‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 230 sur 267 · M. LE MARESCHAL DE BELLEGARDE · texte numérisé non relu

M. LE MARESCHAL DE BELLEGARDE

Parlons un peu du mar«6chal de Bellegarde, qu'on dit que s'il fust esté en la place de M. de Bourdillon, dont j'ay parlé cy-devant, il ne fust pas esté si fiicile à rendre le Piedmont , veu ce qu'il fit des villes de Garmaignolle, Ravel, Santal, Salluces, et de tout le marquisat de Salluccs; car il s'en empara et accommoda très-bien, comme si ce fust esté le vray propre de son oncle; et vous en vais faire le discours.

M. de Bellegarde fut en ses jeunes ans dédié par son père à l'Eglise , et long-temps fut appelle le prevost d'ours, qui est une dignité ecclésiastique, je ne sçay où, si ce n'est en son pays.

Lorsqu'il estudioit en Avignon , il luy advint, comme est la coustume des escoUiers ribleurs et desbauchés , de ribler et battre le pavé , tellement qu'il fit un meurtre d*un autre escollier; et pour ce luy convint de vuider la ville et s'en aller en Gorsegue trouver M. de Termes son oncle, qui estoit alors lieutenant de roy; et laissant sa robbe, il prit les armes, par lesquelles se fit fort paroistre en un rien , car il estoit très-beau et très-vaillant , et de fort belle façon et haute taille, et avoit force sçavoir. Se faschant là, et n'y ayant guieres rien plus que faire, et que son oncle se retira , il tira en Piedmont, où il commanda une compaignie de chevaux-legers.

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