‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 18 sur 267 · L'EMPEREUR RODOLPHE · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR RODOLPHE

L'empereur Rodolphe, qui imperie aujour* d'buy, bien qu'il n'ayt esté souvent en campaigne comme ses prédécesseurs, si a-il monstre avoir du courage et de l'esprit, et ne s*est point estonné; car il a esté fort traversé quasy tous les ans. Il luy a fellu supporter de grandes forces que le grand Turc luy a jette sur les bras , ores vainqueur, ores vaincu et battu, et sur tout ne s'est point estonné des grandes menaces et preparalift qu'il a fiaictssor Vienne, de laquelle il ne fot jamais si voisin qu'il est ast'heure, dont Dieu le garde de la prise.

Enfin , cet empereur a bien pourvea h tout son faict , que Dieu l'a préservé de grands coups , ayant esté assisté de bons et grands capitaines. Je n'en parle plus , car il s'en est faict plusieurs livres, et s'en faict tous les jours, des belles g^ierresquis'y sont faictes et s'y font encor, pour lesquelles s'en sont ftictes et se font souvent, par le commandement de la Saincteté, jubilés, de belles dévotions, prières et processions. Et il a esté fort bien servy et assisté de bons et braves capitaines allemans, italiena, hongres, botaiea, albanois et autres, et sur tout dfs ces deux braves capitaines , l'un , ce brave Charles, comte de Mansfold, qui, très bien façonné aux guerres de Flandres , de France , et autres, monstra bien ce qu'il avoit apris et sçavoit iaire : j'en parle ailleurs; l'autre, M. le duc

de Mercure, brave, vaillant et hasardeux prince certes, dont j'en parie aussy ailleurs en son discours â pan.

Je les laisse donc là ast'heure pour venir à ce grand duc d'Âlbe, que l'empereur cy devant a mis et colloque avec les trois grands capitaines.

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