M. DE VANDENESSE
Ce M. de La Pallice avoit un frère qui le secondoit fort , et mesmes en vaillance. H estoit fort pelit de corsage , mais très grand de cou-
■ Albrechi van Steia.
* De piuMeurs guerres et victoires.
rage : de sorte que, dans des vieux romans, on l'appelloit le petit lyon remply d'un grand cœur ; encor que les médecins et anatomistes disent que le petit cœur est meilleur en un homme que le grand : aussy le lyon Ta très petit, et non si grand que les autres animaux; mais c'est une frase de parler que nous avons de dire : Il est de grand cœur, c'est-à-dire de grande générosité et courage ; car M. de Vandenesse n'en avoit nulle foute; en tons ses combats il l'a monstre : et ne tint pas à luy qu'il ne se battist contre le marquis dePescayre en desFy, à cause de la capitulation de Gomo. J'en parle ailleurs.
Il Ait tué à la retraicte de Rebec ; et ainsy que M. deBonnivet luy eust recommandé l'artillerie : a Ouy, monsieur, je la vous garderay, c je vous en asseure, tant que je vivray, respon- «dit-il , ou j'y mourray ; » comme il fit, car il fut blessé d'une grande harquebusade , et puis mourut. Les Espagnols le disent ainsy; les François aussy s'y accordent , et comment ce jour il fit de grands faits d'armes et de belles charges, que l'Espaignol difpeWe aremetidas ^, tousjours en se retirant bravement ; mais il fut atrappé , dont ce fut grand dommage.