M. DE NEMOURS (GASTON DE FOIX J
Le roy ayant retiré de Milan M. de Longueville, mit en son lieu M de Nemours, Gaston de Foix , qui fut surnommé le Foudre dltalie , pour les beaux exploicts et belles guerres qu'il y fit tout à un coup , ny plus ny moins qu'un fondre qui descend du ciel et en un tour d'œil ftit grand ravage par où il passe et atteincr.
Qui veut bien et briefvement sçavoir les beaux feicts et appertises d'armes que fit ce grand duc de Nemours, ne ftut qu'emprunter les parolles
. courtes qu'ont dict de ce temps là les Espaignols, I lesquelles je diray en espaignol , et puis les tra- I duiray. Elles sont telles :
I jéquel don Gaston de Foix, varon de cul- ' mirable virtud, y capitan gênerai, aviendo refrenado una vez los Suiceros junlo à la ciudad de Como, y des pues otra à Milan, à losquales avla llamâdo en su favor ei papa Julio, con increible presteza llegb à Boloha con los esquadrones de los Franceses, à punto alçado elcerco,y forçados los Espanoles à dar su lugar, retlrando se de mledo. Bolvià todas sus fuerças y furia contra los Feneclanos ; ydeayà poco vavo, resciendo lafortuna desordenadamenie las empresas des te moço encendido de colera, fue desbaratado decamlno elsocorro de los Feneclanos en la campaàa de Ferona , fue presa Brescia porta fortaleza , y murieron à espada los que estavan en guardla;y hazlendo muy graine dano à los cludadanos, fue saqueada y robada con estrafia crueldad de los Franceses y Tudescos. De ay boWieron las vanderas de los Franceses de la otra parte del Po ,y caminando derecfu} por la Romania , y aqui fortuna lo dexo , laquai, levlana y sln fe, haviendo lo trayiio hasta ay con peisos dudosos y peligros de resbalar^ parecia que lo traya à lugar de lapelea hadada; de maneraquefue travada aquella batalla la mas nombrada de todas las que han acontescldo en Italia muchos anos ha, adonde murià.
Ccst-à-dire :
«Ce Gaston de Foix, personnage certes de grande et admirable vertu, et général des François , ayant une fois refréné et rembarré les Suisses auprès de Gomo, et despuis encore une autre fois près Milan, que le pape Julles avoit envoyé quérir à son secours avec une prestesse incroyable, arrive à Boulloigne avec les forces françoises, très bien à poioct, eu levé le siège et en force les Espaignols à lui faire place et se retirer avecques peur. Après il tourne toutes ses forces contre les Vénitiens, et de là à un peu , la fortune favorisant desordonnément les entreprises de ce jeune garçon brusiant de colère , il rompt en chemin et met en pièces le secours desdicu Vénitiens en la campagne de Veronne, reprend Bresse par le