‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 128 sur 267 · M. DU LUDE · texte numérisé non relu

M. DU LUDE

M. Ofc FONTERRAiLLES.

Monsieur de Fonterrailles estoit l'un de ses compaignons, qui a eu en son lemps resputation d'un bon capitaine , et surtout bien commandant aux chevaux légers et les bien menant. Aussy le roy Louys son maistre Taymoit fort, et luy donna Testât de couronnel gênerai des Âlbanois qu'il avoit à son service; car de ce temps il ne se parloit point de cavalierie légère Françoise, si non de la gendarmerie, qui pour lors surpassoit toutes les autres du monde, je ne veux pas dire seulement de la chrestienté; mais on s'aydoit desdicts Âlbanois qui nous ont porté la forme de la cavalierie légère et la méthode de Esiire la guerre comme eux.

Les Vénitiens appelloient les leurs estradiots , qui nous donnèrent de la Fatigue à Fornovo; ils les appelloient aussy co/vo/Sf, à cause de la nation i. Les Espaignols appelloient les leurs genetaires >.

Outre cesle charge qu'avoit M. de Fonterrailles , il avoit une compaignie de cinquante hommes d'armes; et de l'une et de l'autre charge s'acquitta très bien aux guerres du royaume de Napleset Lombardie. M. de Bayard et lui menoient les coureurs bien souvent ensemble. Il fit bien aussy à ceste deFFaicte de la Bastide. BreF, ce bon capitaine gascon a esté fort estimé son temps. Nous autres, qui avons veu de ses enFans, ou petits-enFans que je ne mente (M. de Montluc en parle en son livre), pouvons juger quel a esté le père, car ils ont esté très braves et vaillans.

L'aisné est M. de Fonterrailles qui vist encor aujourd'huy, et est gouverneur de Lectoure. Il eut à la battaille de Goignac une jambe blessée et couppée, qu'il a à dire ; mais pourtant il n'a laissé pour cela à très bien Faire en tous les bons lieux où il s'est trouvé.

* Corruption de Croates, qui s'est perpétuée jusqu'à DoeJoursL

* Ou mot gênete, genêt, petit dieral de monU(pie.

M. DE MONTMAUR

Monsieur de Montmaur estoit son second Frère, qui certes estoit un homme de belle façon, et qui monstroit bien ce qu'il estoit, et bon capitaine, et mesmes pour rinfànterie, qui avoit esté sa première profession ; et avoit esté Tun des capitaines de M. de Grandmont, du temps du roy Henry, lorsqu'il commandoit à quatre compaignies. Ce brave capitaines fut tué au massacre de la Saint-Barthellemy ; mort certes très indigne de luy.

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