‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 228 sur 267 · M. DE MERCURE · texte numérisé non relu

M. DE MERCURE

DQ très-bon capitaine aassy , qu'il s'est rendn tel qu'il est aujourd'huy : et c'est ce que j'ay dict cy-debvant : que les leltres et les armes, maryées ensemble, font un beau lict de iiopces. Et , comme j'ay dict encor îcy debvant : que ces grands capitaines s'associent bien souvent de quelques bons oonfidans, M. des Diguieres aussy s'associa de M. de Gouvernet, un très-brave et très-vaillant capitaine, son lieutenant, qui l*a bien assisté et servy en tous ses combats et conqtiestes , car il est on très-bon homme de main , ainsy que je Tay fort cognu. Je parleray d'eux en la vie de nos roys, comme j'ay dict. Cependant à jamais j'honnoreray et aymeray M. des Diguieres, autant pour ses valeurs et mérites que pour la mémoire de M. du Gua , mon grand amy , de qui il avott espoasé la sœur, aujourd'huy madame des Diguieres.

Lorsque le roy tourna de Poulongne , il dit à M. du Gua qu'il luy gaignast son beau-frere , car il estoit fort et puissant, et avoit fort aydé au siège de Livron , et le persuadast de quitter son party et prendre le sien. M. du Gua me dit despuis qu'il fit la response au roy : tSire, je «luy diray bien ou escriray , puisque vous me le «commandez ; mais s'il m'en demande conseil, «je luy diray qu'il advise à son honneur plus «qu'à toutes choses du monde. Et si son boncneur est trahir son parly, qu'il le iasse. Mais il «est homme advisé , homme de bien , d'bonneur «et de valeur. Il sçait bien ce qu'il doibt cog- «noistre. Je suis son beau-flrere, je serois fort «marry qu'il eust aucun reproche.»

Ces parolles de M. du Gua forent aussy généreuses qu'il estoit généreux. Je croy que si M. des Diguieres eust pris le parly du roy, il ne fost esté tant estimé comme il est , et n'eust acquis tant de gloire et moyens. Cest pourquoy quelquesfois on ne se repent point de sortir hors de l'ornière , comme Ton dit , pour prendre autre chemin.

Je parleray encor fort de luy en la vie de nos roys, car un tel grand capitaine que luy ne se contente pas de deux feuilles de papier pour ses falots et louanges ; il en faut un grand volume.

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