‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 220 sur 267 · M. LE MARESCHAL DE VIEILLEVILLË · texte numérisé non relu

M. LE MARESCHAL DE VIEILLEVILLË

André vivant fut radvaDceiiieiit dudkt M* de VieiUevilief car il le fit lieutenaat de ses gens* d'armes , le poussa en honneurs , le fit faire chevallier de Tordre et gouverneur de Metz ; et luy mort 9 le voyià parachevé en grandeur et faict mareschal de France.

On trouva estrange qu'il le fusl, et le fut plustost que pensé ; non qu'il le meritast très-bien , mais d'autant qu'on le tenoit leurs pour fort suspect , à cause de la religion nouvelle , et qu'il luy avoit donné trop grand pied et accroissance à Metz, dont il s'en fust bien passé : et s'il eust voulu il Teust bien mise à plus petit pied et bassesse; mais il la favorisoit, josques-là aussy qu'il marya sa seconde fille avecqoes le sieur de Lys de Lorraine , qui estoit fort de la religion; ce que de ce temps fut trouvé fort estrange, car lors ces maryages n'estoient communs en France ; et pour ce ledict mareschal se rendit suspect quand M. le prince se sauva de sa ville de Noyers vers La Rochelle, et à la deslMinda de, avecquesM. Tadmiral et quelques autres de la religion , trèsfoibles et escartés les uns après les autres, a'enlreauivans comme pauvres perdus et esgarés , et comme dit l'Espaignol, como Moros descaçeuios sin rey ^ ; et eux se disoient en- ^s d'Israël quand ils sortirent d'Egypte; mondict sieur de Vieillcville estoit pour lors à Poictiers, y envoyé de par le foy; laissa passer ledict prince à son bel ayse, et à sa barbe de dii lieues seulement , bien que les sieurs de Lude et Montsallès, très-vaillans capitaines, luy demandassent congé de l'aller charger, dont ils en eussent eu bon marché ; et jamais n'y fit meilleur, pour les longues et grandes traictes qu'il avoit faict avecques femmes et enEans. Mondict sieur le mareschal les empescha , et dit qu'il n'avoit ceste charge du roy , et qu'il en at- (endoit le commandement par un courrier qu'il avoit envoyé vers Iny, aussy que ledict prince luy avoit envoyé le capitaine La Trappe, Gascon, brave et vaillant gentilhomme, et son enseigne, et luy avoit mandé qu'il ue s'esmeust autrement de sa passade , car il avoit esté contrainct de vuider sa maison, l'y ayant ftiilly à prendre, et s'enfoyr et sauver en lieu seur de retraicte , qui estoit à La Rochelle , d'où il luy manderoit plus au long de ses nouvelles et au roy , ne désirant que d'estre son très4iunibie

* Gomme Maii>^ poursuivis , et sans roi.

serviteur et vivre en paix et seureté, là où il pourroit , en quelque coing de la France. J'estois pour lors à Poictiers , qui passois venant de la cour en poste, et vis ceste ambassade de La Trappe , qui m'en conta davantage , car il estoit fort mon amy.

Ledict mareschal prit en payement ces belles parolles,et empescha MM. du Lude et Mon* salles, avecques une fort belle noblesse de Poiclou, de monter à cheval , auxquels il leur estoit fort de mal qu'ils ne menassent les mains à si bonne et belle occasion qu'ils ne rccouvr croient jamais, ainsy qu'ils recognurent très-bien , car ledict prince ayant gaigné La Rochelle et assemblé ses forces d'Angoumois, Xaintonge et Poictou, et le comte de La Rochefoucaud leur chef, il manda audict M. le mareschal qu'il avoit tant fuy qu'il avoit peu et que terre luy avoit duré ; mais estant à La Rochelle il avoit trouvé la mer, et d'autant qu'il ne sçavoit point nager, qu'il avait esté contrainct de tourner teste et de regaigner la terre , non avecques les pieds comme il avoit faict en se retirant, mais avecques les mains , et se deffendre de ses ennemys.

