M. DE C
Zamorre gaigna et corrompît force honneste» gens et grands seigneurs, comme Hernand d'Avalos , dom Pedro Giron , dom Charles d'Avila, dont Pedro Pymrntcl, dom Pedro Lasso et dom Jouait de Padilla et sa femme dona Maria de ('.imita (ainsy la nomme Antonio deGuevara; d'autres la nomment dona Maria Pacheco), dout je parle ailleurs, avec force autres grandes dames qu'y estoient des plus eschauffées, ainsy comme aussy nous en avons veu eu nos guerres civiles de la ligue, lesquelles on n'eust sceu dire pourquoy, sinon qu'elles avoient esté embabou vnées de quelques prescheurs séducteurs, de leurs presches et persuasions.
Ce ne fut pas tout; car ils avoient esleu aucuns de leurs capitaines, et quelles gens! comme Auroria le sarrurier, Pedro l'espcronnier, Bohadilla le retondeur, Pegnueles le cardeur, Mendez le libraire, et Larrez le cordonnier porl'enseigne, tous principaux chefs des mutins de Valledolit, Burgos, Léon, Zamorre, Salamanque, Avile et Medine, séditieux meurtriers, tels comme nous avons veu aussy en nos séditions, et mesmes à Paris, un messer René le parfumeur, un Chanet le brodeur, et un tireur d'or , et un Leclerc et autres, auxquels rien ne plaisoit que le sang; et de leurs mains en tuèrent et firent tuer une infinité de pauvres innocents.
Et voylà les profficts que reportent les séditions civiles, desquelles à la fin les plus séditieux se faschent; ainsy qu'il arriva en ceste sédition de Castille d'un curé du village de Médiane, lequel affectionna si fort dom Jouan de Padilla des principaux chefs amutinés, que tous les dimanches il ne failloit à son prosne le recommander d'un Pater nos ter et Ave Maria, et pour la saincte sédition dont il estoit grand fauteur; et continua ses prières l'espace d'un mois, au bout duquel la fortune veut que les troupes dudict Padilla vindrent à passer par le village dudict M. le curé , qui luy mangèrent ses poulies et son lard, et beurent son vin, et, qui plus est , luy emmenèrent sa chamberiere. Le dimanche après il en fil sa plaincte au prosne,
t tique de Perigueux , mon parent , de mesmes nom et armes que moy, qui estoit un rray asne mylré et caparaçonné qujud il aroit chappe, qui cust pluslost enduré la gesne que dire un seul mot de latin , esté cehiy de wn bréviaire, ma»s séditieux , nialiieieux, sanguinaire à toute outrance.
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< et leur raconte tout le dommage que ces troupes luy avoient faict, et sur tout de sa chamberiere Catherine, la nommant tout à trac, admonestant le peuple de ne suivre plus le part y de Padille, mais celuy du roy. donnant au diable tous ces partisans et séditieux, les conjurant tous de crier Vive le roy et meure Padille ! ce qui fut faict; et renvoya tous les autres à tons les diables.
Force pareils traicts avons nous veu se faire aussy en nos guerres de la ligue , selon les despits et mescontcntemenls des personnes qui avoient esté pillées, qui renioient et saincte ligue et belle union comme le diable.
Or, pour finir la sédition d'Espaigne, elle fut enfin appaisée , tant par la sagesse dudict M. de Chievres ( puisqu'il avoit faict la faullc , il falloit bien qu'il la rhabillast) que par autres grands seigneurs d'Espaigne, que vous trouverez dans les histoires d'Espaigne , et sur tout par l'armée qu'y mena M. d'Esparre , laquelle fit fort bien pour le commancement , mais tout alla mal après, lorsque les séditieux Castillans cogneurent que tout alloit mal pour leur desunion , et tout bien s'ils se remettoient en leur ■ premier devoir et obéissance.
Ce ne fut pourtant que ledict M. de Chievres n'en receut une bonne reprehension ; lequel mourut emprès sur une fort belle entreprise qu'il avoit faietc, luy qui avoit esté gouverneur de l'empereur, avec M. de Boisy, qui avoit esté gouverneur du roy François , pour accorder lei deux maistres , voire disciples, et en faire une bonne paix.Et quasy ces deux gouverneurs moururent en un ntesme temps , et ne firent rien , comme il se void par les histoires. Et pareillement la belle nourriture que donna ledict M. de Chievres à l'empereur, en laquelle certes il s'y porta très bien et très sagement ; et l'instruisit si bien, qu'il en fit un bon chef-d'œuvre , ainsy que de son costé fit aussy très bien M. de Boisy à Tendroict du roy François; si bien que de ces temps on les pouvoit nommer vrayment deux très braves pères de la chrestienté, en toute sorte de valeur et de vertus ».
» Le manuscrit 8771 ajoute : «On tint pourtant mon seigneur de Chievres plus comme guerrier que monseigneur de Boisy , tesmoing quand le roy François pria monseigneur de la Palice de luy lasrher l e.siat de grand maistre pour le donner à monseigneur de Boisy, el qui!
XXUI.