : a Aussy n'a-il rien faict, « monsieur. Pourquoy voulez-vous qu'on en im- « prime rien?»

Autres, se contentans de la première inscription, sans regarder dedans, y mettoient leur peu d'argent , et eux , arrivans à leur logis , pensans faire quelque belle lecture après disner, y trouvoient bianco, et , bien faschés d'avoir si mal employé l'argent de leur baudrier. Aucuns se mocquoient d'eux- mesmes. D'autres , plus raquedinares , se despitoient , et maudissoient* et M. d'Espernon et son livre et ses gestes, d'y avoir mis et em-

1 Favori d'Édouard 11 , roi d'Angleterre, dans l'histoire duquel on dépeignit alors les excès du duc d'Éper- Don , comme on prétend qu'on dépeignit ensuite ceux du connétable Albert de Luy ne» dant celle de Jean II , roi de Camille , ou plutôt de son connétable Alvaro de Luna. publiée *i>u* le nom du sieur de Cbaintreau, mais qu'on attribue nu cardinal de P

HOMMES ILLUSTRES ET (JKAîSDS CAPITAINES FRANÇOIS.

ployé si mal leurs pièces, qui leur eussent servy d'ailleurs.

Si est-ce que, nonobstant ceste Manque, plusieufft luy donnoient réputation d'y avoir pris une place inexpugnable et imprenable, comme Sorges, au milieu de l'hyvcr, des pluyes, des glaces el neiges, et monté et planté son artillerie pour faire sa batterie en un lieu si inaccessible, que c'est tout ce que pourroient faire les chievres que d'y aller ; et la prit pourtant , mais avecques perte de force tous cl bunue.stes hommes, tant gentilshommes que capitaines et soldats, et à la barbe d'un des braves et vaillans gentilshommes que j'aye cognus, qui esloit M. de Vins , qui luy donna bien des empeschemens , et luy en eust donné d'avantage s'il eust vescu.

En son second voyage qu'il y a faict après la mort de son frerc M. de la Valette, encor qu'il ayt trouvé de braves et gallaus hommes, très- vaillans, qui luy ont bien faict teste, rayant empesché de prendre les meilleures villes du pays, que, s'il les eust pu empiéter, il ne les eust pas desmordues aysement ; pour lesquelles attrapper , il n'y a rien oublié de toutes les sortes d'industries ny de main; car il fit entreprise sur Marseille, de nuict, par le moyen des pétards et quelque petite intelligence qu'on le disoit avoir dedans.

Aucuns disoient et croyoient que ce n'estoit que vaine ostentation qu'on disoit l'avoir entreprise, et qu'on dist après, et publiast-on par la Franceque : M.d'Espernon avoit oséat tenter avecques deux mille hommes sur la plus renommée et forte ville de la Gaule du temps des Romains et autres empires el règnes , et que , de nos temps, MM. de Bourbon et marquis de Pescayre,si grands et excellens capitaines, avoieut failly, voyre l'empereur Charles, en son voyage de Provaoce.

Voylà comment le monde discouroit sur ceste entreprise vaine de M. d'Espemon , la

Autres disoient et affirmoient : qu'il s'estoit armé de bon, et à bon escient, et que, sans un pétard qui tarda à venir, la ville estoit sienne ; car desjà elle esloit toute en peur. Je m'en rapporte à ce qui en est.

Une autre belle expédition qu'il a faicte, c'est

ceste citadelle, ou plustost bastille ou forteresse, j'ay ouy dire à de plus entendus que mo) , et

