‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 185 sur 267 · M. LA ROCHE DU MAYNE · texte numérisé non relu

M. LA ROCHE DU MAYNE

pitainedu chasteaude Chinon, simplement.

Si que plusieurs antres lettres se trouvent de ^ force grands qui mettoient : À monsieur dArcKac, conseiller chambreUznt du roy, et capitaine du chasteau de Chinon,

Le roy Charles mcsme ne luy mettoit que : J monsieur d'JrcIuac, capitaine de mon chasteau de Chinon, comme j'ay veu force lettres qu'il luy escrivoit.

Nottez un peu ces lettres, et mesmes ces premières, où vous verrez que lors les logis des roys n'estoient si bien accommodés comme aujourd'huy, et que les dames n'y estoient si bien logées ny assorties de leurs licts et commodités comme sont aujourd'huy.

Faut aussy noter que le temps passé aucuns gouverneurs des provinces donnoient les capitaineries des places , ainsy que j'en ay veu une lettre au trésor de noslre maison , que feu M. de Lautreq, gouverneur de la Guyenne , esci ivoit àM.d'Archiac, petit fils de celuyque je viens de nommer, et père de madame de BouiHeille ma belle-sœur, qui porte ainsy, sans rien changer :

Mon cousnif

Afia que cogooissiez qu'il m'est souvenu de vous. Cl pour vous tenir promesse, je vous envoyé mes lettres patentes de la capitainerie de Blaye,queje vous donne. J'escris présentement à M. de La Roche, qui est audict Bhye, qu'il vousbatiieet délivre ladicte place, et vousobeysse entièrement : et pour ce qu'il est très>homme de bien, et qu'il entend les affaires dudict Blaye mieux qu'autre; je veux et vous prie qu'il soit vostre lieutenant et luy laissiez les archers à morte paye qu'il a : et vous me ferez grand plaisir; car je luy ay escrit qu'il sera traicté tout ainsy que du vivant du feu sieur d'Estissac , duquel je voulus qu'il fust lieutenant, comme je fais maintenant de vous. J'ay advisé que le trésorier qui paye Testât de Blaye , ne commencera à vous payer que du jour que vous ferez le serment ; parquoy, et pour ne vous donner la peine de venir devers moy, je mande au capitaine Saincte- Coulombe, que j'ay faict mon lieutenant au gouvernement de Guyenne, lequel est \ Bourdeaux, i:u'il prenne de vous, à mon nom, le serment en I jl cas accoustumé , et iceluy pris vous mettre

en possession de ladicte capitainerie, comme plus au long est contenu en mesdictes lettres patentes : et pour ce queledict capitaine Saincte^Coulombe s'en voudra aller chez luy voir sa femme, vous en viendrez le plustost que pourrez audict Blaye, pour prendre la possession , et donner ordre & la place, et advertirez ledictSaincte-Goulombedu jour que vous y viendrez, afin qu'il s'y trouve pour prendre vostre serment : priant Dieu , mon cousin, qu'il vous doint ce que desirez. A Sainct-Germain en Laye,ce 19 de septembre.

Vostre bon cousin^

Odbt bb Foix.

Voyià doncquesbelle confirmation pour montrer les capitaineries eslre jadis données par les gouverneurs de Guyenne, mesmes que de mon temps r du commancement du règne du roy Henry III, je vis nostre grand roy Henry IV d'aujourd'buy donner la capitainerie du chasteau de Bergerac, vacante par le seigneur de Bellegarde, de Perigord, à M. de Saincte-Goulombe , capitaine de sa garde et gouverneur de la citadelle de Metz.

Je ne sçay si autres gouverneurs de provinces en ont faict de mesmes ; mais je suis asseuré de ce que j'ay dict, et que M. de Lansac , despuis la mort de M. desRoye , Teut du roy, et M. d'Ervaux , à qui Linsac la resigna , mais il n y entra jamais; et puis M. de Lussan. Il a fallu que le roy ayl tousjours parlé.

Pour parler encor de ce chasteau de Chinon, après M. de la Roche du Mayne, M. de Ghavigny eut ceste capitainerie, lequel, en so» temps, a esté un très-bon et sage capitaine; Ta montré en nos guerres de Piedmont et en nos guerres civilles, lieutenant de M. de Montpensier en ses gouvernemens et armées ; j'en parle ailleurs. Je ne sçais qui en est à ccste heure gouverneur, c'est le moindre de mes soucys; mais c'est un bel estât et belle marque de chasteau, de qui a dict : a La ville de Ghinon, petite ville, chasteau de grand renom ;» quand ce ne seroit que nostre bon maistre Rabelais a esté natif de là.

BliJITOHB. I.

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