‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 118 sur 267 · LOUYS, COMTE · texte numérisé non relu

LOUYS, COMTE

pretendoit et estoit son fort proche, et luy, s'en cuiderent battre; tant il luy portoit d'à- | moDr, plus qu'à ceste belle Marie, qu'il espousa ; quasy comnie par coutraincte, se sacrifiant pour son royaume, pour achepter la paix et ralliancedu roy d'Angleterre, et qu'il peust mourir paisible roy de France sans la laisser en trouble , comme certes il fit par le sacrifice de sa mort.

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de ses grands capitaines. II eut ce grand Jean- Jacques Trivulce, du quel j'ay parlé ailleurs K

M. DAUBIGMY.

Ce grand roy eut soubs luy de très grands capitaines, qu'il dressa et Façonna la pluspart par ses belles et continuelles guerres de là les monts, entr'autres M. d'Aubigny , escossois et grand seigneur, qui fit grand honneur à sa nation : de sorte qu'aucuns de nos annalistes firançois l'ont appelle grand chevallier sans reproche, comme il le monstra en plusieurs beaux Faicts de sa main et de sa conduicte , mesmes en la conqueste qu'il fit du royaume de Naples, avecques une fort heureuse et vaillante fortune, ayant à Faire à Gonzalve, ce grand capitan. Il fit aussy très bien aux exploicts de guerre en Lombardie : les histoires en parlent assez, sans que j'en parle plus advant. Il mourut du règne du roy François, fort vieux et cassé, plus de combats et victoires que de trop grande vieillesse. Il laissa un fils, très notable chevallier et capitaine, mais non tant employé aux grandes charges comme son pcre ; qui laissa son fils le duc de Lenos*, brave et très honneste seigneur, qui, pour sa valeur et vertu, est aujourd'huy visce-roy en Escosse; lequel il Faut louer, à toute violence , d'un traict noble qu'il fit dernièrement : car, sçachant que M. d'Antragues , )on beau Frère, ayant espousé sa sœur ( j'estois à ses nopces, il y a plus de quarante ans), estoit en peine extresme, prit la poste du fin Fonds de TEscosse, vint en France supplier et requérir le roy pour luy; ce qui luy servit beaucoup. Cest un beau traict certes, digne d'estre loué d'un chascun.

Quittons ce discours : reprenons nostre premier, de nostre grand roy Louys et de plusieurs

* De Lenox.

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