ou blocqus ( on l'appellera vuuimc vu *vu».., car c'est pervertir autrement le nom de citadelle, qui le veut bien déchiffrer) qu'il fit devant Aix : car, voyant ne la pouvoir avoir par force, a cause du peu de gens qu'il avoit pour expugner ou assiéger une telle place , où il y avoit tant de gens de bieu, d'honneur et de valeur dedans, il advisa d'y bastir et construire ceste citadelle , pour les tenir en bride, les affamer et faire venir à composition. Et de faict, la baslit à leur barbe, nonobstant les belles sorties que tous les jours ceux de dedans fatsoieut sur les siens : œuvre certes très-admirable , et qu'un plus grand et plus puissant que luy n'eusl sceu faire. Et si ce grand empereur Frédéric a esté loué et admiré pour avoir basli une telle bride-place devant Parme, et l'appella Victoria , comme nous trouvons par escrit, il faut dire de mesmes que ceste œuvre de M. d'Espernou a equipollé et parangonné celuy d'un des grands empereurs et braves qui avoit esté despuis Charlemaigne jusqu'à luy. Et ce qu'il faut admirer est que, dès le commancement de ceste forteresse, il y fut très-griefvcment blessé; car, aiusy qu'il esloit une après-disoée retiré dans une tente , et qu'il jouoit pour passer le temps avecques quelquesgentilshommes, fut tiré de la ville un coup de coulcuvrine, pensez! pa le rapport de quelque bon espion, qui luy emporta deux gentilshommes auprès de luy, dont l'un fort son amy (quel secret de Dieu !) ayant la cuisse emportée et le bras; des os qui eu sortirent , vinrent donner coutre le ventre et cuisses dudicl M. d'Espernon, qui le blessèrent tellement qu'on le tint pour mort longtemps; mais après il fut si bien secouru qu'il en est rescbappé.Et, nonobstant sa blessure, jamais ne cessa sa fortification, et commanda la continuer; tellement qu'il la mit en peu de temps inexpugnable et logeable de plus de douze cens hommes, tant à cheval qu'à pied, qui ordinairement donnèrent si grande fatigue à ceux d'Aix, que la ville s'en alloit à sa mercy, sans la révolte qui s'ourdit en la Provaoce, tant du costé de la noblesse que du peuple, et sans que, se remettant à l'obeyssance du roy, adviserent d'appeller M. des Diguieres, un de* grands capitaines qui soit aujourd'huy en France, sans faire tort aux autres, ainsy <jiie

DES COURONNELS FRANÇOIS.

quêtes faict s le monstrent eneor mieux, comme j eu parie en sa vie : et nul qu'un seul M. des Diguieres pouvoit faire ce coup ; et nul, disoiton, que M. des Diguieres se pouvoit opposer à luy, ny l'affronter, ny faire songer à sa conscience , et abbaisaer sa cupidité et ambition. Aussy, à bon chat bon rat, ce dit-on.

Veu les hasards qu'a couru ce M. d'Espemon, il y a plusieurs gens qui ont opinion qu'il soit fée , ou qu'il ayt quelque démon ou esprit familier qui le guyde ; car, estant ha y en France plus qu* bornait- qui fust jamais favory du roy (si croyje), il a esté guetté, cavallé, vendu, attenté et conjuré en toutes façons, et blessé, et pourtant esebappé jusqu'icy.

Il fut faict une entreprise sur luy à Angoule*me, aussy bien tramée qu'il en fut jamais; mai* les exécuteurs ne firent rien qui vaUle; et, au lieu de le charger, s'amusèrent à piller son cabinet et ses habillemeus, et les jetler par les fenestres.

U y demeura deux jours et deux nuicts dans le ebasteau assiégé , tellement que luy ny les siens q a voient de leau pour boire : si bien qu'aucuns des siens , comme je leur ay ouy dire, furent contraincts de boire leur pissat; et tous s'en alloieut mourir de soif (mort de Roland), sans que les assiegeans se mirent à capir, et faire composition d'abolition du tout ; lespuis ils l'ont bien payé.

Au bout de quelque temps après, tournant de son gouvernement de Boulongne, et passant vers Monstreuil , il desfît la garnison de cheval de là fort heureusement, et en prit prisonnier le gouverneur, et force autres gentilshommes avecques luy; et, venant passer et loger à Corbie, oùeatoit Ai de Longueville, lieutenant gênerai pour le roy en toute la Picardie , mondict :>ieur d'Espernon , ne sçacbant pas , ou ne se souvenant , ou du tout ne le voulant point , ne présenta ses prisonuiers audict lieutenant gênerai, comme la raison vouloit. A quoi M. de Loogueville, prince d'honneur et de mérite, se sentant picqué, les luy envoya demander ce soir; lesquels luy estans refusés de l'autre , M. de Longueville fait mettre tout le monde en armes, et bons corps-de-garde et barriquades devant le logis de M. d'Espernon, qui eut subject de dire , comme il a dict despuis à de ses aùjys : que jamais il n'eut si belle peur, ny

pensa mieux mourir que là. Mais enfin M. de

Longueville, comme prince bon et courtois, à la mode de feu M. son père, qui l'estoit s'il en fut oneques, se contenta de quelque honneste satisfaction, n'advisant pas tant à la convoitise ny au profit. Si bien que le tout s'a ppai sa, e M. d'Espernon sortit lendemain matin de la ville , bien ayse , il ne le faut pas demander.

