‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 109 sur 267 · LOUIS XI, ROY DE FRANCE · texte numérisé non relu

LOUIS XI, ROY DE FRANCE

M. de Bressulre, de ce que je yous escris, je vous prie^iu'il soit si secfettement qu'il n'en soit nulles nouvelles.

Ainsx signé, Lovys.

Si plus bas , Scerbisey.

Bonne finesse !

Monsieur de Bressuire, i^ous sçdvez comme j'âjr à cœur la matière pour laquelle vous ay lenvoyé Jevers mon bel oncle du Mayne ; et pour ce je vous prie que vous y besoignez le mieux que vous pourrez, et tellement que advant votre parlement la chose soit conclue. Et , en quelque estât que la chose soit, escrivez, advant iceluy vostre parlement, à mon frère le connestable, que la chose est faicte, et yenvoyez homme propre ; et vous prie bien qu'il n'y ait faute.

Donné au Pont de Se , le 26* jour de juillet.

Ainsy signé , Lours.

El plus bas, de Ghensard.

Autre finesse pour tromper ce connestable.

MoifsiBDR de Bressuire, j'ay esté adverty de Normandie et d'ailleurs, que l'armée des Anglois est rompue pour ceste année; et pour ce que je vois que vous n'avez que faire au cartier où vous estes pour ceste heure, je m'en retourne prendre et tuer des sangliers , afin que je n^en perde point la saison, en attendant l'autre pour prendre et tuer des Ânglois. f aictes moy sçavoir tousjours de vos nouvelles et ce qui vous surviendra : toutesfoîs, ne vous bougez de là (entre vous) , et, si vous avezbesofng, mandez le moy, et je m'en yray à vous ; mais que vous me le fassiez sçavoir. Adieu.

Escrit d'Argenton, ce 4 novembre.

Ainsjr signé, Lomri.

Et plus bas , de Doyat '.

* Peut-être Jetm de />o/ac^ qui, i rentrée du règne de Charles Vlll, fiit flétri pour ses malversations sous Louis XI.

C'est parlé en brave et vaillant roy, et qui ne vouloit perdre la sfttSon de tuer des sangliers, non plus que des Anglois en la leur, et vouloir aller secourir ses gens au besoing s'il en arrivoit.

Monsieur de Bressuire, je suis esté adverty que les forces qu'a mon beau frère de Guyenne • s'apprestent pour entrer en nos pays , que Dieu ne veuille 1 Mais, quand ainsy seroit, je vous prie que en toute diligence faictes la résistance possible, en attendant de vos nouvelles pour y donner la provision , si je ne vays à vous. ' Donhé à Vandosme, ce 1 1* jour d'octobre

uSigné, LocYS.

Et plus bas , Desmoulins.

Il ne s'estonnoit pas et parloit bravement , ccroy-là!

MoNsicvR de Bressuire , j'ay reeeu les lettres de M. de Cftldbre, etveu la créance qu'il m'a en-^ voyée pa^ escrit ; je ne m'y firay que bien à poinct. J'escrts Attdîct de Calabre , et â mon cousin le Bastard *. Je vous prie, monsieur de Bressuire, mon amy, que vous preniez bien garde â tout, et que nul inconvenieut n'advienne pendant mon voyage, ainsy qu'en vous en ay ma fiance.

Escrit à Chantelte, le 4 de mars.

Ainsx signé, Louys.

Et plusbas^^tiiùt.

* AajODrdlNil les ttiots de beau ou de belle, mis devant celui qui design la parenté , marquent que cette parenté n'otl que d'alliance. En ce temps-là c'étoient des termes affectueui , qui s'accordoient aTec la qualité de frère et de sœur germains. Louis XI étolt frère germain de ce duc de Guyenne, qu'il traitoit de beau* frire.

* Le fyncui comte de Danois.

TIII.

MoifSiBDR de Bressuire, j'ay veu ce que m'avez escrit , et M. le maistre , touchant les dames de Ponthievre. Je luy fais responce qu'il laisse le tout ainsy qu'il l'a trouvé, car M. de Ponthievre est par deçà , et ay faict prendre le serment de luy.