Ainsy ledia prince aocommança la guerre comme nous vismes, laquelle luy fut la dernière; et ainsy il donna la venue et la baye audict sieur mareschal ; lequel n'en fut pour un long temps trop bien voulu du roy ny de Monsieur, pour avoir perdu là si bonne occasion; et attribuoit-on toute la faute à ce qu'il favorisoit fort soubs main le party huguenot.

Ceux qui le vouloient excuser disoient qu'il estoit plus politicq que religieux , et qu'il ne vouioit rien troubler, mais pacifier tout s'il eust peu. De ce temps là on se mocquoit fort de ces politicques , car, quelque pollioe qu'on eust voulu establir, lorsqu'il plaisoit auz huguenots, et leur heure estoit venue, de prendre les armes, ils se mocquoient de la pollice et s'eslevoient en pieds autant que jamais.

Si fut pourtant fort loué ledict mareschal en sa négociation qu'il fit à Rouan, où estant envoyé par le roy pour y faire entretenir la paix et vivre un chascun en repos, là où ils ne faisoieiit que petites séditions et tumultes, autant par le mouvement du peuple que par les instigations et poussemens de M. de Villebon leur baillif , qui estoit fort catholique séditieux , mais vieux

et ancien bon capitaine, qui avoit esté tel estimé du temps des guerres estrangeres, auiquelles il s'estoit très-bien porté, et nui fort aux ennemys, aussy Tappelloit-on capitaine Bouttefeu, si que Ton dit depuis qu'il avoit si bien appris et accoustumé à eslre bouttefeu de ce temps là , qu'il ne s*en peut desaccoustumer, et pour ce le mettoit en teste des catholiques de faire tousjours quelques insollences ; dont sur ce mondict sieur le mareschal entra un jour en différend avecques luy dans son logis où il Pestoit venu trouver, et si avant, que mondict sieur le inarescbal , perdant patience , mit Tespée aussy en plaine salle: sur quoy mondict sieur mareschal couppa une main audict bon homme M. de Villebon, dont sourdit une grande rumeur du peuple, qui accourut en armes pour se ressentir du tort qu'on avoit faict à M. leurbaillif ; et de faict y cuyda avoir de la sédition ; mais mondict sieur mareschal, ne s^estonnant point , fit teste et bonne contenance avecques ses gardes et parolles asseurées, que le tout s*appaisa, par le moyen aussy de plusieurs gens de la ville point mutins. Non-seulement ce coup, mais avant que partir de Rouan, y establit un si bon ordre et poltice, qu^onue tourna plus à tant de divisions, séditions et esmeutes quil y avoit ordinairement dans ceste ville. Le roy et la reyne en eurent très-grand contentement.

Ce inarescbal avoit acquis de tout temps la réputation d'estre brave et vaillant. Aussy disoiton à la cour :

Cbastaigoeraye, Vieillerille, et BoardilloD, Sont les troU bardyi oompaignons.

Avecques ceste hardiesse et vaillance , il estoi homme de grands affaires, et de gentil esprit, et fort fin : ainsy le tenoit-on à la cour. Il fut envoyé en ambassade vers l'empereur Ferdinand, dont il s'en acquitta très-dignement; car les affaires le requeroient, et c'estoit en partye pour ces villes de TEmpire détenues par le roy, que les Allemandsdemandoient tousjours.il en retourna avecques fort grand contentement du roy, et le sien propre; car il en rapporta un très-beau et grand buflfet d'argent doré que je luy ay veu. Il fut aussy envoyé vers MM. les cantons des Suisses, lesquels bransloient un peu dans le jnanche à quitter le roy, tant par les menées de ce grand roy d*Espaîgne, qui les commançoit à

gaigner par des très-grandes offres, que pour n^estre payés de leurs payes et pensions si longtemps à eux deues. Mais M. le mareschal traicta si bien ceste affaire, qu'il rompit le coup, et renoua mieux que jamais ralliance; ainsy qae despuis sceut encor bien faire ce grand personnage M. de Bellievre , qu'on ne peut assez louer, qui les regajgna et remit, car encor ils recommançoient à bransler ; alliance certes trèsbonne et nécessaire aux roys de France, qu'ils doibvent entretenir à perpétuité, ainsy quej'ouys dire une fais à M. le connestable : que les roys de France avoient deux alliances et affinités desquelles ne s'en debvoient jamais distraire et despartir pour chose du monde : Tune celle des Suisses, et l'autre celle du Grand Turc.