Voyia un grand hasard pourtant. Que, s'il eusteu affaire aveequea un homme turbulent, rapineux et subjectà la pince et à l'avarice , je scay qu'il n'en fust pas esté quitte à si bon

Je ne sçay comment ils en sont, et s'ils sont tousjours en querelle; mais plusieurs disent que M. d'Espernon ne luy doit rien demander, puisqu'estant en son pouvoir, ne lui ayant faict mal ny desplaisir, et luy en pouvant faire, s'en estoit allé ainsy.

Je m'en rapporte aux grands capitaipes duellistes, qui ont là assez ample subject pour s'y esbattre de parolles. Ce seigneur eschappa là pourtant un grand hasard.

Il a esté aussy souvent blessé, et fort grandement, et mesmes à Pierreroat d'une grande arquebusade à travers les roaseboirea, dont il n'y avoit ordre qu'il eschappast, non plus que d'un grand cerf en son rut, qui luy donna des cornes à travers le corps, et le porta à deniymort par terre.

Force autres blessures qu'il a eues, et de frais de la fougade de Brignolles, qui a esté une grande eschappade et hasard , dont il en est esebappé fort heureusement et par la grâce de Dieu, et par la bonne main de M. Sourlin , qui est prevost des bandes franeoises, et un des meilleurs chirurgiens de la France, très-heureux à Pendroict de M. d'Espernon, et pas tant à d'autres.

Voylâ pourquoy on ne sçavoit oster de l'opinion de plusieurs, qu'il n'eust quelque démon qui le linst par la main , tant pour la vie que pour les biens, faveurs et grandeurs; car il a eu du roy son maistre tout ce qu'il a jamais voulu. Touchant l'or et l'argent qu'il en a jamais tiré, le monde en dict tant que je n'en puis croire la moyclié. Quant aux places et terres, il n'en a jamais eu qu'Espernon et Fontenay, et despuis peu Vilebois et autres terres de M. de Montpensier en Aogou»

mois, qu'il a achetées de ses propres deniers, mesmes, car H avoit à sa suite plus de capitai-

et non de ceux du roy, comme Espernon et nés en chef, de lieutenans, d'enseignes, de ser-

Fonlenay. Et n'a voulu faire comme ont faict gens, de capitaines entretenus, de payes reaies.

M. le connestable, M. le mareschal de Sainct- ; Bref, qu'estoit-il question de veoyr plus belle

André, mareschal de Rets , Matignon et autres • suite et compaignie que d'un tel couronnei .

favoris de roys, qui se sont plus délectés à avoir et acquester des belles places. Mais cestuy-cy s'est advîsé d'une cabale d'économie, à laquelle les autres n'avoient jamais l'œil, comme on disoit à la cour; car luy, détestant toutes ces possessions , domaines , propriétés, et territoires, il s'est faict donner force beaux gouvernemens , qui luy valoient plus que tous les acquesis du monde qu'il eust sceu faire.

On l'a veu pour un coup avoir le gouvernement de Metz et pays Messin, de Bou longue et Boulonnis , de Loches , du marquisat de Saluées , de Provance , d'Angoulmois , Xainciooge , Aunis, Touraine, Angers, et de la Normandie. Celuy-là, il ne le garda guieres. 11 le donna à M. de Montpensier, d'autant qu'il n'appartenoit de tout temps qu'au Dauphin de France, et, luy faillant , et autres fils de roy, appartenoit de raison à un grand prince du sang. Ledict M. de Montpensier disoit alors: «Mon maistre, «ce morceau est trop gros pour vous; il vous «estranglera si vous vous meslez de le vouloir «avaler.» Aussy le quitta-il.

Or, je vous laisse à penser comme il a pu faire valoir le talent de tous ces gouvernemens. Aussy sont -ils esté cause du maintien de son estât et sa grandeur. Si que, possible, sans iceux le roy son maistre , qui l'avoit tant aymé et eslevé, et puis s'en estoit refroidy, luy eust faict un mauvais tour, ainsy que le bruit commun de la cour et de la Frauce en trottoit.