Escrit à Amhoise , ce 24 deseptembre.

Signé j LouYS.

Bi plus bas ^ Parent.

Il en escrit de mesmes à ce maistre d'hostel, et la subscription de la lettre est : «A nostre camé et féal conseiller et maistre d'bostel Jean «Guerin.» Quelle seigneurie! pensez que c'estoit quelque bon garnement de bas lieu. De tels il s'en servoit souvent plutost que d'autres , mais qu'ils le servissent fidèlement.

MoiisiBiiR de Bressuire, mon amy, je crois que vous sçavez assez que puis naguieres le pape, à ma requeste, a pourveu M. d'fivreux^ de l'abbaye de Bourgueil. Et, parce que j'ay entendu que vous estes curateur du feu evesque de Malezay *, qui tenoit ladicte abbaye, et que à cause d celle il a eu plusieurs biens qui deQement appartiennent à mondict sieur d'fivreux, qui est son successeur, je vous prie tenir la main que le tout soit rendu : car il est bon diable d'evesque pour à ceste heure; je ne sçay qu'il sera pour Tadvenir : il est continuellement o cupé k mon service. Je vous en prie encor, monsieur de Bressuire, mon amy, qu'il n'y ayt faute.

Escrit à Gompiegne , le 8^ jour d'aoust

Signée Loura.

Bt plus bas, U»t\iii.

Je pense, veu cela , que messieurs les chanoines de son temps ne ^isolent grandes eslections de leurs evesques , et qu'il cousoit , tailloit et foisoit tout. Notiez aussy comme il appelle cest evesque bon diable. Je pense que ce fut ce cardinal Balne Faict après : il luy rendit bien la pareille despuis.

* Jean Salue, depuii cardinal.

* Maillezais, autrefois évtebé , tranféré à La Rochelle «1616.

MoNsiEUB de Bressuire, j'ay esté adverty que M. de Sainct-Lou est allé devers vous pour se conseiller à vous de ce qu'il avoit à faire; et m'esbahis bien que ne l'avez pris , veu la grande trahison et mauvaistié qu'il a faict à rencontre de moy. Et pour ce, si vous voulez que jamais j'aye fiance en vous , et s'il est en lieu où vous le puissiez recouvrer, faictes le prendre incontinant; car ce m'est fort chose à croire que ne m'ayez adverty de son allée. Je vous prie que m'en faictes sçavoir ce qui en est.

Escrit auPlessisduParc, ce 16* jour de janvier.

Signéj LooYS.

Bt plus b€U , de Chaumont.

Je pense bien que ledict M. de Bressuire fut en grand accessoire , après ceste lettre receue , pour attrapper ledict M. de Sainct-Lou; car, s'il y manqua, ne faut point doubler qu'il n'entrast en mesfiance de luy , comme il Ten menaça. Il falloit bien dire que ce M. de Sainci-Lou fusl grand, puisqu'il l'appelle monsieur : j'en ay cogneu de ses descendans qui sont au jourd'huy , entre autres un que j'ay veu lieutenant de l'une des couronnelles de M. de Strozze, qui fut tué à la Roche la Belle , brave et vaillant gentilhomme.

MoRaBiJR de Bressuire, jai esté adverty que puis naguieres les Anglois ont arresié le navire de M. des Bordes; et pour ce , se faut donner garde d'eux, et en advertir parlout où verrez estre affaire, tant par la mer que par la terre, mesmement & La Rochelle, à Sainct Jean d'Angely , A Saiuctes, et ailleurs où besoing sera , sans entreprendre sur eux de leur faire guerre. Et aussy que l'on se donne garde que les marchands d'Angleterre ne manient quelque practique sous ombre de leur marchandise ; et s'ils prenoent rien , qu'on prenne autant sur eux, mais qu'on ne commance pas. Et adieu.

Escrit au Plessis du Parc, ce 22'jour de janvier.

Signé, Ia^vys.

Bt plus bas j Xm'wL

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