Il est vray que l'une couste plus, disoit-il, que l'autre à entretenir , qu'estoit celle des Suisses, pour le grand argent qu'ils emporteot de leurs payes et de leurs pensions: car, despois les deux battailles de Morat et Granson, que perdit contre eux ce non-pareil Charles, duc de Bourgoigne, Targent qu'ils y gaignerent leur fut si beau et sî agréable, qu'ils en ont tousjours voulu avoir, duquel auparadvant n'en avoient eu grand usage; et despuis, nos roys de France les y ont tousjours affriandés. Toutesfois, quand on considérera bien le tout, de ceiuy qu'ils touchent en leur monstre en France, ils y en laissent bien autant qu'ils en emportent en leurs pays pour le moins. Je dis les soldats, car, estans bien poUicés et réglés qu'ils sont, ils acheptent tout, ils vivent modestement, ne fout aucunes pilleries ny ravages. Us ayment à faire bonne chère, et à boire tousjours de ce bon piot , quand il debvroit couster un escu le pot. Voyià pourquoy ils laissent aysement ce qu'ils prennent, fors les oouronnels et capitaines qui gaignent le plus; mais, comme disoit M. le connestable, il n'y a que les pensions grandes qu'on leur donne qui gastent tout.

Pour quant aux Turcs, nous ne sommes point en ceste peine de despense ny de leur rien donner, mais ce sont eux qui nous donnent ; car l'ambassadeur de France qui est près de la Porte du grand seigneur en Constantinople y est deffrayé, luy et sa maison, de tout ce qu'il loy faut pour son entretien et vivre, et rien ne luy manque , jusqu'à Ta voyne de ses chevaux ; et le tout en si grande abondance et superfluité,

M. LE MARESCHAL

qae deux maisons telles de Tambassadeur s'en contenteroient. Je Tay ainsy ouy dire à M. le connestable et à force ambassadeurs qui en sont retournés, comme La Vigne, Dolus, Petrmeol , Grand-Champ, M. de Dax, son frère Tabbé de I*lsle , et puis Tevesque de Dax après son Frère , et autres.

Pour quant aux armées qui sont venues servir nos roys sous Barberousse, Dragul et autres, sont esiées tousjours deffrayées aux despens de leur grand seigneur et maistre; si que le service qu'ils faisoient à nos roys ne leur coustoit pas on sol , comme Ton a veu à Nice, en Gorsegue, et autres exploicts, le grand seigneur n'abhorant rien tant que quand on se veut prévaloir de luy donner: ainsy que j'ay veu dans un vieux livre de la prise de Rhodes , que le grand maistre estant en toute extrémité qu'il luy fallut parlenenter de reddition , il fît présenter quelque grosse somme de deniers à Agmel bascha , pour les frais grands que le grand seigneur avoit faicl devant , ce que le bascha détesta et renvoya bien loin, disant que semblables parolles et offres d'argent n'estoient pour estre dictes ny présentées au grand seigneur, sur peine de la vie, car il regardoit plus à Thonneur qu'à tous les biens du monde. Ea quoy Ton peut considérer et admirer tout à coup la grandeur et la gloire de ce grand prince. Bien est vray que luy et ses successeurs ont bien aymé des petites choses singulières, et les prenoient quand on leur presentoit,et mesmes quand c'estoit des chefs-d'œuvre et surtout de belles orloges. ils ont aymé tous fort cela.

Les baschas et les grands de sa Porte, qui, comme Turcs, sont avares naturellement, en prennent de toutes mains. Il feudroit demander Hu grand roy d'Espaigne, lequel, comme je tiens du feu roy Henry III pour luy avoir ouy dire , donne tous les ans aux grands de la Porte dudict grand seigneur, plus de huict cens mille escus de pention pour Peut retenement de la tref ve qu'il avoit faicte avecques luy despuis dix ou douze ans. Selon ce compte, elle luy couste bon, Dieu mercy ces révoltes de Flandres. Nos roys de France n*ont jamais faict cela en leur endroict; mais plutost nous en debvroient-ils ; car ils ont trouvé en quelque petit recoing de leur prophète, qu'un roy de France les doibt un jour ruyner, et pour ce nous entretiennent en leur alliance et nous craignent.