Et si ces gouveruemens luy ont fort servy, Testât de couronnei l'a fondé encore mieux , d'autant qu'il avoit soubs luy tant de compaigniesà sa dévotion, et tant de soldats. Il les mettoit , il les ostoit , les faisoit, les desfaisoit, les renouvelloit , les transmuoit, les transportait où bon luy sembloit, en disposoit à sa volonté, les sarroitaux garnisons, faisoit des loix comme il vouloit nouvelles, observoit les vieilles ainsy qu'il voyoit luy estre utiles. Fit ériger cest estai en officier de la couronne de France, ce qui n'avoit jamais esté faict , et a esté le premier qui fit ce coup. Et, qui plus est, il estoit mieux ordinairement accompagné que le roy

qui le vouloit ainsy et le commandoit expre*-

J'ay ouy dire qu'au camp de Jalon, le roy François 1 manda quérir ses vieilles bandes du Piedmont pour faire teste à l'empereur qui vouloit descendre en Champaigne , M. de Taysvint faire la révérence au roy fort pompeusement, accompaigné de toutes ses bandes et capitaines victorieux , triompha ns de ceste mémorable battaille de Cerisoles , où il y en avoit grande quantité ; car il y avoit vingtquatre ou vingt-cinq enseignes. Je vous laisse à calculer combien il y pou voit avoir de capitaines, tant en chef que autres membres et capitaines entretenus; et Dieu sçait quels hommes, tous cares de princes2, voyre de plus. U roy admira fort ceste trouppe , et dit après : «Foy de gentilhomme ! voylà le plus bel estât «de mon royaume, et aussy suffisant pour te «faire accompaigner, craindre et respecter. Et « m'estonne que beaucoup de mes petits sots fus «princes de mon royaume, qui font tant des «grands glorieux, n'y ont jamais aspiré , qui «se ruynent eux et leurs moyens pour avoir «des gens à se faire suivre, craindre et respec- «ter, au lieu qu'à mes despens , et qui ne leur «cousteroit rien du leur, ils-seroient tousjours «mieux accompaignés que moy ; et par ainsy es- « pargneroient le leur pour l'employer mieux à «mou serviceJe ne sçay s'ils le font pour craio- «dre, ou pour espargner leur peau ; car Testât «est fort hasardeux; mais pourtant si en se «roient-ils bien plus heureux, bonnorés et reso pectés ; et sont des petits sots qui le desdai- «gnent.»

Je ne sçay si M. d'Espernon avoit pris langue de là ; mais je trouve, et d'autres avecqoes moy, qu'il ne fit jamais mieux que de se pourveoirde cest estât, qu'il n'a voulu pourtant jamais desmordre, quelque sollicitation que le roy d'aujourd'huy luy en ayt faictes, de«-

1 Ici on lit en marge «tant le manuscrit 8772, de ta main de Brantôme : «Je croy avoir ceci cy-devant ; par quoy ne huit plus le redire.»

DES COURONNELS FRANÇOIS.

tint gratifier M. de Chastillon ; d'autant que le roy disoit que M. d'Espernon ne s'y rendoit pas subject , et qu'il s'amusoit trop aux autres grandes charges qu'il avoit touchant ses gouvernemens. Car, quand tout est dict, le plus souvent qu'il l'a exercé, il estait , et lieutrnnnt-general , et gouverneur, et couronne! , exerçant tous les estais ensemble, et s'en acquittant très-dignement avecqucscela, et vaillamment; car on ne luy seau roi t reprocher qu'il nefust très-brave et vaillant, et avecques cela fort accomply et universel en tout, tant pour la cour, pour la guerre, pour affaires d'Eslat, pour finances, pour discours, pour gentillesses, pour les dames et l'amour, pour plaisir que pour tout; si bien que ceux qui en voudroient escrire, en ont ample matière et bien blanche carte : qu'ils la noircissent bien s'ils veulent.

Quant à moy, pour ce coup, je n'en passeray pas plus outre , pour ne luy avoir obligation à n'en dire bien ny mal , si est-ce que sa vertu me contraint de dire cecy en passant.

Par qnoy je fais fin à nostre discours de nos couronnels de France. Et les voylà tous jusque* icy, qui ont esté despuis leur première institution.

S'ensuit de parler des couronnels de Piedmont qui ont esté ; lesquels je dechiffreray le plus briefvement que je pourray , afin de ne traisner tant ceste besoigoe, qui possible pourrait ennuyer à plusieurs.

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