‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 175 sur 267 · M, DE THORÉ · texte numérisé non relu

M, DE THORÉ

plusieurs, auxquels, quand un tel malheur leur arrivoit d*avoir foîct quelque poltronnerie avecques leur gloire, n'ont pas esté bons à jelter aux chiens; mais ceux qui ont accompaigné tousjours leur superbité par leur vaillance ont esté tousjours plus craints et estimés et supportables les uns plus que les autres.

M. DE MERU

Pour le quatriesme fils de M. le connestablt j esté M. de Meru , qu'on a tenu aussy glorieux à la cour bien fort; mais on disoit qu'il tenoit cela de la race , car tous les cinq frères Pont esté, parce qu'ils avoient un brave père qui Testoit fort, et eux estoient si grands, et nourris et entretenus par le père en une si grande grandeur, qu'outre le cœur grand qu'ils avoient de naissance, ceste grandeur les entretenoit d'autant plus en ceste haute gloire. Voplà ce qu'on en disoit à la cour.

Sans que je m'amuse autrement à louer M. de Meru , je ne diray que cela de luy : qu'on le tient aujourd'huy pour le plus digne homme du conseil du roy, ny qui ait meilleure cervelle ny meilleur advis. Aussy nostre roy, qui s'entend en telles gens, l'advoue tel, et, pour ce , Ta bonnoré de Testât d'admiral par dessus plusieurs concnrrans.

Pour sa valeur, je m'en rapporte à messieurs lesSuysses, leur couronnel, qu'ils ont tousjours tant estimé, qu'ils ont gardé longuement et aymé fort en ceste charge. C'est un beau tesmoignage pour luy quand un vaillant estime le vaillant , et quand il veut estre conduict par le vaillant; car un vaillant chef fait tousjours combattre les autres.

Voylà donc l'asseurance que ces messieurs les Suysses ont eu de leur couronnel, à qui bien servit sa sagesse, conduicte et valeur lorsqu'on en voulut tant à la maison de Montmorency, voire à tous les cinq frères.

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