BBANTOMI. I.

DE ViEiLLEViLLE.

Or cesle alliance a csrée autresfois reprochée à nos roys , et Test encor, par les impériaux. Espaignols el autres princes chrestiens. M. de La Noue, en ses mémoires, en feit un trèsbeau discours pour nous donner à sçavoir si elle est loisible ou non; et d'autant qu'il en a escrit aucunement bien, je luy quitte les armes, et n'entreprens d'en parler sur un si grand capitaine et suffisant personnage , et pour ce je me tays. Bien diray-je que M. le connestable, qui estoit un seigneur d'ame et de conscience, disoil : qu'il avoit esté très-nécessaire à nos roys de s'ayder des forces du Turc, sans lesquelles leurs affaires fussent allées très-mal, et l'empereur les eust fort descousues, et que contre les loups il se faut ayder des chiens; voire que l'empereur luy-mesme, qui en cryoit le plus, s'estoit bien aydé en ses guerres d'aucuns gens de guerre lansquenets, protestans et hérétiques, comme j'ay dict ailleurs. Et disoit M. le connestable qu'il n'y avoit pas grand différence du Turc à l'heretique.

Cest une proposition que j'ay veu tenir à aucuns théologiens , mesmes à M. de Saincte- Foy, despuis evesque de Nevers, lequel un jour en plaine salle basse du Louvre prescha , amprès la paix de Chartres, devant le roy, la reyne et toute la cour, ceste proposition , en la finissant par ces mots : qu'il aymeroit cent fois plustost estre Turc qu'hérétique ou huguenot. Je ne sçay si on luy avoit faict dire , et qu'il fust esté embouché d'ailleurs , ou qu'il l'eust ainsy trouvé par ses raisons sainctes et theologiques , mais j'en vis la plus grand part de l'assemblée fort escandalisée de ce mot. El M. de Strozze, M. de Gombaut , despuis maistre d'hoslel du roy et moy, estions ensemble, qui autrement , pour estre jeunes , nous nous soucyons autant du Turc comme de l'huguenot, en demeurasmes estonnés , et de plus sçavans que nous. Dont en cela je m'en remets à nos grands docteurs de Sorbonne, et à leur vérité.

Tant y a que l'empereur voyoit bien les petites pailles dans les yeux d'autruy, et dans les siens propres n'appercevoit pas une traisne qui luy debvoit crever les yeux. Et luy-mesme ne faisoil-il pastrefveavecquesie grand seigneur, lesquelles quand il rompit à la fois de la conquestc et prise de la ville d'Affriqua et du monastère, que le grand seigneur s'en estomacqua si fort,

498 HOiMMES ILIXSTUKS ET GRANDS CAPITAINES FRANÇOIS.

qa'il en recoromança la guerre et (rès^ruelle, Tempereur luy envoya fuire ses excuses si humbles , qu'elles ne ressenloienl nullement ce grand empereur, disant : que cesle prise avoit esté faicte sur Dragut , un corsaire , un pilleur, un voileur, et que si les plarces Fussent estées à luy, qu*il fust esté très-mary d'avoir songé seu* lement d'y attenter, et qu'il les luy fiiiroit rendre; toutesfoisy puisqu'il s'en formalisoit tant, il luy envoyeroit les clefs, jusqu'à Zante ou Lepante; ce qu*il ne fit. Mais se fit tort pourtant de s'estre là tant humilié, car quelquesfois les parolles portent autant de préjudice que les effects. Si nos roys eussent eu et tenu tels respects de parolles au grand seigneur, comme l'empereur en eust Paict son proffit, et s'en fust mocqué !

Icy voulontiers j'escrirois les grands subjects qu'eut Tempereur de se plaindre du roy François sur les grandes et belles occasions qu'il luy a Paict perdre pour rudement mener le Turc, voyre le ruyuer, mesnies au voyafçe de La Gouielte et Tbunis, cependant qu'il entama la guerre de Savoye et de Piedmont ; ce qui ne se debvoit pas, et ce qu'il sceut très-bîen dire et représenter au pape et à tout son consistoire : mais aussy de Tuutre costé le roy a bien eu d'aussy grands subjects et plus , que quand Rhodes fut assiégé il ne dcsiroit rien tant que luy donner secours ; comme de vray, en ses ports de Marseille et autres de Provance , il manda et a)mmanda à tous de n'espargner rien pour secourir les gens de bien qui estoient leans, enclos et reduicts en telles eitremilés. Ce fut lors qu'on luy faîsolt plus la guerre en sou estât de Milan et qu'on le luy fit perdre, le pape y estant de moictié pour la consente et pour l'assistance.

Plusieurs autres occasions se sont présentées pour s'armer contre le Turc , que ce grand roy François a tousjours dict que l'empereur ne sçauroit sitost avoir le pied à l'estrieu pour y aller à rencontre qu'il ne fust dans la selle, et ledict roy ne demandoit pas mieux : mais sur ces belles attentes l'empereur luy traversoit tousjours son bon et sainct ie\\e\ me faisant soubvenir d'un discours que me fit un jour un très-grand personnage d'aucuns huguenots d'aujourd'huy, non pas tous certes, auquel j'ay ouy dire souvent: qu'ils ne desirrrr * n

tant que la guerre contre TEspaignol, et qu'ils y courroient comme au feu ; comme de vriy ils n'ont jamais cessé qu'ils n'y ayant mis le roy bien avant, et persuade de la luy déclarer à feu et à sang ; dont le roy s'en fust bien passé , et estoit sur les pieds de la luy faire en renard comme il luy faisoit. Elle n'a pas esté pluslost déclarée , ils ont là planté le roy et se sont mis à Paire plus de synodes à un an qu'il n'en Fut jamais faict en Allemaigne, France, Angleterre, Flandres et Gennesve en vingt ans , pour fiire des demandes au roy très-excessives, s'aydans du temps pour pescher en eau trouble; et peo d'eux sont allés secourir le roy en ce siège d'Amiens , qui importoit toute l'entrée aui eanemys de la France. Que s'ils ne se fussent là amusés et fussent allés tous au secours du roy, comme il y en a eu aucuns, ainsy qu'ils debvoient , et qui sont gens de bonne main et de grands services , l'Espaignol s'en fust très*mal trouvé ; et c'est ainsy que la catholique et l'huguenot se doibvent bien accorder, et puis on en eust veu et verroit-on de beaux efiects.

Ainsy faisoit l'empereur à l'endroict du roy François, que, lorsqu'il le voyoit tout prrst cfmire le Turc, il alloit prendre une querelle d'Allemaigne, comme on dit, et luy rompit tout son beau dessain, et convertissoit toutes ses armes contre le roy. Qu'eust-il doncques feici nostre roy, voyant un si grand empereur et tout l'empire d'Allemaigne , Italie et Espaigne, bandé si aigrement et (brtenient contre luy, foîble et desnué de forces au prix des autres, si-non mandier et appeiler secours d'oA il pouvoit , puisqu'il est permis in omni modo ^ se sauver et le sien?

Voyià pourquoy il eut recours au Turc, l^ quel , ainsy que j'ay ouy dire an baron de Bellegarde, luy entama les premiers propos, piiutost que le roy à luy, en luy mandant que s'il a voit affaire de luy, qu'il luy assisterDit;c8ril craignoit que l'empereur se fist si grand, comme desjà il l'estoit , qu'il ne le rnyoait.

Or, qui voudra bien eonaîderer le peu de dommage et le bien que nas roys ont apporta à la chresticnté pour l'alliance du Turc, il trouvera qu'elle ne luy a point tant nui comiuc flo crj 0 ; car, qu'on advyse bien toutes les anut^ àv mrr qu'ils ont Palet venir jamais |K)ur le roy,

' Pc loiili racon.

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